L*eau des mares à charbon était sujette à des varia
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lions de dilution. Après une période de concentration qui correspond à la formation de lits de charbon de purin succédait, par une dilution plus forte, une période où les Ostracodes prospéraient et pullulaient. Les reptiles ichthyophages, les pluies de pollen continuaient d'agir comme dans la période précédente. L'apparition des Ostracodes ne correspond donc pas à une modiOcation essentielle des conditions initiales; la gelée et sa charge en matériaux organiques sont seulement plus diluées. A ces périodes de dilution plus forte correspond une minéralisation plus forte du dépôt. Celui-ci devient un schiste organique, la matière minérale étant alors prépondérante sur la matière organique. La masse d'eau nouvelle venue pouvait parfois amener dans la mare des matériaux minéraux élastiques et des fragments végétaux, comme il est arrivé au moment de la formation du lit de grès noir à végétaux.
6. — Ce qui différencie essentiellement les conditions de la formation des schistes de T Allier de celles des charbons humiques précédemment étudiés c*est qu*il s*est ajouté à Feau génératrice une forte charge de matières animales d'origine stercoraire éparpillée dans toutes ses parties. La capacité rétentrice de la gelée pour le bitume s'est trouvée, par cette addition, fortement augmentée. Par là le schiste de TAllier diffère très notablement des charbons humiques purs.
7. — Les noAibreux coprolithes des Têtes- de-Chats et des bancs analogues indiquent une population erpétologique et ichthyologique nombreuse et variée vivant très localisée, déversant ses déjections et les reliefs de ses repas dans les mares anthracigènes. Celles-ci deviennent dans les périodes de basses eaux des mares à purin, les coprolithes étant alors en si grande quantité que ceux qui sont demeurés intacts forment de 3 à 7 centièmes de la masse solidifiée. C'est à ces époques
de maximum de concentration qu'a prospéré le Zoogleites elaverensis.
8. — Les fleurs d'eau ont été rares pendant toute la formation. Elles sont représentées pourtant même à Tépoque où les eaux génératrices sont le plus chargées de produits stercoraires.
9. — La gelée fondamentale faisait prise comme dans les charbons humiques. Les écailles tombées des coprolithes et les parcelles micacées ne s'y enfonçaient point. D'après l'aspect de la gelée non contractée des nodules silicifiés, nous apprenons que la gelée brune tombait sous forme de flocons qui s'aggloméraient souvent autour des parcelles en suspension dans l'eau mère.
10. — Pendant sa contraction la gelée s'est déchirée en réseau. Ces déchirures ont été parfois accompagnées d'exsudats.
11. — La matière organique a été fossilisée en présence d'un bitume tardif.
iQ. — La minéralisation a été forte. Elle s'est faite par des eaux siliceuses et par des eaux calcaires.
§ VIII. — Caractéristiques du schiste bitumineux de V Allier
1. — Le schiste de l'Allier, dans ses parties les plus riches, est encore de la gelée brune solidiflée en présence d'un bitume. Par là, ces schistes sont intimement liés aux charbons humiques. Ils en diffèrent par une modification du milieu générateur. L'eau brune initiale était chargée en tous ses points de produits stercoraires. Par ce fait, elle était transformée en une sorte de purin. La gelée brune qu'elle a laissé précipiter s'y montre plus fortement humifiée. Sa capacité rétentrice pour le bitume est plus forte.
2. — La minéralisation de la masse a pu se faire très largement. Elle a été ordinairement suflisante pour transformer
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le dépôt en schiste oi^anique, la matière minérale y étant prédominante sur la matière organique. La roche se présente donc ' avec le faciès d*un schiste. Par exception seulement la matière oi^aniqne est restée prédominante optiquement dans quelques lits. La roche est alors un charbon fortement minéralisé. Dans sa masse se détachent des nodules de charbon coproUthique,
3. — La gelée brune reste le corps organique essentiel du dépôt. Elle est fortement chargée de corps accidentels, pollen, menus débris végétaux humifiés, coprolithes, débris animaux isolés. Cette gelée est hétérogène. Elle n'a pas donné de corps jaunes.
