I. F. S P 1 G E O NS ET LES A D E I L 1, E S
palais n'eût pas été en état de siège, s’envola à tire-d’ailes.
— Feu ! s’écria une voix courroucée.
Combien de coups de fusil retentirent? On ne les compta pas; on tira d’en haut, on tira d’en bas, on tira de partout.
La marquise ferma les yeux et se reprocha d’avoir • bravé tant de colères, au risque de faire tuer son cher pigeon.
Heureusement, il alla se poser comme pour lui dire un dernier adieu sur le dôme rayonnant délia Sainte , et un instant après il reprit son vol vers l’Adriatique.
— Courez au télégraphe, dit un des plus exaltés parmi les sbires; il faut qu’on donne tout de suite son signalement aux frontières.
La marquise, tout en larmes et tout en joie, battit des mains et fit sa plus belle révérence aux inquisiteurs.
Quand cette histoire est arrivée à Vienne, l’empereur d’Autriche a donné l’ordre de respecter et de nourrir les pigeons de la place Saint-Marc, quelles que soient leurs opinions politiques.
Les petits-fils des pigeons de Jean-Jacques n’ont jamais vu de révolution aux Charmettes.
Ils sont pourtant moins familiers que les pigeons de Venise. J’ai émietté devant eux le pain bis de la fermière, mais la fermière était là et ils me semblaient inquiets. C’est qu’aux Cbarmettes on aime les pigeons — à la crapaudine.
Je propose d’abolir la peine de mort — pour les pigeons de Jean- Jacques.
LA BASSE-COUR
C’est en pleine nature, les pieds dans l’herbe haute et le front dans l’air vif, que je comprends et que j’aime Jean-Jacques. C’est que la nature, comme elle nous apparaît aujourd’hui, a été découverte par Rousseau; avant lui on ne la voyait que par l’œil de l’antiquité. On n’était ni familié, ni intime avec la forêt et la montagne. La prose avait tout gâté à force de poésie.
Par le verger des Charmettes, Jean-Jacques a prouvé qu’il ne devait pas rimer les Géorgiqucs françaises, mais il est le Théocrite de la prose, soit qu’il se souvienne des printemps de sa jeunesse aux Charmettes, soit qu’il s’égare
clans ses derniers jours en promeneur solitaire.
Avant Lamartine, avant Chateaubriand, avant Bernardin de Saint-Pierre, il avait créé la poésie de la nature, une muse nouvelle en prose ou en vers, qui secoue du pied la rosée du matin et qui étoile son front de bluets et de marguerites.
La poésie se meurt, la poésie est morte! C’est là ce que de très-bonne foi, sans doute, chaque génération proclame à son tour, à l’heure où pour elle, en effet, la poésie cesse d’être.
Le jour qui va s’éteindre ne peut croire à l’aube du lendemain. La poésie est morte, on écrit cela périodiquement; on le dit, et on le pense, avec un désespoir bénévole, souvent facile à consoler.
Comme si le cœur humain pouvait cesser de battre! comme si la jeunesse et la vie n’étaient pas toujours quelque part! comme si l’espérance , l’amour, l’idéal, et toutes les ivresses charmantes, et toutes les chimères adorées, prêtes à nous fuir, hélas! ne se tournaient pas déjà gaiement vers d’autres, vers ceux qui seront jeunes demain, nouveaux élus de la jeunesse, pour qui l’âge mûr, il est vrai, répétera plus tard cette élégie menteuse : La poésie s’en va!
LA RASSH-COUIt.
Non, la poésie ne meurt pas. C’estnous qui restons en chemin, c’est nous qu’elle délaisse. C’est nous que la barque féerique où chante le divin concert des illusions, des enchantements et des rêves, c’est nous que la barque de Gleyre abandonne sur une grève aride, pour aller porter bientôt vers d’autres rives fleuries d’autres passagers plus heureux.
La poésie ne meurt pas, elle change; elle change de place, elle change d’objet, elle change de forme. Oui, pour qu’elle soit vivante et féconde, pour qu’elle garde son empire, pour qu’elle ne devienne point comme un intermède incompris au milieu des réelles émotions de la vie, il faut qu’elle soit de son temps; et il faut qu’elle ne s’attarde pas dans le convenu déjà vieilli de la mode d’hier; il faut qu’elle réponde à quelque chose d’actuellement humain ; il faut surtout que le poëte soitlui- même : un homme qui se trouve et non un écho perdu.
C’est le malheur de la génération qui vient après un grand mouvement littéraire de vivre trop souvent en parasite sur le terrain conquis par de glorieux aînés. Pastiche, que me veux-tu? — Combien ne vaut-il pas mieux, même avec moins d’éclat, même avec un horizon plus circonscrit, se créer à
soi-même son fief et son domaine, vivre de sa propre moisson et dire avec Musset :
Mon verre n’est pas grand, mais je bois dans mon verre.
