LA CONFRÉRIE DES PAUVRES DU CHRIST
Quand Pété brûlait la prairie,
La veille de P Ascension,
Se lamentait la Confrérie Des pauvres, pleins d’affliction.
« Christ, o tsar du ciel, tu nous laisses!
Pain, chaussure, habits, qui voudra Nous en donner ? Dans nos détresses, Qui, la nuit, nous abritera ? »
Le Christ que nnj en vain ne prie :
oc Ne pleurez pas votre abandon ;
D’un mont d’or entier, Confrérie Des pauvres, je vous ferai don.
cc Vous l’emploirez à votre guise Et vous pourrez, chaussés, nourris, Vêtus, contents, narguant la bise,
Avoir la nuit de bons abris.
Mais Jean : « Christ, permets-moi de dire Un seul mot pour* les malheureux :
Ce mont-d’or ne peut que leur nuire,
Au lieu d'être un profit pour eux.
« Qu'en feront-ils ? Les grands sans peine Avant peu le découvriront:
Pour ces puissants la bonne aubaine !
Les seigneurs portant haut le front,
a Les marchands cupides et chiches Auront bien vite pris le bien Et, se partageant l’or, les riches Aux pauvres ne laisseront rien.
(( De là, vengeances et tueries,
Révoltes et massacres... Non !
Fais mieux, donne à la Confrérie Des pauvres, donne ton saint nom.
« Us s’en iront de ville en ville,
Louant le Christ à tout moment,
Chaussés, vêtus, le cœur tranquille, Nourris, logés chrétiennement. »
Et le doux Christ, le roi céleste,
Répondit : « Jean, tu parles bien ;
Ta charité se manifeste Et ton avis sera le mien.