‹ Les Charmettes; Jean-Jacques Rousseau et Madame de WarensChapitre 21 sur 91 · LETTRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LETTRE QUATRIÈME

Chambéry, mai 1746.

Voilà deux jours que je ne vous ai écrit, et demain je pars pour Venise. Hélas! mon ami, je voudrais retarder ce départ, et je voudrais n’être jamais allé aux Charmettes! ou plutôt que ne puisje y passer ma vie !

« Vous êtes donc fou , ou heureux dans vos amours? » allez-vous me demander. Ni l’un ni l’autre, cher Altuna, et je ne sais de quoi je dois plus me plaindre , ou de n’être pas fou , ou de n’être pas heureux. Ecoutez plutôt le récit des

événements de ces deux jours passés. Mais je

vous ai promis un concert , il faut d’abord vous le donner.

Il y a une dizaine d’années, madame de Warens avait de la voix et chantait bien en s’accompagnant au clavecin. Aujourd’hui la voix est un peu perdue; mais le talent de la musicienne a grandi. Par amour pour Petit, l’inventeur actuel de la musique chiffrée, on organisa chez elle , il y a dix ans , un petit concert chaque soir. Petit n’avait encore rien inventé , et sa passion pour la musique était plus grande que sa science ; mais les petits concerts n’en étaient pas moins charmants. Depuis, on a dû les réduire à deux par semaine ; les pauvres concertants se font vieux , la plupart suivent la fortune de madame de Warens, laquelle, comme je vous l’ai dit, ne va plus qu’en décroissant. Mais malgré leur vieillesse , leur misère , leur isolement dans le monde de Chambéry, tous les membres de cette petite société sont animés de cette gaieté, de cette bonne humeur invincible , de cette sérénité des cœurs honnêtes, dont madame de Warens leur donne l’exemple depuis tant d’années. Qu’il y a loin , mon ami , de ce petit cercle d’inoffensifs musiciens amateurs à ces pompeuses réunions qui font tant de bruit à Paris, et oh l’on se trouve si isolé!

Ici, au bout de dix minutes d’entretien, on se sent l’ami de toutes ces bonnes gens , et ce qu’il y a de plus doux, on s’en sent aimé.

Hier, j’ai assisté pour la deuxième fois à cette petite réunion; je connais maintenant sur le doigt tous ceux qui font partie de ces concerts , que les profanes de Chambéry accablent de brocards, et je puis vous en parler avec quelque connaissance. Rien de plus facile à pénétrer du premier coup que ces aimables caractères, qui ne sont que bonhomie, naïveté et sensibilité.

Je remarquai d’abord une petite flûte qui est bien la plus amusante figure de tout le cercle. Cette petite flûte se nomme M. le juge-mage Simon. Il y a bien douze ans qu’elle vient invariablement faire sa partie dans le concert institué par notre ami Rousseau.

M. Simon est un homme de trois pieds trois pouces, avec une tête de Goliath. Ce qu’il y a de plus plaisant en lui, c’est qu’il possède deux voix : la voix de sa tête, qui est grosse , et la voix de sa poitrine , qui est taillée sur le modèle des marionnettes de la foire. Quand M. le juge-mage vous dit bonjour, vous entendez une voix de tonnerre qui vous trouble : mais s’il entame une conversation un

peu animée, vous êtes tout ahuri d’entendre l’une après l’autre, et quelquefois ensemble, la voix d’un Stentor et la voix d’un pantin. Quand il s’échauffe par trop, la voix de pantin seule continue de crier en fausset, ce qui forme le contraste le plus risible avec ses gros yeux et ses grosses bajoues. On a toujours envie de le démonter pour voir comment sont fabriqués les deux instruments dont il joue. Au reste, galant, chevaleresque avec les dames, beau parleur, la bouche toujours pleine de petits vers à Chloris, M. le juge-mage est le joujou favori du beau sexe. On prétend qu’il réussit toujours auprès des femmes; mais on se dit tout bas que la plus grande faveur qu’il recherche est de baiser le genou de ses déesses.

J’ai retrouvé ici le père Caton, que nous’ avons entrevu à Paris, chez le marquis d’Antremont, quand il était ambassadeur de Sardaigne. C’était le temps où nous commencions la diplomatie. Vous vous rappelez ce grand cordelier, dont les beaux cheveux noirs faisaient si galamment le crochet sur les tempes? Hélas ! le beau bachelier de Sorbonne est bien changé. 11 est venu ici; c’était, si vous vous en souvenez, un galant homme, aimable, parlant bien, se tenant comme un vrai gentilhomme,