4. — La gelée fondamentale a fait prise. Les parcelles micacées, les menus débris végétaux humifiés, les coprolithes, les écailles et les os tombés des coprolithes ne s*y enfonçaient pas. Ces corps y sont couchés à plat. Parfois les os et les écailles sont piqués dans la gelée verticalement ou obliquement et ils ont été maintenus dans cette position par la rigidité de la matière fondamentale.
5. — Lors du retrait, la gelée ne s'est pas coupée par de grandes fentes. Elle s'est déchirée irrégulièrement en un réticulum. Là où ses déchirures sont le plus étendues il y a un exsudât qui se montre à Tétat de pureté dans les plus grandes fentes. Celles-ci sont horizontales.
6. — La contraction verticale de la gelée a été particulièrement forte, la par rapport au pollen étalé des nodules siliceux, a par rapport aux coprolithes, 4*^ P^^ rapport à Tépaisseur totale d'un nodule siliceux. Ces nombres sont insuffisants pour rendre compte de la quantité des matières hydrocarbonées trouvées dans la masse. Elle a subi un enrichissement par des matières bitumineuses venues du dehors.
7. — Les corps accidentels de cette gelée brune sont le pollen, quelques rares spores, de menus débris humifiés, des
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coprolithes entiers et éparpillés, des fragments animanx. Il s'y rencontre aussi quelques thalles de fjeurs d'eau gélosiques. Au moment où Teau génératrice a présenté son maximum de concentration, il s'y est ajouté quelques thalles de Zoogleites elaçerensis. Le pollen très abondant provient de plusieurs espèces de Cordaïtes. Sa présence dans les nodules siliceux fournit un bon caractère pour diagnostiquer le schiste de TAllier. Zoogleites donne également un bon élément de diagnostic pour le banc des Têtes-de-Ghats. Les coprolithes proviennent de reptiles ichthyophages. Ils forment jusqu'à 3 et 7 centièmes de la masse du schiste.
8. — Les coquilles d'Ostracodes ne se montrent que dans les parties où les matériaux accidentels sont beaucoup plus dilués. La gelée brune y est aussi moins colorée. Il s'agit de régions plus diluées. Ces régions ont été très fortement minéralisées.
9. — La charge de la gelée brune en bactérioïdes est très forte. Ces corps y sont buUaires. Dans les parties moins foncées ils se détachent en clair sur le fond coloré. Ils sont uniformément répartis dans l'exsudat des grandes fentes horizontales. Les corps bactérioïdes sont représentés par des micrococcoïdes, par des macrococcoïdes et par des bacilloides.
10. — Il n'y a ni Diatomées, ni spicules, ni fragments résineux.
11. — La masse a subi une imprégnation bitumineuse qui l'a enrichie en hydrocarbures. Le bitume est arrivé tout formé. Il a pénétré par diffnsion. C'est un bitume brun noir que l'on voit libre dans les cavités des os. Il a été fortement retenu par la gelée fondamentale, par les menus débris végétaux humifiés qui sont transformés en lames de charbon brillant. Ce bitume a été aussi fortement localisé par les coprolithes, par les protoplastes et par les corps osseux. Les coprolithes ont donné des nodules ou des plaquettes de charbon animal.
L'intervention tardive de ce bitume est établie par sa présence dans les fissures tardives des nodules siliceux. Les masses bitumineuses libres ont une structure réticulée qui me parait inorganique.
la. — Le schiste de TAllier ne présente pas de cristaux d*argile tardivement individualisée. — Il a été minéralisé par de la silice, de la calcite et de la pyrite. La localisation de la silice a été particulièrement forte et hâtive en quelques points du dépôt, vers le haut de la Grosse Couche par exemple.
i3. — Les corps jaunes de ce charbon ont été produits par les parois des grains de pollen, par les parois des spores, par la gélose des thalles et par le tissu osseux.
i4* — Le schiste bitumineux de TAllier ne peut plus être rangé dans les charbons humiques où la matière brune intervient à Tétat de pureté. Cette matière est additionnée ici d'une notable quantité de matières animales, en particulier de produits stercoraires qui modifient profondément ses propriétés, en particulier sa capacité rétentrice du bitume. J'estime qu'il faut établir, pour les charbons de cette sorte, une catégorie distincte des charbons humiques. Je désigne ce nouveau groupe de charbons par un caractère tiré de leur eau génératrice qui rappelait nos purins. Ce sont les charbons de purins.