CRÉPUSCULE
C'est l'heure de mystère et de magnificence ;
Le soleil englouti colore l'occident
De tons clairs et subtils qui vont se dégradant ;
Trois longs nuages bruns barrent leur transparence.
Et l'un d'eux semble un aigle énorme qui s'élance, Et les arbres sont noirs sur un fond jaune ardent. Céleste majesté ! comme, en te regardant, Mon cœur croit à l'auguste et sereine présence !
Ah ! malheur au soldat qui de fièvre pâli S'éteint lugubrement sur la blancheur d'un lit. Si je dois, sous la fiiux sanglante qui circule.
Tomber, s'il faut mourir, ô soir délicieux,
Par un soir comme toi puissé-je, au crépuscule,
Mourir sous la splendeur rassurante des cieux !
Avril i^i).