‹ Les chants séculairesChapitre 51 sur 62 · JALOUX DANS L’OMBRE · texte numérisé non relu

JALOUX DANS L’OMBRE

Dans le grand lit à rideau lourd Vénus se couche,

Les flambeaux brûlent, et PAmour Baise sa bouche.

Dehors, au fond du jardin noir.

Tâchant de les apercevoir,

On entend rôder dans le soir Vulcain farouche.

Le balcon est ouvert ; les bruits De la vesprée,

Le souffle épars des belles nuits, L’ombre sacrée

J.K COUCHANT

Entrent... Vénus, rêveusement, Contre le cœur de son amant Goûte le calme enchantement De la soirée.

Au pied du grand lit parfumé Rêvent les Muses...

Mais dans le jardin embaumé, Faces camuses.

Errent le faune et le Sylvain ;

Et sous les lauriers noirs, Vulcain Sent parfois trembler sous sa main Leurs mains confuses...

Ainsi, Delphique, autour de nous.

Dans Fombre noire,

J’entends les ægipans jaloux De notre gloire...

Ouvrons le balcon sur la nuit.

Caressons-nous, le parc bruit.

Tout le grand lit amoureux luit De ta victoire !

Page 1