‹ Les charbons humiques et les charbons de purinsChapitre 38 sur 52 · F. — LES MENUS DÉBRIS HUMIFIÉS · texte numérisé non relu

F. — LES MENUS DÉBRIS HUMIFIÉS

Les menus débris humifiés des Tètes- de -Chats sont surtout des débris végétaux. Ils sont abondants, très fragmentaires. Ce sont des débris de parois et de petits morceaux de tissus diversement humifiés. Suivant leur nature et leur état d'humification, ils ont condensé le bitume très différemment en produisant des corps rouge-brun foncé, des corps brun-noir et même des fusains. Les corps rouge-brun ne sont pas brisés dans la masse de la gelée fondamentale. Ce fait dénote une contraction de la gelée particulièrement forte, puisqu'elle est au moins aussi grande que celle des menus débris.

Dans le banc gréseux à éléments élastiques qui précède les Têtes-de-Chats, les fragments végétaux écorce, bois, sont plus gros. Les masses rouge-brun, très foncées et très chargées de bitume, qu'elles ont produites, forment des lames et des morceaux d'un charbon remarquablement brillant, finement craquelé.

G. — LES COPIiOLlTHES.

Le schiste des Têtes-de -Chats contient de nombreux coprolithes. Ces corps sont moulés. Ils provieiment de reptiles ichthyophages. Presque tous, en effet, contiennent des écailles de Paleoniscus, Quelques-uns seulement montrent des os. Ces

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coprolithes sont entiers ou éparpillés. On trouve de petites masses stercoraires dans toutes les parties de la gelée fondamentale. Ce caractère permet d'affirmer que la matière brune s^est précipitée dans une eau particulièrement chargée de matières animales (fig. los, PL IX).

Ces coprolithes appartiennent à trois types. Lun d'eux est beaucoup plus fréquent que les autres. C'est même le seul qu*on remarque tout d*abord. La masse stercoraire y est tordue dans son ensemble autour de son axe de figure. Le corps a la forme d'un bicône plus allongé d'un côté. La matière rouge-brun clair est chargée de fines granulations plus colorées. Les granulations sont inégalement réparties. Elles dessinent sur le fond des mailles irrégulières délimitées par un réseau plus clair. Les granulations mesurent o [jl i à o fx a.

Ces granulations sont teintes par action élective, elles ont condensé plus fortement la matière bitumineuse. Je ne puis dire si ces points bruns représentent des granulations plasmiques provenant de la destruction des matières alimentaires ou de très petits microcoques. Ces deux sortes de corps sont également possibles dans de tels amas. D'après les coprolithes de la troisième sorte j'inclinerai, plutôt, vu la coloration et l'aspect, à laisser ces granulations aux débris plasmiques provenant des matières alimentaires. Dans les coprolithes de cette première sorte les bols alimentaires ne sont pas du tout individualisés. Ils contiennent toujours des écailles et quelquefois des os. Les os et les écailles peuvent s'y trouver rassemblés en masses considérables, presque pures de tout autre élément.

Les coprolithes de la seconde sorte diffèrent des premiers par l'absence de réticulation, ce qui tient à une répartition uniforme de leurs granulations, et par le grand volume de ces granulations. Ces granulations sont encore rouge brun foncé. Les coprolithes de cette sorte contiennent souvent des lamelles d'émail isolées et brisées en menus fragments (fig. io3, PI. IX).

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Les coprolithes de la troisième sorte sont relativement plus rares dans le schiste des Tétes-de-Chats. La matière stercoraire forme une lame très épaisse, roulée en long cornet. Dans répaisseur de la lame, les bols alimentaires sont nettement individualisés et agglutinés entre eux par un mucus intestinal plus clair. Les coprolithes de cette sorte contiennent de très nombreuses écailles et des os. De même que les deux catégories précédentes, les coprolithes à bols alimentaires distincts se retrouvent dans toutes les couches de la formation. C'est une même espèce animale qui les a produits. Or, très fréquemment, dans les coprolithes de cette sorte recueillis près de la couche de Taille, on voit, outre les granulations alimentaires colorées en rouge -brun, de très beaux Bacilles en chaînette ou isolés, qu'il est très facile d'observer dans le mucus, plus transparent, qui unit les bols alimentaires. C'est aussi dans les fins canalicules osseux des écailles de ces mômes coprolithes que j'ai rencontré teints en brun noir des éléments sphériques que je rapporte au Micrococcus lepidophagus de M. B. Renault. Les éléments bactériens vivants saisis dans les coprolithes ont donc été fixés et colorés par élection, comme les cellules du Zoogleites.

