A M. FAVRE
9 Vous trouverez bon, monsieur, que n’attendant plus ni réponse, ni satisfaction de M. et de madame de Sourgel, je prenne le parti de vous écrire à vous-même. Je l’aurais fait plus tôt si j’avais été instruite de votre mérite, et de ce que vous étiez véritablement, et que je n’eusse pas été prévenue par eux que vous étiez leur homme d’affaires. Je ne doute point que galant homme et homme de mérite, comme je vous crois et comme M. Berthier vous représente à moi, vous ne prissiez mes
* Madame de Warens avait recueilli dans la plu* tendre hospitalité M. et madame de Sourgel, qui la payèrent en publiant sa manière de vivre avec Jean-Jacques. On connaît la lettre indignée de Jean-Jacques. Voici celle de madame de Warens.
intérêts avec clialeur, si vous étiez instruit de ce qui s’est passé entre eux et moi, et des circonstances dont toute cette affaire a été accompagnée; mais sans entrer dans un long détail, je me contente d’en appeler à leur conscience. Ils savent combien je me suis i incommodée pour les tirer de l’embarras le plus pressant, et pour leur éviter bien des affronts ; ils savent que l’argent que je leur ai prêté, je l’ai emprunté, moi-même à des conditions exorbitantes; ils savent encore la rareté excessive de l’argent en ce pays-ci, qui rend cette petite somme plus précieuse, par rapport à moi, que sept ou huit fois autant ne le saurait être pour eux. En vérité, monsieur, je suis bien embarrassée après tout cela, de savoir quel nom donner à leur indifférence: j’aurai bien de la peine cependant à me mettre en tête qu’ils fassent métier de faire des dupes.
« J’en étais ici quand je viens de recevoir copie de l’impertinente lettre que vous a écrite madame de Sourgel. Il semble qu’elle a affecté d’y entasser toutes les marques d’un méchant caractère. Je n’ai garde, monsieur, de tourner contre elle ses propres armes; je suis peu accoutumée à un semblable style, et je me contenterai de répondre à ses
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malignes insinuations par un court exposé des faits.
J’ai vu ici un monsieur et une dame avec leur famille, qui se donnaient pour imprimeurs sous le nom de Thibol, et qui, sur la fin, ont jugé à propos de prendre celui de Sourgel et le rang de gens de qualité, je n’ai jamais su précisément ce qui en était. Ce qu’il y a de très-certain, c’est que je n’en ai eu de preuve, ni même d’indice que leur parole. Ils ont paru dans un fort triste équipage, chargés de dettes, sans un sou; et comme j’ai fait une espèce de liaison avec la femme, qui venait quelquefois chez moi, et à qui j’avais été assez heureuse pour rendre quelques services, ils se sont présentés à moi pour implorer mon secours, me priant de leur faire quelques avances qui pussent les mettre en état d’acquitter leurs dettes et de se rendre à Paris. Il fallait bien qu’ils n’eussent pas entendu dire alors que je fusse si avidement intéressée, et que je me mêlasse de vendre le faux pour le fin, puisqu’ils se sont adressés à moi, préférablement à tout ce qu’il y a d’honnêtes gens ici. En effet, je suis la seule personne qui ai daigné les regarder, et j’ose bien attester que, de la manière qu’ils s’y étaient montrés, ils auraient très-vainement fait
d'autres tentatives. Je crois qu’ils n’ont pas eu lieu d’être mécontents de la façon dont je me suis livrée à eux. Je l’ai fait, j'ose le dire, de bonne grâce et noblement. N’ayant pas comptant l’argent dont ils avaient besoin, je l’ai emprunté, avec la peine qu’ils savent, et à gros intérêts, quoique j’eusse pris un terme très-court, parce qu’ils promettaient de me payer d’abord à leur arrivée à Paris. Vous voyez cependant, monsieur, par toutes mes lettres, que je ne me suis jamais avisée de leur rien demander de cet intérêt; et je réitère encore que je leur en fais présent fort volontiers; trèscontente s’ils voulaient bien ne pas me chicaner sur le capital.
« Je me suis donc intéressée pour eux, non-seulement sans les connaître, ni eux, ni personne qui les connût, mais même sans être assurée de leur véritable nom. J’ai sollicité pour eux; j’ai apaisé leurs créanciers ; j ’ai mis le mari en état de se garantir d’être arrêté, et de se rendre à Lyon avec son fils; j’ai donné à la femme et à la fille asile dans ma maison, je leur ai permis d’y retirer leure effets, j’ai assigné mes quartiers en trésoriers pour le payement de leurs créanciers, enfin j’ai prêté à la femme et à la fille tout l’argent néces-
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saire pour faire leur route honorablement, elles et leur famille. Depuis ce temps, je n’ai cessé d’etre accablée de leurs créanciers qu’ après l’entier payement : car je respecte trop mes engagements pour manquer à ma parole.
