LES PORTRAITS
demi -voilée, a abondante et flottante ; » les cheveux rebelles et ondoyant jusque sur ce cou mouflu où s’imprimaient, par les lèvres, les premières éloquences de Jean-Jacques.
Mais pourquoi avoir mis en face de madame de Warens en Omphale et en Armide cet abominable portrait du Jean- Jacques de la rue Plâtrière, quand il ne buvait plus que les ivresses d’antichambre et de cuisine que lui servait Thérèse Levasseur? Et encore si ce portrait n’était pas si mal peint ! On ne trouverait pas un peintre d’enseignes qui ne refusât de le signer *.
* Le peintre, comme l’a fort bien remarqué le propriétaire des Charmettes, a commis un de ces anachronismes familiers aux meilleurs pinceaux. Il a présenté Rousseau travaillant au Contrat social, et il a peint deux volumes de l’Émile sur des tablettes. Émile n’a paru qu'après le Contrat social.
M. de Lacretelle avait écrit au bas de ce portrait : « Devant Rousseau, l’histoire perd son impassibilité, et, tour à tour, elle l'admire ou le plaint, le bénit ou l’accuse. »