LA FILLE NOYÉE
La belle fille tombe et disparaît sous fonde.
Trois jeunes gens sont là, s’agitant sur le bord :
« Secourons-la, » dit lTm. L’autre : « Sondons d’abord L’eau du lac, pour savoir combien elle est profonde. »
Le plus jeune des trois ne dit mot ; mais voici Que de son cheval bai dans le lac il s’élance.
Il nage... vains efforts ! inutile vaillance !
Le beau garçon fléchit, cède et se noie aussi.
« O mon beau cheval bai, compagnon de voyage -, Rentre seul au logis ; de mon sort ne dis rien A mon père ; à ma mère, hélas ! cache-le bien ; Dis-leur que me retient au loin mon mariage.
« Triste hymen ! pour l’église on a le fond de l’eau ; Les poissons, pour témoins de la fête brillante ;
Pour jeune mariée aimable et souriante,
Un cadavre glacé : voilà quel est mon lot. »