« Quant aux effets qu’ils ont laissés chez moi, je vous ferai quartier du catalogue. Les expressions magnifiques de madame de Sourgel ne leur donneront pas plus de valeur qu’ils n’en avaient, quand elle délibéra si elle ne les abandonnerait pas avec son logement, de quoi je la détournai, espérant qu’elle en pourrait toujours tirer quelque chose : mais bien loin de songer à en faire mon profit, j’en fis un inventaire exact et je lui promis de tâcher de les vendre; mais ensuite, ayant fait réflexion qu’il n’y aurait pas de l’honneur à moi d’exposer en vente de pareilles bagatelles, je m’étais déterminée à les payer plutôt au delà de leur valeur : car il s’en faudrait bien que je n’eusse retiré du tout les 30 livres que j’en ai offert, et qui certainement vont au delà de tout ce qu’ils peuvent valoir.
« Mais que cette dame ne s’inquiète point. Scs
meubles sont tous ici, tels qu’elle les a laissés; et
je cherche si peu à me les approprier à mon profit,
que je proteste hautement que je n’en veux plus en aucune façon, et je ne m’en mêlerai que pour les rendre sous quittance à ceux qui me les demanderont de sa part, après toutefois que j’aurai été payée en entier ; faute de quoi je ne manquerai point de les faire vendre à l’enchère publique sous son nom et à ses frais, et l’on connoîtra par les sommes qu’elle en retirera le véritable prix de toutes ces belles choses. Pour le collier, les boucles et les manches, ils sont depuis très-longtems entre les mains de M. Berthier, qui est prêt à les restituer en recevant son dû, comme j’en ai donné avis plus d’une fois à madame de Sourgel.
« Je crois, monsieur, que si je mettois en ligne de compte les menus frais que j’ai faits pour toute cette famille, les intérêts de mon argent, les embarras, la difficulté de faire mes affaires de si loin, les ports de lettres dont la sonime n’est pas petite; la reconnoissance que je dois à M. Berthier qui a bien voulu prendre en main mes intérêts, et pardessus tout cele les mauvais pas où je me trouve engagée par le retard du payement, il y a fort apparence que le prix des meubles seroit assez bien payé; mais ces détails de minutie sont, je vous assure, au-dessous de moi; et puis il est juste qu’il
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m’en coûte quelque chose pour le plaisir que j’ai eu d’ohliger.
« A l’égard des présens, il seroit à souhaiter pour madame de Sourgel qu’elle m’en eût offert de beaux : car n’étant pas accoutumée d’en recevoir des gens que je ne connois point, et principalement de ceux qui ont besoin des miens et de moi-même, elle auroit aujourd’hui le plaisir de les retrouver avec tous ses meubles.il est vrai qu’elle eut la politesse de me présenter une petite cave à tabac de noyer, doublée de plomb, laquelle me paroissant de très-petite considération et fort chétive, je crus pouvoir et devoir même l’agréer sans conséquence, d’autant plus que ne faisant nul usage de tabac, on ne pouvoit guère m’accuser d’avarice dans l’acceptation d’un tel présent ; elle est aussi dans le garde-meuble. Mais ce qu’elle a oublié, cette dame, c’est une petite croix de bois, incrustée de nacre, que j’ai mise au lieu le plus apparent de ma chambre, pour vérifier la prophétie de mademoiselle de Sourgel, qui me dit en me la présentant, que toutes les fois que j’y jetterois les yeux je ne manquerois point de dire : voilà ma croix.
« Au reste, je doute bien fort d’être en arrière de présens avec madame de Sourgel, quoiqu’elle
méprise si fort les miens. Mais ce n’est point à moi de rappeler ces choses-là, ma coutume étant de les oublier dès qu’elles sont faites. Je ne demande pas non plus qu’elle me paye sa pension pour quelques jours qu’elle a demeuré chez moi avec sa bellefille ; elle en sait assez les motifs et la raison ; je consens cependant volontiers qu’elle jette tout sur le compte de l’amitié, quoique la compassion y eût bonne part.
« Pour le collier de grenats, il est juste de le reprendre s’il n’accommode pas madame de Sourgel; elle auroit pu se servir d’expressions plus décentes à cet égard ; elle sait à merveille que je n’ai point cherché à lui en imposer; je lui ai vendu ce collier pour ce qu’il étoit et sur le même pied qu’il m’a été vendu par une dame de mérite, laquelle je me garderai bien de régaler d’un compliment semblable à celui de madame de Sourgel. J’ose espérer que ses basses insinuations ne trouveront pas beaucoup de prise, où mon nom a seulement l’honneur d’être connu.