C’est ce qu’ont su comprendre les premiers ceux quise sont beaucoup isolés. Ceux-là n’ont pas voulu reprendre les variations éternelles sur le thème si admirablement chanté en strophes émues ou splendides, par les M éditations ou Tes Feuilles d’automne.
« Où trouver du nouveau? » semblaient dire les rimeurs à la suite. — Dans le cœur humain toujours, fallait-il répondre, non pour eux, mais pour ceux qui allaient venir après eux. Le nouveau? mais il vit inépuisable encore, dans les douces familiarités du foyer, dans la fête éternellement radieuses des jeunes amours, dans la vérité de la douleur, dans la vérité de la joie, dans le réalisme si profondément pénétré d’idéal, du spectacle des champs.
La poésie, elle est en nous; et notre poésie a surtout, pour les autres, sa valeur et son attrait, par l’émotion véritablement originale de chaque existence et de chaque milieu, par le côté individuel, par la réalité, sans précédent exprimé de chaque destinée.
LA BASSE-COUR
Le spectacle des champs, la nature et le labeur humain, Dieu et l’homme, voilà une des sources inépuisables, et bientôt de plus en plus fréquentées, de la poésie qu’appelle notre temps.
Les magnificences de la nature ont été puissamment décrites, mais l’homme autre que le poëte, l’homme est resté longtemps en dehors du spectacle. À côté du poëte ému d’admiration, ébloui de merveilles, vibrant comme sa lyre, l’homme n’est pas là. L’homme ne fait pas partie du tableau, ne se meut pas, actif et vivant, dans le cadre splendide.
La poésie descriptive des maîtres est donc une émouvante introduction , comme une ouverture aux larges symphonies du poème de la nature vivifiée par l’homme ; mais elle n’est pas le poëme humain de la vie rurale.
La poésie rustique semble pourtant, si l’on étudie bien certaines tendances toujours plus manifestes, devoir prendre bientôt une belle part dans les émotions de l’esprit. Les grands paysagistes de l’école moderne : Lamartine, Hugo, de Vigny, ont merveilleusement étendu, enrichi la gamme de la poésie contemporaine. D’autres, Sainte-Beuve et Gautier, lui ont donné l’intimité
LES C HA EMETTES.
familière ; ils ont ainsi formé un public désormais apte à tout comprendre, par un art nouveauhabile à tout traduire. La langue, enfin, par eux, a gagné ce qui lui manquait avant eux :1a liberté! Nous leur devons donc de précieuses franchises; et il reste acquis aujourd’hui que tout ce qui est vrai, juste, senti, peut s'exprimer; que tout ce qui est incisif, accentué, pittoresque, peut être rendu dans sa réalité.
D’autre part, grâce à de hautes initiatives, grâce aussi à la notion plus répandue des grands ' devoirs, à la compréhension plus générale des plus sérieux intérêts sociaux, il est évident qu’il se fait en France, vers la vie rurale, un mouvement d’une immense portée. L’heure de la poésie véritablement rustique est donc venue. Pouvaitelle venir plus tôt? Non.
Le siècle de Louis XIV avait trop consciencieusement méconnu l’œuvre agricole pour que l’agriculture pût se faire littérairement une large part dans les préoccupations des esprits. Les poètes restèrent plus indifférents que personne à un art dédaigné de tous. Le mil' siècle manifesta philosophiquement plus de sympathie pour l’agriculture ; on en parla beaucoup, malheureusement
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sans beaucoup la connaître. Les poètes qui se crurent bucoliques ou géorgiques, bourgeois ou grands seigneurs, dépaysés dans les champs, les célébrèrent, mais les comprirent peu. La langue, enfin, leur refusait alors le droit d’en agir avec elle comme de fervents adorateurs du vrai. Pour comprendre toute la distance qui nous sépare du siècle dernier, il faut voir, dans le discours de réception à l’Académie française de Voltaire, avec quelle résignation définitive et facile ce briseur de tant d’autres entraves constate l’asservissement étroit qu’il déplore et subit lui-même.
