‹ Les Charmettes et les portraits de Mme de WarensChapitre 2 sur 4 · LES PORTRAITS DE MADAME DE WARENS · texte numérisé non relu

LES PORTRAITS DE MADAME DE WARENS

portrait de Boston n'est pas signé : il porterait seulement, au dos de la toile, le nom de Largillière.Ce fait ne prouve rien contre l'authenticité, car ce peintre avait coutume de signer ainsi ses ouvrages.

Le catalogue du musée do Lausanne, par Lniile Bonjour', porte, à la page 21 : « (N* 152) — Auteur inconnu. Portrait de M°" de ^Va^ens. Donné par M. E. de Crousaz ; c'est le seul portrait aullienlique que l'on possède de ^I""" de Warens. Il est dans le goût du temps. Au premier abord, il déconcertera les lecl-iurs des Confessions. Est-ce bien là la femme que J.-J. Rousseau a tant aimée, et dont il a fait une description si attendrie ? Elle avait de ces beautés qui se conservent pane qu'elles sont plus dans la physionomie que dans les traits : un air caressant et tendre, un regard très doux, un sourire angéliipie, des cheveux cendrés d'une beauté peu commune, et auxquels elle donnait un tour négligé qui la rendait très piquante. Il était impossible de voir une plus belle tète, un plus beau sein, de plus belles mains et de plus beaux bras.

Il l^n comparant les deux portraits, celui du peintre et celui de l'écrivain, on conviendra que l'écrivain a plus embelli son .modèle que le peintre, et qu'il l'a paré de grâces que l'artiste n'a pas su voir ou pas su rendre. Ce portrait est attribué à Largillière. C'est, en tout cas. un document précieux souvent reproduit par la gravure. »

Le donateur, M. de Crouzas, en avait hérité de sa grand'mère, M"' de Monlholieu, contemporaine de M"' de Warens. La provenance du tableau milite en faveur de son identité avec le modèle: mais, en ce qui conceine l'auteur, il en est autii meut : on ne peut attribuer à Largillière une facture aussi lâchée et la mollesse des empâtements de la face.

Feu sir Samuel llammond Russell, à Boston, possédait, depuis 1802, le second |)orlrail <le M"*" de Warens, celui-là de Largillière. Il l'avait acheté d'im .MIemand, .M. Theiss, professeur à l'I niversité l!ar\vard,de (ianibridge, aux Etals-lnis; il n'en apprit la valeur hisloriqjie qu'en visitant le musée Arlaud, de Lausanne, où il reconnut dans le portrait de M""^ de Warens le modèle de son Largillière. La ressemblance entre les deux portraits est évidente; un examen, mémo superficii'l, permet de s'en rendre compte; si ce n'est pas la même facture, c'est certainement la même ligure, mais îi des âges différents.

Le savant et t'rudil Pavoisien, M. .Mugnier. précité, doute do

Page 1