‹ Les Chants secretsChapitre 11 sur 51 · CRÉPUSCULE · texte numérisé non relu

CRÉPUSCULE

C'est l'heure de mystère et de magnificence ;

Le soleil englouti colore l'occident

De tons clairs et subtils qui vont se dégradant ;

Trois longs nuages bruns barrent leur transparence.

Et l'un d'eux semble un aigle énorme qui s'élance, Et les arbres sont noirs sur un fond jaune ardent. Céleste majesté ! comme, en te regardant, Mon cœur croit à l'auguste et sereine présence !

Ah ! malheur au soldat qui de fièvre pâli S'éteint lugubrement sur la blancheur d'un lit. Si je dois, sous la fiiux sanglante qui circule.

Tomber, s'il faut mourir, ô soir délicieux,

Par un soir comme toi puissé-je, au crépuscule,

Mourir sous la splendeur rassurante des cieux !

Avril i^i).

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