C est le cas de l'hvmne de saint Fortunat en l'hou
HYMNES TROCHAIQUES bS
neur de la Crtùx. En voici le début nuté selon la l'orme métrique de la poésie :
Paucë, lliiguâ, glû-ri- 5- ti
Laurë- âm car- tâ-ml- nU.
C'est régulier et en somme très acceptable. Toutefois la leçon primitive de ce chant était peut-être plus simple et se prétait mieux à la forme métrique. Telle qu'elle est dans nos livres de chœur, cette mélodie sollicite plutôt une exécution selon le rythme tonique à temps égaux, et c'est ainsi que la présentent les manuscrits du xi° siècle. Le temps fort du chant correspond à la svUabe accentuée ' :
Pange, iingua, glo-ri- o- si
uniphum no-bi
Dans le manuscrit 339 de saint Gall et l'Antiphonaire du Père Lambillote, la strophe Crax fidelis est une sorte de prélude ou de refrain. Sa mélodie est notablement chargée (V. Appendice) ; elle contraste avec les autres strophes moins alourdies et notées plus uniformément.
C'est dans cette strojihe Crux fidelis quon a copié la leçon
[(^ ' »:^r^|— j-j ; au lieu que dans toutes les autres on lit sim- "Qua-li- 1er
' On voudra remarquer une fois pour toutes qu'en parlant de l'accent auquel correspond dans le chant un temps fort ou partie forte de temps, il faut entendre soit l'accent principal, soit l'acceut secondaire : glôriôsi, sicraméntum, vénerémur, etc.
pleine lit :
ou encore :
Qua-li- 1er. Et su-per Cru-cis.
Pourquoi choisir la legon la plus alourdie de préférence à la plus légère et la plus commune? (V. Appendice.)
Le mot trophœo porte à la fin deux podatus [^— *. .<~^^
Iro- pliœ- 0 dans les différents manuscrits. Il faut remarquer que, malgré le sectionnement produit par la césure, les deux parties du vers restent soudées. Dans la lecture du texte, on ne fait de pause qu'à la fin des vers pairs, et dans le chant c'est aux mêmes endroits seulement que s'achève le sens de la phrase musicale. Le chanteur a donc été sans doute induit naturellement à lier la formule du troisième vers à la note initiale du quatrième par un port de voix qu'ensuite on a transformé en note pleine. D'où le torculus de nos livres modernes :
troplirv-o
52. — Dans cette hymne, la strophe De parcntis offre des cas de syllabes <( survenantes ». Dans la poésie tonique, l'hiatus est admis, mais lisosyllabie doit être observée. Non moins stricte est l'obligation d'avoir des temps musicaux isochrones et le même nombre des temps dans chaque mesure, sous peine de briser le rythme. Que faire donc dans le cas qui nous occupe ?
Nous lisons dans l'Antiphonaire du Père Lambillote : Môrsu in morlem...
Damna ligni ût...
L'An t.
variante
Damna li- gni ul...
339 de saint Gall a pour le premier cas cette
Morsû in niuiieni...
Morsu 111 mur- leiii
HYMNES TROCIIAÏQUES B7
En résumé , les manuscrits décomposent un temps (soit d'une seule note, soit d'un groupe de deux notes), pour y mettre la syllabe survenante et ne pas briser la mesure. Faisons de même.
53. — L'hymne Pange lingua de l'olfice du Saint Sacrement, composée par saint Thomas, est selon le rythme tonique. Elle se chante ainsi :
Sàngui- Disque pré- ti- 6- si, Quém in miindi pré- li- um Frù-clus véntris
é-ne-ro-si Réx el-IVi-dil gOn- li- um.
Tout ici est facile et régulier. Cependant nous ne devons pas omettre de dire que cette hymne tonique s'adapte fort bien à une exécution métritjue où la syllabe accentuée correspond à une longue de la mélodie. Chantés largement, quoique sans traîner, dune voix soutenue et par une masse chorale, ces mètres trochaïques sont d'un grand effet, surtout en évitant d'empâter l'exécution par un accompagnement en accords pleins et continus. Voici la strophe Tantum ergo, d'un usage si fréquent; la J = la longue; la J = la brève.
Et an-liquum do-cu-mén-lum No- vo ce- dat ri- tu- i: Prae-slet fi- des
suppleménlum Sensu- um de- fé- du- i. ii — Los Cîianls mL-tri'jues.
Les accents secondaires des mots coïncident aussi avec le posé. A la finale de cernai, ce qui est écrit parait bien préférable à [-^-^-*-»— g j , plus irrégulier par l'introduction duu
ceniu- i
ïambe, unicpie parmi les trochées.