cultivant de préférence tous ces petits talents qui rendent un homme, même un moine, aimable dans le monde. 11 a fait d’abord rapidement son chemin à Chambéry. Bien reçu à l’évêché, chez madame de Warens et chez deux ou trois personnes d’esprit et de distinction , il fut nommé définiteur de sa province; mais toute la gent crasseuse des moines ne lui pardonna jamais ni ses succès, ni sa belle tenue, ni ses talents, qui étaient pour eux de vivants reproches de leur ignorance et de leur crapule. Les chefs de l’ordre eux-mêmes furent jaloux de lui ; on l’a persécuté , on lui a retiré son titre, on le tracasse sur ses goûts et ses fréquentations mondaines. Bref, le beau pcre Caton m’a paru vieilli, grisonnant, amaigri, le spectre de ce fringant cordelier qui débitait si galamment ses sonnets et ses épigrammes. Cependant quand il vient souper chez madame de Warens , car il y soupe tous les soirs de concert, il retrouve encore sa gaieté , sa malice , sa vivacité , son bel entrain d’autrefois. Vous savez qu’il joue du clavecin comme Rameau.

Parmi les autres concertants, je citerai en première ligne un vieux maître à danser, qu’on appelle M. Roche, et son fils, qui jouent tous deux du

violon. Le maître à danser me rappelle toujours la figure étonnée et prétentieuse de M. Jourdain. Il parle par paraboles et par aphorismes ; il a un luxe inouï de comparaisons prises à l’art du danseur et à l’art du musicien ; il vous dit sans sourciller : « Cette dame a la physionomie austère du menuet, mais ses yeux lancent des si bémols qui disent bien des choses ; — il n’y a pire eau que celle qui dort ! — le ton d’une physionomie ne peut être connu si on n’a pas la clef de la personne; » — et mille autres balivernes de cette force.

Son fils est musicien à la chapelle de l’évêque ; il deviendra maître de chapelle, mais il n’ira jamais au delà des portes de l’évêché. Son père l’a rendu idiot. On dirait qu’il va danser quand il prend son violon, et qu’il va faire un sermon quand il s’assoit au clavecin; mais il a une belle voix, et possède l’art de parler peu et de chanter souvent. Tout le monde, et lui tout le premier, y gagne beaucoup.

Il y a ensuite l’abbé Palais , un brave homme d’abbé qui rit comme un taureau, qui boit comme chantre à jeun, toujours gai , servant souvent de plastron, ne se fâchant jamais, ayant quelquefois de fines répliques, et qui se jetterait au feu pour

le père Caton, dont il est le plus intime confident.

Je passe sous silence deux jeunes violoncellistes, dont l’un est un fils de famille, et l’autre un employé de je ne sais plus quelle administration. Il faut la prudence et l’autorité de madame deWarens pour les faire jouer juste ensemble, car ils se détestent cordialement, tous deux ont des vues sur Louise, et ils ont à peine à eux deux l’âge de leur Hélène. Du reste, bons enfants, vifs, alertes, gais, railleurs, sachant la bonne compagnie, et finissant par rire les premiers de leurs bouderies, de leurs rébellions, ou de leurs querelles.

Il est inutile, mon ami, de vous dire que, les jours de concert, madame de Warens est souvent la seule femme qui soit dans son salon.

Merceret, qui est encore un joli brin de fille de trente-huit ans, et la vieille servante qui m’a introduit dans la salle des conférences, viennent quelquefois montrer le bout de leurs oreilles. Elles ont une manière d’applaudir qui excite invariablement l’hilarité générale. Aussi, quand la conversation tourne par hasard à la mélancolie, ce qui arrive quand on parle du

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temps passé ou des dettes présentes, madame de Warens se lève, va au clavecin et dit au père Caton :

« Chantons un duo pour faire venir les grimaces « deMerceret et la moue dePerrine. »

On chante le duo : le père Caton et madame de Warens chantent ensemble comme deux séraphins, dont la voix serait un peu fatiguée. Bientôt on voit la porte du salon s’ouvrir : Merceret arrive sur la pointe des pieds, en roulant ses yeux et en se pinçant les lèvres pour ne pas crier d’admiration ; Perrine la suit, allongeant les lèvres comme un vieux renard qui flaire un fromage. Quand le duo des deux musiciens finit, commence alors un autre duo entre les deux servantes. Merceret trépigne et crie avec des sanglots : ah ! madame!... ah ! monsieur le définiteur !.. .(Elle appelle toujours ainsi le père Caton, pour le flatter.) De son côté Perrine larmoie et grogne en basse-contre: ah! monsieur!... ah! madame! On éclate de rire , et la gaieté renaît dans le petit cercle, troublé un moment auparavant par les plus sérieuses causes de tristesse. Les deux servantes se consolent de l’effet qu’elles produisent, et auquel elles sont habituées, en buvant une tasse de café que leur verse madame

de Warens en les gourmandant doucement sur leur indiscrétion.

