‹ Les chants oraux du peuple russeChapitre 124 sur 134 · LE MALHEUR · texte numérisé non relu

LE MALHEUR

Belle fille que je suis, où fuirai-je le Malheur ?

Si, pour l’éviter, j’entre dans la sombre forêt,

Le Malheur accourt sur mes pas avec une cognée : « J’abattrai, j’abattrai les chênes verts,

Je chercherai, je trouverai la belle jeune fille.»

Si, pour l’éviter, je fuis à travers les champs,

Le Malheur accourt sur mes pas avec une faux :

« Je faucherai, je faucherai la vaste plaine,

Je chercherai, je trouverai la belle jeune fille. »

Où donc fuirai-je le Malheur ?

Si, pour l’éviter, je me jette dans la mer azurée,

Il accour t aussitôt comme un poisson monstrueux :

cc J'avalerai, j’engloutirai la mer azairée,

Je chercherai, je trouverai la belle jeune fille. »

Si, contre lui, je cherche un refuge dans le mariage.

Le Malheur m’accompagne comme ma dot.

Si je me mets au lit pour lui échapper,

Il se tient à côté de mon oreiller.

Et quand je l’aurai fui dans la terre humide,

Il viendra aussitôt avec une bêche ;

Il se couchera sur moi, jetant un cri de triomphe :

« J’ai poussé, j’ai poussé la jeune fille dans la terre

[ humide ! »

L’OISEAU YOUSTRITSA

Dans la mer Océan,

Sur l’ile Bouyan,

Se tien! l’oiseau Youstritsa.

Il se targue et se vante D’avoir tout vu,

D’avoir mangé de tout.

Il a vu le Tsar à Moscou,

Le Roi en Lithuanie,

L’ancien dans sa cellule,

L’enfant dans son berceau,

Et il n’a pas mangé ce qu’il désire dans la mer.

Celte île de bouyan est une terre de bonheur, une sorte de Paradis oriental. C’est laque vit le plus grand, le plus ancien des oiseaux, dont le bec est de fer, emblème de la Mort qui dévore tout. Là se trouve la maison du Soleil : il en part le matin et y rentre le soir. Là aussi la Mère des Abeilles, le Serpent lumineux, la pierre Alatyr, etc.

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