LA NAISSANCE DE PIERRE-LE-GRAND
Notre tsar Alexis sent naître L’orgueil et la joie en son cœur :
Dieu lui donne un fils qui doit être Pierre, le premier empereur !
Beaucoup passeront la nuit blanche ; Car il n’est pas un charpentier Qui ne polisse quelque planche Pour le berceau de l’héritier.
Les suivantes, les jeunes filles,
Les nourrices veillent encor :
11 tant coudre à force d’aiguilles Un lange en velours brodé d’or.
Et les prisons ? Elles sont vides ;
Et les greniers ? à tous ouverts.
Au palais, des festins splendides Sont par le tsar au peuple offerts.
Pas une place inoccupée :
Près du prince, près du boïar, Le peuple prend bonne lippée A ces joyeux banquets du tsar.