‹ Les chants séculaires. Préf. de Louis BertrandChapitre 35 sur 63 · RENAISSANCE · texte numérisé non relu

RENAISSANCE

La splendeur du ciel catholique Me tente aussi, je veux jeter Les cheveux coupés de Delphique Sur l'autel de marbre sculpté.

Le tapis de la chevelure Portera le calice offert :

0 songe errant de la nature, Cache les «ouffres de l'enfer.

Midi qui rayonne et qui passe Frappe à la porte des couvents :

« Éveille-toi, famille lasse.

L'âme du Christ est dans les vents. »

MIDI loi»

Par quels anges aux mains terribles Sont ouverts les tombeaux mure's?

Par quelles bouches invisibles Les vieux psaumes sont murmurés?

Les dieux sortent des cathédrales Avec les dalmatiques d'or, Et sur les foules triomphales Les bannières flottent encor.

L'orgue des forêts et des vagues Tonne au-dessus des reposoirs, De beaux pages plantent leurs dagues Au cœur vermeil des ostensoirs.

Dans cette église romantique, Comme pour mieux combler mon cœur.

Les chevaux de la frise antique Hennissent sous les nefs du chœur.

Les satyres portent les cierges.

Sur les porches éblouissants Gérés sourit aux saintes Vierges, Apollon monte dans l'encens.

Et sous Téclat des escarboucles, Avec un visage d'enfant, Comme Bacchus aux longues boucles, Jésus s'avance triomphant.

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