‹ Les Chants secretsChapitre 27 sur 51 · LE VIEUX FAUTEUIL · texte numérisé non relu

LE VIEUX FAUTEUIL

Il sommeille au lointain ténébreux de la chambre, Dans l'encoignure entre l'armoire et la cloison ; Et là, comme en exil, hors de mon horizon, Sa sévère noblesse archaïque se cambre.

Las, je m'y vins blottir, cette nuit de décembre.

Aussitôt, traversé d'un bizarre frisson,

A la table en désordre où peine ma raison

Je crus me voir, veillant sous la lumière d'ambre.

Mais cet homme inclinant son visage tendu M'apparaissait troublant, étrange, inattendu, Et j'avais en pitié sa fièvre et son front blême.

Loin du rond lumineux où s'attachait mon oeil Je demeurai cloué sur l'antique fauteuil, pénétré de stupeur en face de moi-même.

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