« Nous nous sommes, dit-il, nous nous sommes interdit insensiblement presque tous les objets que les autres nations ont osé peindre ; il n’est rien que le Dante n’exprimàt à l’exemple des anciens : il accoutuma les Italiens à tout dire ; mais nous, comment pourrions-nous aujourd’hui imiter l’auteur des Géorgiques , qui nomme sans détours tous les instruments de l’agriculture? A peine les connaissons-nous, et notre noblesse orgueilleuse, dans le sein du repos et du luxe des villes, attache malheureusement une idée basse à ces travaux champêtres, et au détail de ces arts utiles que les maîtres et les législateurs de la terre cultivaient
LES CHAUMETTES.
de leurs mains victorieuses. » L’abbé Desfontaines surenchérit encore : « Il est impossible, dit-il, de faire en français un bon poème didactique sur les travaux de la campagne. Les préceptes qui concernent les arts libéraux, notre langue peut les exprimer heureusement et avec élégance. Il n’en est pas de même à l’égard des arts mécaniques et grossiers, tels que l’agriculture. »
Écoutons maintenant un écrivain qui proteste ou croit protester contre ces rigueurs; écoutons l’auteur d’un poème sur l’agriculture, qui veut plaider sa propre cause et qui plaide ainsi : « Est-il vrai que nous ne puissions pas nommer les instruments de l’agriculture, ni en exprimer les travaux? J’avoue qu'il existe des noms si avilis
par le goût et la délicatesse de la nation que notre poésie ne peut les adopter. Ainsi, elle ne peut nommer une truie, une vache , un cochon , une fourche, le fumier, le faucheur; mais on trouve dans Boileau : la bêche, le hoyau, Y arrosoir , la pelle, le râteau... »
Il résulte évidemment de cet aveu qu’on peut nommer ce qui se trouve nommé dans Boileau :
rien au delà. On comprend que le cadre de la poésie rustique soit dès lors fort restreint, et que
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Saint-Lambert, par exemple, ait fait avec talent un poëme géorgique où tout se trouve, excepté un seul mot vrai de la vraie vie rurale.
Il serait oiseux et presque puéril de montrer, par des exemples, à quelles périphrases étranges, à quels logogriphes ou rébus ingénieusement grotesques, une telle poétique a condamné tout une école bucolique à qui il était interdit de voir un âne dans un pré quand l’âne paissait au pré, une oie dans la mare quand l’oie barbotait dans la mare.
Nous avons, Dieu merci! désormais, d’autres franchises littéraires. On peut aujourd’hui nommer par leur nom le faucheur, le faneur, la fourche et le fumier lui-même, et la vache, et le cochon, et la truie elle-même; et la poésie n’y perd pas, puisqu’elle élève tout jusqu’à elle.
Comme Jean-Jacques, qui fut notre initiateur, nous avons, pour le paysan, pour le laboureur, pour l’ouvrier de la rude besogne des champs, une sympathie, je dirai presque un respect fraternel, que les contemporains de Rousseau n’ont évidemment pas connus.
Enfin, dans notre admiration pour l’œuvre de Dieu, dans la contemplation de la nature, nous apportons un spiritualisme élevé, un sentiment de
aOfî LES CHAHMKTTES.
religiosité profonde, qui fait de notre amour un culte, et donne comme un reflet de la grandeur divine à la nature entière.
Ce que Jean-Jacques disait en belle prose, un poëte contemporain l’a dit en beaux vers. Je veux, sous le sourire de Rousseau, montrer ces vifs tableaux rustiques *.
Sérénité des champs, fécond recueillement!
Rien n’est à négliger en ce repos charmant.
La caille, au bord du nid, caquette dans les trèfles ;
Le gai pinson babille en picotant des nèfles ;
L’hirondelle, rasant le lac couvert de joncs,
Pousse son petit cri sauvage;— les pigeons Deux à deux, roucoulant, s’abreuvent à la source ;
Le ruisseau voyageur chante et poursuit sa course.
Les saules, sur le bord, abritent l’or des lis;
Les glauques nénufars baignent leurs fronts pâlis;
Au revers de la haie où mûrit la groseille,
Court une âcre senteur de cresson et d’oseille ;
El la mouche qui vole au plus riche butin,
Epuise de baisers la lavande ou le thym.
Ailleurs, un liuot jase, un merle rieur siffle ;
Un grand taureau repu boit, rumine, reniffle,
Et passe gravement sa langue à ses naseaux.
La génisse, à l’oeil bleu, broute, le long des eaux, Dédaigneuse de l'herbe et du sainfoin des crèches.
Les jeunes peupliers couverts de pousses fraîches.
Une chèvre barbue, au sommet d’un roc noir,
* M. C. de Lafayetle a, dans son poème des champs, retrouvé ces bonnes fortunes des grands paysagistes qui voient par l’œil simple.
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Regarde sous ses pieds se répandre le soir.
Tout au loin, les brebis, se groupant sur la côte, Font tinter leur clochette et bêlent côte à côte ;
Le vieux pâtre fredonne une vieille chanson En écho des bouviers qui rentrent la moisson,
Et, mêlant leurs appels à tout ce qui murmure,
Les tout petits bergers, pieds nus, cueillent la mûre Ou l’airelle abritée à l’ombre des sapins,
Ou le fruit déjà rouge aux branches d’aubépins.
Certes, c’est là un tableau d’une fraîcheur exquise et d’une poésie charmante ; mais la poésie n’exclut pas l’esprit, témoin ce savoureux et gai croquis.