Je suis sûr, mon cher Altmia, que vous souriez à la description de ce petit intérieur, si calme, si doux, si sage, mais je vous entends me demander ce que fait pendant les concerts M. de Courtilles, le maître occulte de la maison. Mon Dieu! M. de Courtilles n’oublie pas toujours de paraître au salon pendant ces soirées-là. Le plus souvent, il s’occupe au laboratoire à manipuler quelques drogues. Il ne dédaigne pas de scier du bois. Qnand il s’arme de sa scie, on dirait, à voir son geste fier et assuré, Jupiter Tonnant s’armant de ses foudres. Le bois est rare et cher ici. On coupe pour lui complaire de pauvres arbres qui voudraient pousser plus haut et plus bas. On a touché au petit bois de châtaigniers, un vrai sacrilège, je suis convaincu qu’il fera abattre les platanes pour se donner le plaisir de les scier. Après le sciage, sa plus grande passion est de fabriquer des pommades; en cela je reconnais l’ancien perruquier ; mais, pour Dieu, dites-moioù il a pris sa manie de scier du bois !

On se lève ici de bonne heure ; aussitôt après le lever, madame de Warens se rend à son labora-

toire : c’est une petite pièce attenante à sa chambre à coucher ; on en ferait, à Paris, un cabinet de toilette ou une chambre d’enfant. Louise n’ayant pas d’enfant, et ne donnant aux soins de la toilette qu’une légère attention, elle a fait de cette pièce la plus importante, après le salon, des chambres de sa maison. Là sont des fourneaux, des cornues, des alambics , des monceaux d’herbes sèches et vertes, des files de sacs étiquetés où sont renfermées mille précieuses graines. Là se trouve une armée de petites fioles, de pots à pommades et à confitures, de bouteilles à liqueurs fines et de topettes à sirops. C’est toute une pharmacie, toute une boutique de parfumerie, d’épicerie, de droguerie et de liqueurs.

Après avoir passé quelques heures dans ces chères occupations de distillerie et d'alchimie, à chercher des panacées, des baumes, des teintures, des cérats, des opiats, que sais-je? peut-être la panacée universelle ! madame de Warens se rend à la salle basse, où l’attendent chaque jour sept ou huit personnes. Là, c’est une abondante distribution, sinon d’argent, de médicaments, de conseils et de consolations. Là viennent aussi les gens à secrets, les inventeurs de remèdes héroïques, les

guérisseurs de la rage, de la goutte, de la lèpre, de toutes les maladies réputées incurables. Ce ne sont pas ceux-là cpii puisent le moins dans la bourse de la pauvre femme. Il vient aussi des inventeurs de machines pour labourer, pour semer, herser, faucher, faner; des possesseurs de recettes pour avoir du blé en semant de l’ivraie, de l’œillette en semant du chènevis, ou des carottes en semant des navets. Tout le monde connaît madame de Warens pour la plus entreprenante et la plus crédule des femmes ; on sait ses visées en médecine, en agriculture, en commerce même, et tous les bons larrons qui trouvent une idée ayant quelque apparence de nouveauté et d’exploitation productive, se hâtent de venir l’escroquer et lui soutirer le meilleur et plus clair de son bien, c’est-à-dire de sa pauvre pension qui n’en peut mais.

La chère dame est persuadée que l’on n’est au monde que pour faire le bien, et comme le bien ne peut se faire grandement sans fortune , elle en conclut que la recherche industrieuse d’une fortune honnêtement gagnée est le premier des devoirs qu’on ait à remplir.

Il faut dire encore que ce n’est pas seulement le raisonnement qui la pousse à cette recherche infa-

tigable, mais bien aussi le tempérament et la nécessité. — La nécessité d’abord, car elle aime à donner, elle donne sans compter, et comme ses moyens sont des plus minces, elle est sans cesse endettée. Ces dettes sont le plus grand tourment de son cœur ; elle vendrait son corps au diable, si elle pouvait ainsi payer ses dettes et ne pas perdre son âme. Son tempérament enfin l’a jetée au plus profond de ses combinaisons de fortune, car elle est sensuelle et ne veut pas l’être. Elle n’est ni vaine, ni sotte, ni curieuse, ni coquette, ni envieuse comme la plupart des femmes. Ce ne sont pas les plaisirs des sens qu’elle recherche, pas plus qu’elle n’attache d’importance à la toilette, à la beauté, au luxe. Toutes les petites choses pour lesquelles vivent nos Parisiennes lui sont à peine connues de nom. Elle se soucie bien d’être plus parée que son amie ! ou mieux logée que cette autre , ou d’écraser par son équipage doré la carriole d’osier de celle-ci, ou de donner des bals qui fassent mourir d’envie celle-là ! madame de Warens est un homme au-dessus de toutes ces petitesses. Elle veut être riche pour payer ses dettes, pour faire des heureux en donnant tout. Elle court après la richesse, parce que son esprit actif, entreprenant,

