LE MAUVAIS SONGE
O rudes vents d’Automne, allez Vers l’Orient, au toit qu’habite Mon hou ami ; portez-lui vite Une nouvelle, ô vents ailés !
Dans les ennuis mon cœur se plonge.
J’ai peu dormi, beaucoup rêvé...
O vents, dites-lui comme, en songe, Un grand malheur m’est arrivé.
Je voyais, triste et soucieuse,
Se rompre à mon doigt l’anneau d’or, Tomber la pierre précieuse...
Je voyais en mon rêve encor
Se dénouer ma tresse blonde,
Mon nœud rose se délaçant,
Mon nœud de ruban, cher présent Du seul ami que j’aie au monde 1