« Madame de Sourgel m’accuse d’en agir mal avec elle. Est-ce en mal agir que d’attendre près de deux ans un argent prêté dans une telle occasion ? Ne m’avoit-elle pas promis restitution dès Fin—
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stant de son arrivée? Ne l’ai-je pas priée en grâce plusieurs fois de vouloir me payer, du moins par faveur, en considération des embarras où mes avances m’ont jetée ? Ne lui ai-je pas écrit nombre de lettres pleines de cordialité et de politesses, que lui peignant l’état des choses au naturel, auroient dû lui faire tirer de l’argent des pierres plutôt que de rester en arrière à cet égard? Ne l’ai-je pas avertie etfait avertir plusieurs fois en dernier lieu, de la nécessité oii ses retards m’alloient jeter, de recourir aux protections pour me faire payer? Quel si grand mal lui ai -je donc fait? Personne ne le sait mieux que vous, monsieur ; assurément, s’il doit retomber de la honte sur une de nous deux, ce n’est pas à moi de la supporter.
« Voilà, monsieur, ce que j’avois à répondre aux invectives de cette dame. Je ne me pique pas d’accompagner mes phrases de tours malins, ni de fausses accusations, mais je me pique d'avoir pour témoin de ce que j’avance toutes les personnes qui me connoissent, toutes celles qui ont connu ici M. et madame de Sourgel, et meme tout Chambéry. Je ne me hâte pas de rassembler des témoignages peu favorables à eux, et de m'exposer par là à la moquerie des plaisans, qui m’ont raillée
de ma sotte crédulité, et des censeurs qui ont blâmé ma conduite peu prudente. Je suis mortifiée, monsieur, qu’on vous donne une fonction aussi indigne de vous, que de servir de correspondant à de si désagréables affaires. 11 ne tiendra pas à moi qu’on ne vous débarrasse d’un pareil emploi, et madame de Sourgel peut prendre désormais les choses comme il lui plaira, sans craindre que je me mette en frais de répondre davantage à ses injures. Je crois qu’il ne sera pas douteux, parmi les honnêtes gens, sur qui d’elle ou de moi tombera le déshonneur de toute cette affaire. »
On voit qu’au xvm c siècle comme aujourd’hui, en Savoie comme à Paris , l’ingratitude était la menue monnaie du bienfait. On prouvait déjà qu’on cultivait l’indépendance du cœur.
Digitizi
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Le jardin, le berceau, la treille, la vigne, le verger, la prairie, la ferme, les rustiques , — tout a gardé la physionomie d’autrefois. Tout cela semble âgé de plus de cent ans. Sans doute des arbres ont disparu. Cette allée de platanes qui conduit au verger, ces vinaigriers, cette glycine, ces églantiers que je vois devant la maison sont trop jeunes pour me faire illusion, mais ils n’ont rien changé à l’aspect et ils s’harmonisent dans le tableau ancien comme ces nouveaux venus dans la famille qui donnent plus de relief encore aux cheveux blancs des aïeux. Et d’ailleurs les Charmettes ne sont toujours les Charmettes que parce qu’elles re-
prennent tous les ans, pour masquer leur physionomie séculaire, l’éternelle jeunesse du renouveau : la nature sourit sur la mort et parle d’amour aux vivants.
Ce qui manque au tableau, ce sont les pigeons et les abeilles. Je m’obstinais à chercher les pigeons sur le toit ou sur les épaules de Jean-Jacques.
On devrait nourrir des pigeons aux Charmettes * en souvenir de ceux de Jean-Jacques, comme on fait à Venise en souvenir de la République. Et les ruches, pourquoi ne pas les rebâtir? « J’avais une petite famille au bout du jardin : c’étaient des abeilles ! Je ne manquais guère, et souvent maman avec moi, d’aller leur rendre visite. Je m’intéressais vivement à leur ouvrage ; je m’amusais infiniment à les voir revenir de la picorée, leurs petites cuisses quelquefois si chargées qu’elles avaient peine à marcher. Les premiers jours, la curiosité me rendit indiscret, et elles me piquèrent deux ou trois fois; mais, ensuite, nous fîmes si bien connaissance, que, quelque près que je vinsse, elles me laissaient faire , et quelque pleines que fussent les ruches prêtes à jeter leur essaim. J’en étais quelquefois entouré; j’en avais sur les mains , sur le visage, sans qu’aucune me piquât jamais. » Vif
et charmant tableau que je voyais çà et là (levant moi en traversant le verger.
Les pigeons de Jean-Jacques me rappellent qu’il émiettait le pain amer deM. de Montaiguaux pigeons de Venise.
Les pauvres pigeons de Saint-Marc! Si vous vous trouvez bien aux Charmettes, je vais vous dire leur histoire : il me semble que Jean-Jacques écoutera.
