‹ Les Charmettes et Jean-Jacques RousseauChapitre 4 sur 18 · DE PONTVERRE · texte numérisé non relu

DE PONTVERRE

« Curé de Confignon. »>

.lai relu souvent celte lettre, qui décida du sort de Rousseau, alors âgé de seize ans. Elle est le point de départ, la cause déterminante des aventures de sa vie, de ses amours, de l'éclosion de son génie, de sa carrière de gloire. Le pauvre abbé de Pontverre, esprit l)()iné dans sa bonté, ne se doutait guère, en

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l'ôcrivîml, de la longue suite d'événemenls imporlanls (jin allaient s'enchaîner et se développei" par le tait de son épitre.

Je compare volontiers celle-ci à ces sources presque infinies d'où sort une eau calme en ap])arence, mais douée d'une force cachée et qui hientôt devient grande rivière ou grand lleuve. Devant elles, on ressent de l'étonnement, de la curiosité et un vif intérêt.

Les questions de doctrine chrétienne et de culte confessionnel, dont parle l'abhé de Pontverre, étaient peu le fait d'un jeune homme comme était alors Jean-Jacques. Il avait bien d'autres préoccupations : vivre d'abord, aimer ensuite. Aussi, lorsqu'il remit sa lettre, de recommandation à Madame de Warens, chargée de le convertir et qu'il s'était imaginée vieille et maussade, mais à laquelle il vit " un visage pétri de grâce, de beaux yeux bleus pleins de douceur, un teint éblouissant, le contour d'une gorge enchanteresse », il se sentit fait pour être son |)rosélyte, car, dit-il, u je devins à l'instant le sien, sûr qu'une religion préchée par de tels missionnaires ne |)ouvait man([uer de mener en j)a radis. »

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