LA SŒUR DISPARUE
Un jeune homme dans son parterre, Un jeune homme semait des fleurs.
Son front se penchait vers la terre Et de ses yeux coulaient des pleurs.
« Quand se fend la terre embrasée, Qui pourra, fleurettes d'azur,
Vous verser la fraîche rosée ?
Qui, vous garder du gel futur ?
« Mon père est vieux, vieille ma mère.
J’eus une sœur ; ma sœur, hélas !
Alla puiser de l’eau naguère Au Danube et ne revint pas.
« S’est-elle noyée ? égarée Dans le bois sombre, sur le tard,
Où le sfauves l’ont dévorée ?
A-t-elle trouvé le Tatar ?
a Dans le Danube bleu noyée, L’eau sous le sable la roula.
Par la dent des louves broyée,
Ses os blanchissent cà et là.
(( Si les Tatars l’avaient ravie, Captive en pays inconnu,
Elle eût donné signe de vie Et quelque bruit m’en fût venu. »