‹ Les chants oraux du peuple russeChapitre 16 sur 134 · CHANTS HISTORIQUES — COMPLAINTES LÉGENDES — BALLADES · texte numérisé non relu

CHANTS HISTORIQUES — COMPLAINTES LÉGENDES — BALLADES

SVYATOGOR ET ILYA DE MOUROM

Svyatogor est un géant, si lourd que la terre peut à peine le porter et d’une force telle qu’il en est lui-même accablé. II s’en va chercher aventures :

Il selle son bon cheval

Et part pour la rase campagne ;

A Svyatogor personne n’est égal en force ;

La force dans ses veines Circule avec violence ;

Il en est accablé comme sous un pesant fardeau.

Voilà que Svyatogor s’écrie :

« Si je pouvais la mettre en équilibre,

Je soulèverais la terre ! »

Svyatogor passant par la steppe Trouve un petit sac.

Du bout de son fouet il le pousse ; le sac ne bouge pas. Il essaie de l’ébranler avec un doigt ; il reste immobile.

Il le prend du haut de son cheval avec une main ; il ne

[peut le soulever ;

(( Voilà bien des années que je cours le monde,

Mais jamais je n ai rencontré chose si surprenante ; Jamais je n’ai vu semblable merveille,

Qu’un tout petit sac

Résiste quand je veux le remuer, l’ébranler, le soulever. » De son bon coursier s’élance Svyatogor,

De ses deux mains il saisit le sac,

Croit le soulever un peu plus haut que ses genoux,

Mais dans la terre, jusqu’aux genoux, c’est lui, Svyato-

[gor qui s’enfonce.

De son blanc visage coule un flot non de larmes, mais

[de sang...

Uva de Mourom, le type d’une plus jeune génération de héros, a entendu dire par des personnages mystérieux, qui ont donné une force extraordinaire à son corps primitivement estropié, qu’il pourra lutter avantageusement avec tous les héros du monde, à l’exception de trois ou quatre, parmi lesquels Svyatogor. Ilya selle son bon coursier et s’en va par la vaste terre. Un jour, il trouve une tente dressée sous un grand chêne (c’est celle de Svyatogor) et, dan.v la tente, un lit immense. 11 s’y couche, s’endort d’un sommeil qui dure trois jours et trois nuits :

Le troisième jour, son bon coursier Entend un grand fracas du côté du nord.

La mère humide, la Terre en tremble ;

La sombre forêt est agitée,

Les rivières bondissent par dessus leurs rives escarpées...

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