‹ Les chants métriquesChapitre 18 sur 33 · La structure du vers asclépiade mineur est celle · texte numérisé non relu

La structure du vers asclépiade mineur est celle

ou [eE

Te, Jo- seph, ce | lo- brent agmi | na c.r- li- luni.

Le premier peut être un ïambe, un trociiée ou un spondée. Après la dipodie initiale vient un antispastc, puis une dernière dipodie en ïambes purs

La strophe asclépiade comprend trois vers de cette espèce et se termine par un vers glyconi([ue :

Cas-to fœ-de- re Vir-pi- ni.

Si nous prenons la mélodie (pie les livres de chant affectent à l'hymne Te Joseph, nous aurons :

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Te, Jo- seph, ce- lebrent ogmi- na ra;- li- lum : Te cuncti re-

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so- nent Chri- sti- a- dum cho- ri : Qui cla- rus me- ri- lis jun-ctus

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es incly- Ise Casio fœ- de- re Vir-gi- iii.

On a traité le spondée [ — i ] substitué à l'ïambe ou au

trochée en notant deux doubles croches (ou semi-brèves), ce qui ramène le pied à trois temps.

Mais ce rythme élégant, où les mesures du chant, aussi bien que les mètres de la poésie, souvrent souvent par la partie faible, a cédé devant le rythme tonique, où l'accent coïncide avec le temps fort ou la partie forte dun temps. Il en résulte un rythme binaire facile, et par suite populaire. Et l'on a construit un asclépiade tonique en forme dactylifpie.

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Te, Jo- seph, ce- le- brenl agmi-na cae- li- lum : Te cuii-

iii^illpi^Milîl^iiOliiifegliligl^

cti ré- so- nent Chri- sti- a- dum cho- ri : Qui clà- rus mé- ri-

lis, jùn-ctus es incly- ire Gàs-lo r^é- de- re Vir-gi- ni.

Cette hymne est donc adaptée à une mélodie hexapodicpie,

sauf le dernier vers, qui n"a (jue quatre pieds. Le vers de six pieds est partagé en deux parties égales et similaires.

57. — 11 Y a aussi des strophes dites asclépiades toniques. L'hymne Sacris solenmiis est là seule de cette espèce conservée dans rOflice liturgique. Saint Thomas l'a traitée avec élégance, mais en usant de certaines libertés dans l'accentuation , de même qu'en métrique on variait certains pieds, notamment le premier, dit hase du vers. 11 était tantôt im 'ïambe, tantôt un spondée, etc. ^'oici la structure de la strophe asclépiade tonique :

Sacris solémniis | ji'incla sint gàudia, Et ex prxcôrdiis | sortent prœcônia ' liecédant vêlera, \ nova sint ûnxnia. Corda, vices, cl opéra.

Dans les trois premiers vers , la césure est au milieu et les coupe en deux parties semblables. En réalité, ce vers est une tétrapodie dactylique. Pourquoi l'a-t-on assimilée aux asclépiades? Mais le 3e vers a le premier accent sur la seconde syllabe, ce qui transforme ce membre en 'ïambes toniques : Recédant vétera (longue comme finale). Le même phénomène se reproduit dans le second membre des vers: quod tùliini singuUs, — mandùcat Dùminùm. Et l'accentuation du petit vers qui termine la strophe varie aussi :

Corda, vûccs, et ôpjcra.

Ejus fatémur mânihus.

Ad liiceni quâm inhàbitas

58. — La mélodie ne peut varier à chaque strophe. Voici celle ({ue donnaient depuis longtemps les livres de chant avec (luelques légères variantes. La legon de la \alicane ditTère notablement.

nis an- pé-li-cus fil l'à-nis hùnii-num; dit fra- gi-li-bus cor-po-ris lércu-liini,

Dat p;i-nis De- dil el

c^fe-U-cus (\- gu-ris lérmi-num :

tris-ti- bus sangui-nis pô-cu-lum,

Per lu- 33 sémi- tas duc nos quo léndimus, Di- cens: Ac- ci- pi- te quod tra- do vris''u-luni.

lii-ceni quam in- lià-bi- las.

nés ex é- o lii-bi- le.

On voit qu'au dernier pied de chaque membre la concordance de l'accent et du temp.s fort musical se fait régulièrement.

59. — La Ife mesure de cette mélodie oiTre un appui rythmique sur le la. En notation musicale, tout est clair. 11 n'en est pas de même dans la notation guidonienne de nos livres choraux ;

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Ti Elle laisse les chantres appuyer ou mettre le posé sur

le ré. Cette exécution n'est pas conforme aux indications des manuscrits. On voit par là l'insuffisance de notre notation usuelle, qui ne traduit pas exactement la notation neumatique en maint et maint endroit. C'est avec raison cpi'on a, par un signe rythmique, marqué cette nuance d'exécution. Mais quel en est le motif? On ne l'a pas donné ; et pour le trouver il faut recourir aux théoriciens, qui, loin de contredire les manuscrits, s'acccu'deiit avec eux et les expliquent. Gui, Odon, Engelbert et autres, suivant en cela les anciens, nous disent que la quinte et la quarte sont considérées comme les plus grands intervalles, d'où leur nom de consonances majeures. Que si la voix, apKs avoir franchi l'intervalle de quinte, par exemple, doit monter encore, elle prendra appui sm* la note la plus élevée. C'est ce qui se pratique ici. Le chant grégorien est donc considéré comme art vocal, et ses procédés favorisent les mouvements de

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la voix, évitant ce qui serait une difficulté. Ainsi faisait l'ancien contrepoint, qui prohibait la sixte majeure'.

Sur le mol ariffcUcus se reproduit ce qu'on voit sur Panis, non à raison de la difficulté des intervalles, puisqu'il n'y a qu'une tierce [la ut), mais cette manière de chanter est naturelle et généralement usitée.

60. — Mentionnons enfin la strophe archilochicnnc, qui ne se trouve qu'une fois dans le Vespéral. C'est l'hymne de sainte Elisabeth de Portugal. Cette strophe est un curieux assemblage de rythmes. On a dans le 1" vers un sénaire ïambique ou vers de six pieds :

Do-ma- re cor- dis impe- tus E- U- sa- belh. Le 2e vers serait un trimètre dactylique incomplet

For-tis, in- opsque De- o.

Enfin le dernier vers est un dimètre ïambique avec emploi des substituts usités :

Ser-vi- re, re- gno prae- lu- lit.

La mélodie donnée par la Vaticane s'adapte- assez bien ;\ cette scansion métrique de la strophe :

Do- ma- re cordis im-pe-lusE- li-sa-belli

For- lis, in- opsque De-

Ser- vi- re, regno prœ- tu- lit.

' G'es'c par exception qu'au témoignage des auteurs, ou la trouve quelquefois; encore y aurait-il à examiner ces passages dont le rytiune dilTère Je celui que donne l'e.xéculion accoutumée.

Les hymnes ne sont pas les seuls chants métriques ou mesurés du chant grégorien et de l'art niusical au moyen âge. Il reste encore à parler de ces œuvres dont le texte verbal est en poésie tonique ou accentuée et dont la mélodie se rythme d'après les paroles. Ce sont les séquences, les proses et les tropes.

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