Je n'ai pas rencontré dans la couche des T6tes-de-Chats d'exemplaires d'une quatrième sorte de coprolithes très remarquable, qui se voit abondamment répandue dans le Gazon. Il s'agit de coprolithes transparents jaune d'or qui font prévoir la possibilité de corps jaune d'or d'origine stercoraire.

Tous ces coprolithes ont fortement condensé le bitume. Ils ont produit des nodules d'un charbon très noir satiné qui contraste sur la cassure et sur les tranches avec la matière brune entourante. Ce sont là des masses d'un charbon animal coprolithique. Dans les coprolithes la matière résiduelle est à l'état de corps rouge -brun, les granulations étant plus fortement colorées que le fond. Les os et la partie osseuse des

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écailles sont à Tétat de corps jaune. Les masses protoplasmiques sont colorées en brun noir. L'émail reste incolore. Les petits sphérules qui y ont été taraudés sont incolores ou remplis de pyrite. Je n'y ai pas vu de bitume ni de corps bruns que je puisse rapporter à une bactérie. Les cavités closes des os complètement enfermés dans les coprolithes sont remplies de bitume.

Les coprolithes sont couchés à plat, soutenus par la gelée fondamentale. Ils sont orientés en tous sens dans le plan. Us adhèrent intimement à la gelée entourante. 11 ne s*est pas différencié autour d*eux une gaine minéralisée» comme c'est le cas dans les coprolithes d'Igornay, de Commentry^ et dans les nodules de sidérose plus anciens rencontrés à Saint-Hilaire. Les corps voisins de ces coprolithes ne sont pas altérés. Ils ne présentent pas ces points de surcoloration qu*on remarque sur quelques Pilas qui ont été touchés par des coprolithes. Les coprolithes ont agi comme corps durs par rapport à la gelée entourante. Ils sont moins fortement contractés que celle-ci.

L'intervention quantitative des coprolithes dans le schiste des Têtes-de-Ghats est à peu près indiquée par les nombres suivants : Le coefficient vertical varie entre 0.166 et o.!i5o. Le coefficient horizontal est de 0.096. Le coefficient en volume est compris entre o.o36 et 0.076. La présence de plusieurs g^os coprolithes en un point bouleverse ces coefficients. Les nombres ci-dessus ne tiennent pas compte des écailles et des os isolés, qui sont pour la plupart tombés des coprolithes. Ils ne tiennent pas compte non plus de la réticulation de la gelée fondamentale.

H. — LES os ET LES ÉCAILLES ISOLÉS

Il y a de nombreuses écailles isolées dans le schiste de rAUier. On en trouve dans toutes les parties de la masse. Il y a des os isolés. Ils sont moins nombreux que les écailles.

UrUç. de Lille. Tome Y1. G. ii.

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Os et écailles sont semblables à ceux des coprolithes. Ils sont conservés de la même manière. Ils montrent les mêmes degrés d*altération. Sur le bord des coprolithes, d*ailleurs, on voit fréquemment des écailles et des os détachés de ceux-ci, libérés des massules stercoraires qui les empâtaient. Il y a donc moyen de reconnaître que la plupart des os et des écailles libres sont tombés de la surface des coprolithes entiers et surtout des coprolithes éparpillés.

Ces corps sont couchés à plat. Ils ont été soutenus par la gelée brune, qui avait fait prise. On les voit exceptionnellement piqués verticalement ou obliquement dans la gelée brune et maintenus dans cette position par la matière fondamentale. Les écailles ont agi comme des corps durs. Les os sont fréquemment brisés. Leur contraction a été plus forte que celle de la gelée entourante. Leur rupture a été généralement tardive. J'ai vu pourtant la gelée fondamentale stratifiée pénétrer en se dilatant dans la fracture d'un os. Le i*este de la cavité de la fracture était occupé par du bitume réticulé.

On rencontre assez souvent des groupes d'écaillés ou d'os rappelant les plages qu'on trouve dans les coprolithes, mais débarrassés de la partie molle des matières stercoraires. Ces amas sont aussi tombés des coprolithes. Quelques-uns ont un volume considérable et donnent parfois l'illusion de concrétions oolithiques dans la roche. — Je ne puis pourtant attribuer la même origine à des morceaux de peaux de poissons ou à des poissons presque entiers rencontrés dans le schiste. Je vois dans ces débris des lambeaux de cadavres non dévorés. C'est entre les deux rangées d'écaillés de fragments semblables que j'ai eu occasion d'observer quelques granulations silicifiées dans le schiste des Têtes-de-Chats.

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