LA MOD.\LITÉ
Les RR. PP. Bénédictins de Solesmes n'ont pas jusqu'à ce jour scruté plus à fond la question de la modalité. Livres de chœur avec leur préface et méthodes de chant grégorien s'en tiennent au numérotage usité, selon la théorie des huit modes authentiques ou plagaux. C'est insuffisant, c'est même désastreux; car ce numérotage usuel trompe souvent sur la véritable nature des échelles et ne donne l'intelligence ni de leur constitution, ni de leur clhos. En matière de restauration, ce s;int pourtant des choses qui méritent considération.
Sans doute la tjuestion de la modalité est complexe et délicate. Elle a participé à l'évolution de l'art musical. Ne resterat-il pas, en dépit de toutes les recherches, des points obscurs dans l'enseignement des modes au([uel les théoriciens du moyen âge ont fait dans leurs ouvrages une part si large, (judn pour-
l'ait la qualifier d'excessive ? Cependant il y a des notions fondamentales, telles que la constitution des échelles antiques, et ni la classification postérieui-e des luiil modes [octoeclios], ni certaines modifications dans le mécanisme de ces échelles nont détruit le caractère foncier des mélodies construites d'après elles. Les ouvrages de Gevaert, ceux de Maurice Emmanuel, de Bourgault-Ducoudray, du Père Dechevrens (qui en certaines critiques va trop loin), ouvrent au lecteur studieux des horizons nouveaux et lui inculquent des notions indispensables.