veut des entreprises à diriger , des affaires et de grandes affaires à gouverner. Si elle avait eu un grain de coquetterie, ou d’ambition, elle serait devenue la maîtresse de Victor-Amédée et elle aurait gouverné le Piémont ! C’est une Catherine qui a la sensibilité d’un ange, l’imprévoyance d’un enfant, et qui a trop de dédain pour les vanités du monde. Aussi restera-t-elle toujours la pauvre madame de Warens, et mourra-t-elle misérable à force d’illogisme, d'imprévoyance, de candeur, de rêveries creuses et de volontés mal dirigées.

Je reviens à l’emploi de sa journée. Après la séance de la salle basse, vient le déjeuner, qui dure une bonne heure, à cause de cette difficulté qu’elle a de se mettre à manger, dont je vous ai déjà entretenu. Puis elle retourne à son laboratoire et reste bravement au feu jusqu’à l’heure du dîner. Après le dîner, elle brode, fait de la tapisserie, s’occupe des affaires du ménage, lit ou se met à son clavecin. Puis viennent les visites du soir , le souper, et le concert quand c’est jour de concert. Vers onze heures du soir elle rentre dans sa chambre, s’entretient avec de Courtilles, ou avec quelques amis, comme le père Caton, le père Hémet, jésuite,

qui est son confesseur, ou M. Salomon, son médecin. Elle discute théologie avec les premiers, ou du système cartésien avec le dernier. Elle se couche rarement avant une heure ou deux, et elle se lève h l’heure où nos petites maîtresses parisiennes reviennent des bals de l’Opéra. Si cette femme avait eu, pour la diriger, un esprit bien trempé, avec une pareille activité et l’intelligence qu’elle dépense en menue monnaie, n’est-il pas évident qu’elle eût fait de grandes choses?

2 heures du matin.

Mon cher Altuua , je sors de la chambre de madame de Warens; je me suis assez longuement complu à vous dire le caractère et les habitudes de cette femme, si peu semblable aux autres femmes, mais je m’aperçois en relisant ma lettre que je n'ai pas réussi à vous la présenter telle qu’elle est. Je viens de passer quatre heures auprès d’elle. C’est la troisième fois que cela m’arrive. Nous causons de tout avec la franchise de deux hommes qui veulent apprendre à se connaître. Nous avons discuté les mérites de Puffendorf ; nous avons critiqué Saint- Évremond, qu’elle aime beaucoup, et Bayle qui est

son prophète. Nous avons loué la Henriade et chicané sur Descartes. Elle cause de ces matières sans emphase, sans pédanterie, et toujours avec ce petit ton d’amicale gaieté qui donne à sa conversation un charme des plus vifs. Puis, je ne sais comment, je l’ai entreprise sur ses illogismes : j’ai placé sa vie de philosophe en regard de sa vie de catholique fervente. Il est impossible de vous répéter des choses incroyables qu’elle m’a dites, pour m’expliquer pourquoi elle allait à la messe le dimanche, sans croire que ce soit un mal de n’y pas aller; pourquoi elle se confessait sans avoir la résolution de changer sa vie. Elle en est venue à m’expliquer comment pour elle l’amour n’existait pas, et pourquoi elle croyait quelquefois utile de jouer à l’amour. J’en suis encore atterré.

Comme elle était vêtue pour l’amour de Dieu, c’est-à-dire d’une cornette posée un peu de travers et d’une robe de nuit légèrement entr’ ouverte, comme elle était plus fraîche, plus féminine, plus provocante que jamais, je suis tombé à ses genoux :

— Louise, lui ai-je dit en lui prenant les mains, et en les baisant jusqu'au milieu des bras, je vous en conjure, faites semblant de m’aimer, ne fût-ce que ce soir!

LES CHARMEITES.

Elle parut très-troublée de mon action.

— Non, dit-elle en me repoussant avec force, je ne veux pas d’un amour sans lendemain.

— Mais demain, m’écriais-je en reprenant ses mains, je vous aimerai plus encore qu’aujourd’hui.

J’ajoutai mille tendres propos qu’elle n écouta pas.

— Je vous en prie, me disait-elle, cessez ce jeu qui ne convient pas à l’ami de Jean-Jacques.

Je persistai, elle fut inexorable; je viens de rentrer chez moi tout désorienté. Cette femme, qui paraît si facile, a des moments de vertu qui feraient rougir une Lucrèce. Je me perds en réflexions, et ne puis plus tenir la plume.

J’ai baisé son cou et ses cheveux ; ah ! comme elle sent bon! mais j’ai respiré du feu, je brûle et je suis ivre.

De Carrio.

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