LA VISITE DES TATARS
Pourquoi ces vêtements de deuil et cet air sombre, Hetman ? — J’eus cette nuit des visiteurs : dans l’ombre, Les Tatars sont venus. Ils ont en un moment D’abord tué ma mère et pris ma femme ensuite...
Sellez mon cheval noir... et vite à leur poursuite !
Que j’enlève ma mie au démon musulman !
Les Tatars ont fait balte au milieu de la plaine ;
C’est l’heure où, sur le feu, bout la chaudière pleine ; Les chevaux broutent l’herbe, et le maître du camp,
Le seigneur mécréant qui porte haut la tetc Se pavane à côté de sa belle conquête,
Dont la main s’abandonne à la main du brigand.
« Ma mie, éloigne-toi. Je le tuerai, de rage ! »
— « Ah ! si tu le manquais, ami, mon esclavage ^ Deviendrait bien plus rude encore qu’aujourd’hui ! »
... Allons, mon cheval noir, reprenons notre route.
Toi, belle, tu n’es plus mon épouse, sans doute ;
Je t’aimerai pourtant toujours... reste-avec lui 1