LA COURONNE
La fillette marche et rêve Près de l’eau. Soudain et prompt,
Le vent d’un coup d’aile enlève La couronne de son front.
Il l'emporte, la balance Sur le fleuve transparent :
Dans le Danube il la lance Et l’abandonne au courant.
La fillette qui regarde
Voit venir dans les flots verts
Trois poissons : « Que Dieu vous garde !
Rendez-moi ce que je perds.
C’est ma couronne ; je pense Que vous avez du la voir. »
— a Oui, mais quelle récompense De toi pourrons-nous avoir ? »
— «Le premier, je lui destine De mon doigt l’anneau doré ; Le mouchoir de toile fine Dont mon cou blanc s’est paré, Je le réserve au deuxième ;
Et le dernier de vous trois Aura la fillette même,
Pareille aux fraises des bois. »