D’abord, la basse-cour, en son joyeux vacarme,
Pour un œil réaliste est-ce un tableau sans charme?
Plus d’un pinceau sincère y fut souvent séduit.
Quel fouillis de couleur, de mouvements, de bruit ! Gloussements et caquets, cris aigus, chant sonore, Donnantla bienvenue à la précoce aurore.
Hors des groupes criards, où vont se confondant La timide pintade et le coq impudent,
J’admire la couveuse inquiète, effarée,
Au plus obscur recoin cherchant la picorée,
Et, pour un vol d’oiseau qui passe dans les cieux. Ralliant les poussins sur son cœur anxieux.
Non loin, au plus haut pic du tas d’engrais qui fume,
Un poulet gros d’orgueil bat les airs de sa plume.
Fait poudroyer le sol sous son jeune éperon,
Et jette, comme un preux sonnant d’un fier clairon,
En son petit fausset qui piaulait naguère,
De suprêmes défis ou d’amour ou de guerre.
Tandis que ce vainqueur qui n’a pas combattu Exalte à grand fracas sa force et sa vertu,
Et faisant mal ses frais de gloire et de conquête,
N'a pu capter l’aveu de la moindre coquette,
Sans perdre ainsi leur temps, deux pigeons amoureux Font la dînette etvont se becquetant entre eux,
Et dujeune orgueilleux que personne n’écoute, Riraient bien — s’ils n’avaient mieux à faire sans doute. Plus loin, hors de la grille où ce monde vivant, Grouillant, criant, gloussant, va toujours se mouvant, Vers la mare où le saule éploré pend ses branches. Flottille de forbans Apres à tout butin,
Qui dans les fonds vaseux déciment le fretin;
Chaque plongeur, effroi de la carpe nacrée,
Revient sa proie au bec, se hâte à la curée,
Et, tout cahin-caha, gagnant le sable d’or,
Met son ventre au soleil, lustre sa plume et dort. Ailleurs, un bon gros porc anglais, face gourmande, Blanc et rose, et charmant pour l'école flamande,
De son petit grouin, noyé dans son gros cou,
Flaire si la pâtée arrive vers son trou ;
Tandis que dame truie, amorçant de caresse Ses petits yeux chinois clignotant dans leur graisse, Des plus doux grognements qu’amour ait inventés Rappelle ses gorets épars de tous côtés.
Gorets n’écoutent point, — l’un courant en maraude, Avec concupiscence autour des froments rôde ;
Un second, cachant mieux son tragique dessin, S’essayerait volontiers à croquer un poussin,
Et, certes, n’en ferait qu’une mince bouchée ;
Si, d’un bec menaçant, la poule effarouchée Ne paraissait pouvoir, en ce cas hasardeux,
Au ravisseur sournois, manger un œil ou deux.
Les autres, se faisant un idéal plus sage,
Dans les goûts de leur caste et les jeux de leur âge
LA BASSE-COUR
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Philosophiquement limitent leurs désirs,
Sur unmode amphibie alternentleurs plaisirs, Et, dans le frais bourbier où se pavane une oie, Clapotant, barbotant, s’en donnent à cœur joie
Je ne sais si le pocte a jamais fait le pèlerinage des Charmettes, mais ses tableaux représentent clans tout leur effet rustique les hôtes des Charmettes, du côté de la basse-cour. Voilà bien les manières des coqs et des poules, des chèvres et des cochons, qui, de génération en génération, ont succédé à la petite république, plus regrettée par Jean-Jacques que la république de Genève.
Cette petite république a initié Jean- Jacques aux secrets intimes de la nature. Là aussi fut son école. Comme Saint-Simon , il va retremper la langue française en haine de l’éloquence officielle. Les grands écrivains du xvu* siècle parlent comme des livres’: Saint-Simon et Jean -Jacques, c’est la nature, c’est l’homme, c’est la passion cpii parle. Ceux-là n’ont nul souci des belles choses apprises pour être récitées comme un compliment, un discours d’Àcadémie ou une oraison funèbre. Ils écrivent pour peindre ; tous deux font leurs confessions, mais tous deux font la confession de leur siècle.
Il les faut remercier hautement d’avoir brisé
LES CHARMETIES.
avec la tradition : au lieu de cette prose pompeuse ou parée qui gardait les grands airs de la cour de Louis XIV, l’un nous a appris à aimer la vérité toute nue, ruisselante encore de l’eau du puits; l’autre a ouvert les fenêtres des académies et des hôtels Rambouillet sur les horizons verts et bleus des Charmettes et de Montmorency. Le premier a meurtri la vérité dans la violence de ses embrassements, le second l’a promenée à travers les ramées chanteuses, les pieds foulant l’herbe humide, les mains pleines d’épis et de pervenches.