‹ Les Chants secretsChapitre 10 sur 51 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

Aux premiers bourgeons qui crevaient les branches, J'étais dans Paris, sans risque, et pensant, Pensant au malheur, sombre, maudissant Avril qui venait en parures blanches.

Avril croît, fleurit, frémit, chante... Mais J'ai quitté la chambre où l'on dort à l'aise, J'irai dans la lutte et dans la fournaise : J'ai droit de t'aimer, printemps, désormais !

Puisque un gouiîre noir devant moi se creuse. Puisque mon demain fuit dans l'inconnu.

Que le souffle ardent d'avril ingénu Pénètre aujourd'hui mon âme amoureuse !

Que je sente entrer en moi ses frissons, Que sa douce odeur me prenne et me grise. Qu'éperdu j'éprouve, en buvant la brise, Que Printemps et moi nous nous unissons !

Et que rappelant nos amours farouches, O visages blancs, beaux corps embrasés, J'écoute en mon cœur passer vos baisers, L'œil clos et rêvant au parfum des bouches !

Avril i^is-

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