LOIN DU FIANCÉ
(c Je t'aurais vu partir sans larmes Si je n'eusse aimé tendrement ;
Je ne serais pas en alarmes Pour un sot et brutal amant.
Ah ! ma douleur ne fut pas feinte,
Mes pleurs coulèrent sans effort :
Sans toi, ma lumière est éteinte,
En toi sont ma vie et rna mort.
« Mon cœur, librement et sans crainte, Tout d'abord à toi se fia.
Qui nous fiança? la contrainte?
Non, l’amour vrai seul nous lia.
Pas de promesse séduisante Et pas de serment d’avenir ;
Tes regards, ta voix caressante,
C’en fut assez pour nous unir.
<( Vois quelle était mon espérance Et quelle est ma peine aujourd’hui.
Ma joie est morte, et la souffrance Suit mon bonheur évanoui.
Si je m’afflige et me tourmente,
O mon bien-aimé, c’est pour toi !
Rends donc la paix à ton amante, Rends-moi mon âme, oh ! rends-la moi ! a