‹ Les Charmettes; Jean-Jacques Rousseau et Madame de WarensChapitre 24 sur 91 · LES RELIQUES. LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

LES RELIQUES. LA RÉVOLUTION

AUX CIIA RMETTES.

La jardinière trouva que je m’attardais trop aux papiers. Ses vaches mugissaient à l’étable, son coq la suivait avec inquiétude. Elle m’appela dans le salon, en me criant : « Voici la montre de M. Rousseau ! » Et elle me présenta une grosse machine du temps de Louis XIV, qui ne marquait plus l’heure depuis plus d’un siècle. Tl y a Jean Rousseau sur le cadran ; c’est sans doute un objet d’art travaillé par un des aïeux de Jean- Jacques et apporté depuis au musée des Charmettes où j’imagine que Jean-Jacques n’avait pas laissé sa montre. Quoi qu’il en soit, une lettre est la de sir William*** qui offre cent livres sterling de ce bijou.

Jean-Jacques n’avait pas une passion pour les montres. Tl n’en portait jamais et on n’eut pas, comme à Beaumarchais, l’occasion de lui demander : « Monsieur, le bijou que vous portez là est-il de M. votre père? »

Rousseau juge de Jean-Jacques parle ainsi de sa dernière montre. :

« Le travail ne lui coûte rien, pourvu qu’il le fasse à son heure, et non pas à celle d’autrui. Il porte sans gêne le joug de la nécessité des choses, mais non celui de la volonté des hommes. Il aimera mieux faire une tâche double en prenant son temps qu’une simple au moment prescrit. A-t-il une affaire, une visite, un voyage â faire, il ira sur-le-champ, si rien ne le presse; s’il faut aller à l’instant, il regimbera. Le moment où, renonçant à tout projet de fortune pour vivre au jour la journée, il se défit de sa montre, fut un des plus doux de sa vie. « Grâces au ciel, s’écria-t-il dans un « transport de joie, je n’aurai plus besoin de savoir « l’heure qu’il est ! »

Le clavecin que j’avais aperçu en entrant m’attirait plus que la montre. Pour celui-là, il est authentique. Il a bien sa date, son caractère, sa physionomie. J’y voyais Rousseau « en pet-en-

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