LE PSALTÉRION ET L,\ GUITARE
AVANT-PROPOS XIII
— Un petit tambour (cài trông bôc).
— Quelquefois on y ajoute une sorte de contrebasse dont la caisse est faite de peau de bcBuf.
L'orchestre est rarement au complet; quelquefois, il est composé d'amateurs, mais le plus souvent de musiciens payés; la musique est une profession assez lucrative dans les villes de quelque importance. Dans les villages, les musiciens ne sont pas rémunérés, on se contente de .les faire participer
* 'i' au repas.
On. rencontre dans les rues des chanteurs ambulants, ce sont toujours des aveugles, on les appelle thàngxâm, ou conxâm. Ils se réunissent par trois ou quatre de façon à former un orchestre et chantent tous ensemble, à l'unisson, en s'accompagnant euxmêmes, l'orchestre des aveugles comprend des instruments spéciaux, entre autres le cdi dàn bâOy qui est une guitare à une seule corde tendue par un arc sur une caisse de résonnance de forme rectangulaire et oblongue; le cài sinh, morceau de bois sur lequel on frappe en cadence; un tambour {trông giâng); des castagnettes de forme particulière (cdi cdp Kê) et un petit tympan de
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cuivre que Ton tient avec le pouce du ^ -^ [cài thanJi la).
Le chant des aveugles est généraient j rapide et entraînant, l'accompagnement *
et très rythmé.
Il y a de faux aveugles, c'est une prof<?^ sion comme une autre; quand il se trouve un aveugle dans une famille pauvre, la famille tout entière stimule la cécité et forme un concert d'aveugles.
Les airs se transmettent le plus souvent chez les Annamites d'un individu à l'autre, leur mode de notation de la musique est très imparfait; il n'existe que pour les morceaux de musique instrumentale.
Il n'y a d'indication ni de mesure, ni de durée^ ni de nuances, tout cela est laissé à l'arbitraire, il faut donc absolument entendre un air de musique pour avoir une idée de son allure et de son rythme.
Les Annamites ont plusieurs manières de noter les airs de musique, quand il s'agit d'instruments à cordes, ils se servent pour la gamme des caractères suivants :
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linh liiih t".nh t'.iih lunp laiiu lang
AVANT-PROPOS XV
La musique s'écrit au moyen de ces caractères sur des lignes verticales comme l'écriture ordinaire chinoise. Les phrases sont séparées les unes des autres par un intervalle.
Pour les instruments à veiit, flûtes, pipeaux, musettes, etc., le nom des notes change.
<î -i- il ^ 5- ^n. ^
ti âm bô tich ti to hc
Pour les morceaux qui se doivent jouer sur le psaltérion (câi dàn thap lue) ils se servent le plus souvent de la notation chinoise.
xang hô cong ngû lue tu' xc xang
Il existe à Hué, un département spécial de la musique au ministère des rites, il a été copié, comme tous les rouages administratifs du reste, sur le ministère de la musique chinois, établi en 1742. Les musiciens du roi, les mimes et chanteurs du palais font partie
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de ce ministère; en ^ine, une partie di^-) personnel chanteur est recruté parmi les eunuques; les écrivains, les chefs et souschefs parmi les fonctionnaires des autres ministères versés dans la musique.
Le sous -secrétariat d'Etat de la musique est chargé de la rédaction des airs que l'on doit jouer devant le roi et dans certaines solemnités civiles,vpiilitaires ou religieuses; il en dirige l'étude et en assure l'exécution.
•Les règles de la composition musicale sont indiquées dans quelques livres chinois, elles sont fort peu intelligibles; ce que nous en savons, c'est que la gamme se divise en sons mâles et en sons femelles, que l'on associe dans des proportions variables selon la nature du sentiment que l'on doit rendre, et d'après certaines formules.
Les annamites aiment la musique et s'oublient de longues heures à gratter les cordes du dàriy ou à souffler dans des flûtes simples ou accouplées; ils pensent sans doute avec les chinois qu'on ne saurait trop cultiver cet art divin qui, « non seulement dompte les bétes féroces, mais encore fait régner la concorde parmi les fonctionnaires » \