CHANTS DE LA SAINT-GEORGES
De la béte rusée !
Voici un chant de la Russie-Blanche :
Saint-Yury, le divin messager,
Est venu vers Dieu.
II a pris les clefs d'or,
Il a ouvert la terre humide,
Répandant la rosée pénétrante
Sur la Russie-Blanche et sur le monde entier.
Un chant Morave cité par Ralston représente aussi Saint-Georges dans ce rôle de porte-clefs :
Semaine de la mort (1)
Qu’as-tu fait des clefs ?
— Je les ai données au dimanche des Palmes.
— Dimanche des Palmes, qu’as-tu fait des clefs ? — Je les ai données au Jeudi vert.
— Jeudi vert, qu'as-tu fait des clefs ?
—- Je les ai données à Saint-Georges. Saint-Georges S’est levé et a ouvert la terre, si bien que Le gazon pousse, le vert gazon.
C’est le jour de Saint-Georges qu’on tait sortir le bétail des écuries et qu on l’envoie à l’herbe. Dans le gouvernement de Srnolensk on chante la conjuration suivante pour le préserver du loup :
(1) C’est le quatrième dimanche de Carême, où meurt l’hiver.
Sourd, sourd, entends-tu ?
— Je n’entends pas.
— Dieu veuille que le loup n’entende pas notre bétail !
Boiteux, boiteux, peux-tu nous attraper ?
— Je ne peux pas attraper.
— Dieu veuille que le loup n’attrape pas notre bétail !
Aveugle, aveugle, nous vois-tu ?
— Je ne vois pas.
— Dieu veuille que le loup ne voie pas notre bétail !