LE NID DU ROSSIGNOL
La nuit qui précède le jour de saint Pierre (29 juin), est une nuit blanche pour les paysans de certains villages qui la passent tout entière à jouer, à danser ou à veiller prés d'un feu allumé sur une hauteur. Là, ils chantent jusqu’au point du jour, attendant impatiemment le lever du soleil. Ils sont persuadés que, ce jour-là f comme le dimanche de Pâques, le soleil danse au firmament. Dès que paraissent ses premiers rayons, tous sc mettent à chanter :
O Lado ! ô Lado ! sur le Kourgan,
Le rossignol fait son nid,
Mais le loriot le défait.
Bâtis ou non à ton gré, ô rossignol,
Ton nid ne sera pas terminé.
Tes petits ne viendront pas,
Ils ne voleront pas dans les bois de chênes,
Ils no becquéteront pas le blé printanier,
O Lado ! ô Lado !
LA TALAKA
Dans la Russie-Blanche, la fête qui termine la moisson est connue sous le nom de Talaka , nom que porte aussi la jeune fille qui y joue le principal rôle, comme le montre le chant suivant :
Bonsoir, Talaka !
Reçois de nous Cette gerbe de blé,
Couronne-foi
De cette belle couronne de fleurs.
Avec ces bonnes choses nous irons Chez notre seigneur et maître;
Nous lui porterons Ta bonne fortune dans sa maison ;
Lui, notre seigneur et maître
Nous fera préparer le repas de moisson.
Quand la Talaka arrive solennellement devant la maison, conduite par tous les moissonneurs, le maUre et la maîtresse sortent à sa rencontre avec de grands saints et lui offrent le pain et le sel. Ils l’invitent à entrer, lui cèdent la place d’honneur au festin qui suit et à la (iu duquel elle ôte sa couronne pour la donner au maître de la maison.
LA SSOUIPCHINA
La moisson terminée, les paysans célèbrent diverses fêtes rustiques : la bratchina, par exemple, le 6 septembre. Après l’office religieux où ils offrent un grand cierge, dans le but d’obtenir pour le< biens de la terre les bénédictions du ciel, ils festoient entr'eux avec leurs amis des environs. Les restes du repas sont gardés pour les pauvres. Les miettes jetées au vent doivent rendre propices les esprits malins.
Une autre fête est la Ssouipchinci, fête de pardon et de réconciliation, où doivent s’oublier toutes offenses de l’été passé ; on danse, on chante des chansons joviales :
La femme ivre
J’allai à la fête, à l’assemblée.
Ce n’est pas de l’hydromel que j’y bus, ni do la petite Mais je bus du vodka délicieux, j’en bus [bière ; Non pas dans une coupe, dans un verre,
Mais j’en bus dans un seau, dans un seau.
Je revins sans obstacle à ma maison ;
LA SSOUIPCIIINA
Mais une fois dans la cour, en titubant,
Je m’accrochai aux montants de la porte ; « O mes montants de porte en chêne, Soutenez-moi, pauvre femme ivre,
Pauvre gaillarde prise de vin. )>
Deux mois plus lard, celte fête se renouvelle.
PETITES CHANSONS DES POSIDYELKI OU BESYEDI
(Assemblées du soir)
File, ma fileuse,
File, ne fainéante pas.
— Volontiers je filerais
Mais chez les voisins je suis appelée
A la Besyeda pour festoyer.
Le vert taillis Toute la nuit a gémi ;
Et moi, pauvre Dunya, Toute la nuit j’ai veillé Pour attendre mon ami !
Souviens-toi, cher, souviens-toi, Mon premier ami,
CHANSONS DE POSIDYELKI
Comme, en nous promenant tous deux,
En nous tenant assis dans les sombres nuits d’automne, Nous chuchotions de douces paroles secrètes :
« Toi, mon ami, tu ne dois pas te marier,
Moi, jeune fille, je ne me marierai pas. »
Bien vite, bien vite, mon ami a changé d’avis...
(( Marie-toi, cher, marie-toi, moi je vais me marier, »