I.es arbres du jardin sont pleins de tourterelles
Et les rêves pieux qui montent des maisons Douent d’un plus riche éclat les larges horizons Et découvrent un sens aux étoiles nouvelles.
Les étoiles de la patrie
Pour mieux enivrer tes vingt ans
Mêlent leurs visages flottants,
0 jeune homme, à ta rêverie.
Toi qui vois dans le vent du soir, Lorsque s’endort ta vieille ville,
Se lever la cité qui brille
Dans les champs du firmament noir,
O cœur naïf, âme sincère,
O mon frère, avec toi j’attends Que frémisse un nouveau printemps Dans les lauriers de notre terre.
LE MATIN
Serions-nous seuls à Tespérer,
Les dieux ne trompent point le sage ; Nous les avons vu labourer Un champ dévasté par Forage.
Ah! viens, mon frère, un grand matin Va se lever sur la campagne,
Monte avec moi sur la montagne D’où l’on voit naître le destin.
Regarde, les collines blanches De nos cités saluent l’éveil,
La plaine luit, vers le soleil Tout un peuple agite des branches.
J’ai chassé le doute de moi.
J’entonne Fhymne des vieux maîtres.
Puisque le rêve des ancêtres Déjà se réalise en toi.