HYMNES SAPHIQUES
parce que la partie faible du dernier pied est supprimée et remplacée par l'allong-ement de la longue.
Enfin saint Augustin {De Musica, cli. VIll) indiipie une troisième manière intéressante pour l'analyse du rythme. Elle consiste à décomposer la longue de la o° syllabe pour en répartir ainsi les valeurs :
t-Q — »'— • ~m~- — # — 0 — •— •--#—'— # — 0—^—0 — J Jam sa- lis lerris ni-vU atque di-rw. Après trois vers de celte espèce , la stivphe saphique se termine dans les hymnes par un petit vers adonique de cinq syllabes, ([ui s'analyse par un dactyle et un trochée, à la fa<;on des vers logaédiques :
yancla Jû- ai.nes.
où le dactyle ne vaut qu'un trochée (Mas(pieray, 322). Mais ce même auteur (274) ne scande pas ce petit vers à la façon des lojacdcs et y voit un chorïambe suivi d'une dipodie ïambique incoiuplèle :
Saiicte Je
55. — Le lecteur constate sans peine que le rythme de la strophe saphique est fort complicpié. Comment y adapter une mélodie populaire? On s'est donc basé seulement sur laccent pour y faire coïncider les tenq3s forts d'une mélodie à rythme binaire. Telle est celle de l'hymne Ut r/aeant Iaxis. La voici telle que la donne Gui d'Arezzo dans sa lettre au moine Michel et que la transcrit la Vaticane ' :
Ul que- ant la- xis re- so- ni- re fi-kis Mi- ra ges- 16- rum
fàrau-li lu- ù- rum, Sol- ve pol-lii-ti là-bi- i re- â-tum,fàncle Jù- àaiie=.
* Cette Uço:i est assez alourdie. Ou la comparera avec d'autres qui son! à l'Appendice.
On remarquera que l'accent concorde toujours avec un temps fort ou la partie forte d un temps. Ainsi sur resonâre l'accent secondaire initial tombe au temps frappé (battu en bas), et l'accent principal, au frappé du temps levé. Cependant, si l'on considère que ces vers ainsi traités en poésie tonique et en rvtiniie binaire se partagent en deux membres :
It quéant Iaxis \ resonâre fihris Mira gestôrum \ fâniuli luorum. etc.,
on verra que l'accent initial de chaque membre tombe le plus souvent au frappé, et que cette concordance se produit invaria- Ijlemenl à l'accent pénultième : lâxis, fihris. etc.
C'est qu'en elfet ce sont dins la texture d i vers les accents principaux.
Les hymnes Isle confcssor, Ecce jam noclis, sont dans le o-enre saphique. Les dilYérentes mélodies populaires dont on a revêtu la première sont conformes à celle de \'Ut queant Iaxis, pour le rythme.