LA FILLE RAVIE
Bois de chênes, dis-moi pourquoi sont tes murmures Si plaintifs, ce matin ? — Les Tatars sont ici, Galopant sous mon ombre, abattant mes ramures,
Et me trouant à coups de sabre sans merci.
Ils emmènent captive une fille d’Ukraine.
Le père les poursuit, le père à cheveux gris ;
Il aperçoit de loin sa fille qu’on entraîne,
Il l’appelle— elle entend, se détourne à ses cris.
La fille lui fait signe : « Hélas ! tu perds ta peine, Mon père, arrête ici, retourne sur tes pas.
les chevaux tomberaient fourbus... poursuite vaine ! Regagne ton logis, tu ne m’atteindrais pas. »