LES TRENTE-SIX RUES DE HANOI
Ronde populaire.
C eist jour de fête au temple du Quan Thu'o'ng, J'entre pour admirer le palais du Génie
Voir la cloche et le gong.
Puis je vais au camp des sapèques, Et je songe au savant architecte, Qui bâtit d'un côté la Concession, Et de l'autre les maisons du lac.
Dans la ville de Hanoï on compte trente-six
[rues, On m'a dit, belle petite amie, . Que votre demeure était rue de la Voile, J'y cours et je ne vous vois pas.
On me dit alors d'aller dans la rue Droite.
Ne vous y trouvant pas je vais rue des Cou- [teaux,
Hélas vous n'êtes pas dans la rue des Cou-
[teaux ! Je traverse en courant la rue des Argentiers , Et vais m'enquérir dans la rue du Poivre, On m'envoie dans la rue de la Ramie, Puis dans la rue des Cordonniers, Et dans la rue du Vermillon, Je ne vous ai pas vue dans la rue du Vermillon, Peut-être êtes-vous dans la rue des Sculpteurs, Ou dans la rue des Incrusteurs.
Je traverse le temple du Quan Thu'o'ng, Je regarde en passant dans la rue du Radeau, Et je vais, par la rue des Changeurs, Dans celles des Bambous et des Allume-feux, Je parcours la rue de la Saumure, Je vois la porte Quan Chuông, Le pont de l'Est près de la rue du Sucre, Voici là-bas la rue du Phuc Kien, Et plus loin la rue des Herses.
Je m'informe dans la rue du Cuivre, Près le templ-e de Thai Cam, On ne vous y connaît pas, je vais rue des
\Billots, Et rue des Attaches de moustiquaires.
Voici la rue des Oies, la rue des Canards, La rue des Poules sultanes, la rue de la Vo-
[laille.
DES ANNAMITES Io3
' '^1 Hélàs, je vous demande à tous les carrefours! Me voici dans la nie des Chapeaux^ Puis dans la rue des Crins de cheval.
Dans la rue du Cuir, dans la rue des Sandales. Je reviens sur mes pas par la rue des Paniers, La rue des Objets votifs et la rue des Rotins. Hier c'était le neuvième jour, Aujourd'hui, c'est le dixième de mes recher-
[ches.
Votre souvenir m'obsède sans cesse.
La nuit, je vous poursuis dans mes rêves.
Et le matin je recommence ma course. Me voici dans la rue des Nasses.
Devant le temple de Tè Xuàn J'aperçois le temple de Càm Chi Au milieu de la rue des Feuilles de papier.
J'arrive près de la citadelle Derrière le temple de la Littérature; Quelqu'un me dit que vous êtes au Pont de
[Papier, J'y cours, plein de joie avec mon ami Thuàn, Nous franchissons les collines, traversons les
[ruisseaux.
Parcourons la préfecture de Câm Khê ; Nous remontons jusqu'au bac de Phung.
Les gens nous regardent avec curiosité.
Où donc courez-vous avec tant d'empresse-
[ment ?
Nous cherchons une jolie fille.
Hélas! voilà que le chemin est coupé par
[fleuve ; Il nous faut tristement revenir à la maiso;