‹ Les chants oraux du peuple russeChapitre 87 sur 134 · LOIN DU FIANCÉ · texte numérisé non relu

LOIN DU FIANCÉ

(c Je t'aurais vu partir sans larmes Si je n'eusse aimé tendrement ;

Je ne serais pas en alarmes Pour un sot et brutal amant.

Ah ! ma douleur ne fut pas feinte,

Mes pleurs coulèrent sans effort :

Sans toi, ma lumière est éteinte,

En toi sont ma vie et rna mort.

« Mon cœur, librement et sans crainte, Tout d'abord à toi se fia.

Qui nous fiança? la contrainte?

Non, l’amour vrai seul nous lia.

Pas de promesse séduisante Et pas de serment d’avenir ;

Tes regards, ta voix caressante,

C’en fut assez pour nous unir.

<( Vois quelle était mon espérance Et quelle est ma peine aujourd’hui.

Ma joie est morte, et la souffrance Suit mon bonheur évanoui.

Si je m’afflige et me tourmente,

O mon bien-aimé, c’est pour toi !

Rends donc la paix à ton amante, Rends-moi mon âme, oh ! rends-la moi ! a

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