HÉLÈNE
Les troupeaux piétinent le thym...
Je suis monté sur la colline D’où Ton domine le destin Et mon cœur angoissé s’incline Sur notre avenir incertain.
Les troupeaux piétinent les herbes..
Penché sur les cercles du jour J’ai vu les chars couverts de gerbes De la Victoire et de l’Amour Traverser les brouillards, superbes.
Les guerriers campent dans les prés Les boucliers et les faucilles Pendent aux branches des cyprès, Les chariots sortent des villes Emportant les meubles sacrés.
LE COUCHANT
Les guerriers campent dans la plaine...
Au milieu des groupes épars Assises, en filant leur laine,
Les Parques chantent les remparts De Troie en flammes pour Hélène.
Les troupeaux piétinent le thym...
Le dur berger de la Victoire Mène là-bas d’un pied certain Le troupeau qui demande à boire,
A la source d’or du matin.
Les guerriers campent dans la plaine...
J’entends sous les arbres épais Arriver la rumeur* lointaine Des jours de bonheur et de paix Dont les Parques filent la laine.
Hélène, ô Delphique, c’est toi !
Les chariots de la Victoire T’apportent les trésors d’un roi,
Un peuple travaille à ta gloire :
Sois sa couronne et sois sa loi.