Dans l’ancienne république de Venise , il y avait deux républiques : celle des Vénitiens et celle des pigeons. Ce peuple de navigateurs, qui avait bâti sa capitale en pleine mer, aimait les pigeons, non pas précisément pour les mettre en crapaudine, comme nous les aimons en France, mais parce qu’ils lui rappelaient la colombe de l’Arche. Les pigeons de Venise allaient s’abattre familièrement sur tous les navires qui approchaient du Lido, au retour d’un long voyage. En voyant les pigeons, les Vénitiens saluaient déjà Venise; comme je salue de loin la France quand la Presse déploie ses ailes de feu au café Florian.
Quelques Vénitiens, plus poétiques, emportaient des pigeons de Venise comme un souvenir vivant delà patrie absente, mais surtout pour en faire les
messagers de leur amour. Les pigeons étaient souvent lâchés à mille lieues de Venise pour porter la bonne nouvelle à quelque femme ou maîtresse aimée. Le pigeon arrivait bientôt à pleines voiles avec un ruban aux couleurs de Venise. C’était le signe d’amour et de joie. Mais plus d’une fois aussi le pigeon s’en revenait avec une aile blessée, parce qu’il rapportait un signe de deuil. Ce jour-là, on l’avait lâché aux angoisses d’un naufrage ; il avait reçu le dernier baiser et il le donnait au retour; car toutes celles qui attendaient, patriciennes ou filles du peuple, allaient tous les jours interroger les pigeons de la place Saint-Marc et demander à chacun d’eux s’il n’avait pas une lettre pour elles.
Il y a bien des légendes sur les pigeons de Saint- Marc. Chacun conte la sienne ; je ne veux pas les redire toutes; mais je veux raconter une histoire qui s’est passée hier, qu’on se dit tout bas à Venise et qui m’a arraché des larmes.
Ces pauvres pigeons de Venise ! il vint pourtant un jour où l’on porta sur eux une main sacrilège, Ce fut en 1849. C’était encore la république de Venise, une aurore de feu qui ne vit pas lever le soleil. Ce jour-là, on se jeta sur les pigeons, et on
les dévora. Mais après combien de jours de famine ! Dans l’héroïsme de la défense, car ils défendaient tous leur mère, ces enfants de Venise, on avait oublié que les vivres manquaient partout depuis quelques jours déjà. On fit donc la chasse aux pigeons, et, s’il faut croire les Vénitiens, les pigeons qui pouvaient s’enfuir dans les îles voisines semblèrent venir d’eux-mêmes au sacrifice pour le salut de la république.
Il faut dire aussi, à la gloire des Vénitiens, qu’après la première boucherie ils décidèrent tous qu’ils mourraient sans continuer ce massacre des innocents qui devait porter malheur à Venise.
Depuis 1 849, les pigeons, qui ne sont point vindicatifs, ont continué avenir manger dans la main des Vénitiens. Il faut assister à un de leurs festins pour avoir une idée de leur adorable familiarité. Kien ne les effarouche. Tout au plus s’ils se détournent de deux sautillements pour vous laisser passer. Ils se posent sur l’épaule des gondoliers ; ils viennent souhaiter la bonne venue aux étrangers dès qu’on leur ouvre la fenêtre. Pendant que j’écris, en voilà deux qui viennent becqueter sur ma table. Tout à l’heure, la marchande des quatre saisons qui est sous ma fenêtre, place
LES CH ARMETTES.
Saint-Marc, était assaillie pendant son déjeuner. La pauvre femme a eu bientôt fini, grâce à ses hôtes.
Il y a sur les églises et les monuments de Venise des milliers de statues., des licornes, des hippogriffes, des chimères, des lions, des feuilles d’acanthe, toute la variété de la sculpture moresque et gothique, toutes formes du moyen âge et de la Renaissance. Je ne sais si les pigeons de Venise aiment les arts, mais ils se nichent sur tous ces chefs-d’œuvre. S’il y a autant de pigeons que de sculpture, le nombre est d’à peu près trois mille.
Il n’y a pas longtemps, les pigeons ont eu leur jour de sédition. Un matin, à l’heure où Venise vient encore se promener sous les Procuraties, les pigeons s’abattent par centaines sur la place Saint- Marc, portant l’étendard de la révolte, c’est-àdire ayant chacun au cou un ruban aux couleurs italiennes. Et tous les Vénitiens de battre des mains avec enthousiasme. Qui donc avait ainsi lancé sur la place publique ces pacifiques révolutionnaires? C’était un charmant tableau que ces pigeons bleus, gris, perle, aux pattes roses sautillant, voletant et agitant leurs gaies couleurs. Aussi