LE MARI EMPOISONNEUR
Grâces, grâces à la cruche bleue !
Elle m’a débarrassé de mes soins, de mes soucis. Je n’avais pas d’autres soucis Pour m’affliger, que ma femme.
« Ma femme, n’as-tu pas été longtemps malade ?... Porte-toi de mal en pis, femme,
Dépêche-toi de mourir.
Alors je mènerai une vie plus libre.
Je prendrai une cognée tranchante,
Je chercherai un vert taillis,
Je trouverai un jeune pin.
Je bâtirai une nouvelle chambre,
J’y mettrai un poêle vernissé Et je prendrai pour moi une jeune femme,
Pour mes enfants une méchante belle-mère. »
Les enfants alors répondent par ces paroles :
<c Puisses-tu brûler par le feu, toi, nouvelle chambre ! Et toi mourir, méchante belle-mère !
Mais toi, ressuscite et lève-toi,
O notre propre mère chérie ! »