‹ Les chants séculairesChapitre 10 sur 62 · PRIÈRE DU MATIN · texte numérisé non relu

PRIÈRE DU MATIN

0 mon Dieu, le troupeau qui descend la colline;

Au travers des troncs noirs la tiède mousseline Que sous les pins en fleurs traîne le blanc matin;

Le vent tout parfumé de lauriers et de thym,

Endormi sous les murs des vieux jardins pleins d’ombres Une source perdue au fond des rameaux sombres ; Seigneur, l’ange envoyé pour baptiser le sang De l’homme qui s'éveille, et le jour commençant A tourner lentement autour de sa chaumière ;

La santé qui lui vient en buvant la lumière ;

Un coin de terre heureuse aimé des cieux cléments, — Sont d’un simple bonheur les calmes éléments,

Et c’est en moi, mon Dieu, que vous aimez ces choses. Mon seul encens pourtant est l’odeur de mes roses.

Je n’ai pas d’autre autel que ma pauvre maison,

Mais un prêtre est ici qui vous sert, ma raison...

LE MATIN

L’aube luit. De ma vie écoutez le cantique.

Pacifiez, Seigneur, la demeure rustique De votre serviteur, bénissez son pays.

0 Père, visitez le cœur de votre fils.

Eloignez de ce cœur la colère et Penvie,

Et que demain, mon Dieu, soit comme hier; ma vie Est pareille à ce chêne, est semblable à cette eau.

En reflétant le ciel la source heureuse coule,

Mais, comme au cœur du chêne un ramier blanc roucoule, Mon âme au fond de moi te chante, ô jour nouveau...

Là-bas, dans le matin levant, Caressant la jeune feuillée,

La pluie heureuse est dans le vent Comme une vierge échevelée.

Delphica, devant le miroir, Sortant du tuh, encor mouillée.

Tu ris heureuse, et j’ai cru voir Entrer la pluie échevelée.

Dans la chambre viennent d’entrer Avec toi la jeune feuillée,

La bonne odçur de la forêt Et de la campagne mouillée.

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