CONNECTICUT
sines^^^ les petits Etats, pour ainsi dire, républicains, de la vallée du Gonnecticut ne furent même pas molestés par Gharies I*', le Long Parlement, le Protecteur et la colonie du Massachusetts-Bay. Tous deux proclamèrent Gharies II dès 1660. Puis le plus important dut se prendre à redouter qu'une prompte réaction contre les libertés populaires ne suivtt la restauration de la monarchie, et qu'entre toutes, celles-là ne fussent surtout menacées, qui n'avaient jamais eu l'approbation expresse du roi. La colonie du Gonnecticut crut prudent de demander une charte. Elle chargea de l'obtenir un de ses notables habitants, d'une famille fort connue, d'une intelligence remarquable, d'une grande science, d'un caractère élevé et d'une haute vertu, qui a laissé un nom honoré dans les annales du Nouveau Monde, Winthrop le Jeune. Elle n'eut pas de peine à gagner le concours de lord Say-et-Seale, l'un des premiers cessionnaires de la vallée , habitué à observer d'un regard toujours attentif et bienveillant les progrès des colons, presbytérien lui-même ou ami des presbytériens, maître d'un puissant crédit, quand le roi, à peine rétabli, essayait de se concilier ces derniers ^^^ Enfin, par lord Say, elle acquit l'aide du comte de Manchester, chambellan de la maison du roi, gentilhomme obligeant et généreux, universellement aimé. On ne peut guère admettre que Gharies II ignorât l'importance déjà grande de la colonie: avec les labeurs accomplis, les dangers courus et les dépenses faites, la pétition de dix- neuf des principaux colons, confiée à Winthrop, indiquait les développements remarquables et récents que le commerce y avait reçus, et l'accroissement considérable qu'y avaient pris les dominations du royaume^^^ Le roi, par une méprise fort invraisemblable, aurait-il tenu les dix-neuf pétitionnaires et leurs associés pour une simple société commerciale, de nombre restreint, bientôt condamnée à ne
<'J Goinp. ci-dessas, p. 86- 87. ^^^ Voy. la charte de 1 66s dans Poore ,
(*) Gomp. cvdeflsofl, p. loB, et d- I, t5s.
aprèfi, 119.
pouvoir plus régenter, sans le secours de la métropole, le nombre toujours croissant des simples colons ^*^? Plus probablement se défiait-il peu de Tesprit de ces gens du Gonnecticut, qui n'avaient pas eu jusqu'alors l'occasion d'oflenser la métropole ^^^? Mieux encore, voulait-il susciter une rivale k la colonie plus puissante du Massachusetts-Bay, dont les actes et les tendances lui inspiraient une confiance modérée ^^^? Jugeait-il qu'un régime très libéral serait seul , dans ce pays , le gouvernement tout ensemble religieux , pacifique, bien ordonné, qui, par le spectacle de la vie vertueuse et de la tranquillité des sujets, c^ unique et principale fin de cette plantation ^'^^ porterait les indigènes à connaître la foi chrétienne et à obéir au seul vrai Dieu, sauveur de l'humanité?') Tout simplement céda-t-il à l'influence de l'agent et des protecteurs des pétitionnaires? Quels qu'aient été les motifs décisifs de sa condescendance, Charles II, k Westminster, le s 3 avril i66s , sous le contreseing de Howard ^^^ octroyait, pour la vallée du Conneclicut, une charte propre k maintenir et à développer «une pure démocratie, ou la règle du peuple ^*^»
Sous le nom de <( gouverneur et compagnie de la colonie anglaise du Gonnecticut, dans la Nouvelle-Angleterre ^^^?j les pétitionnaires et les autres personnes qui faisaient déjà, ou viendraient k faire partie de la compagnie ou société du Gonnecticut, devaient former une personne civile ^^\ propriétaire du sol ^'^\ autorisée k choisir ses sceaux ^^^\ habile à exercer la puissance législative par l'assemblée soit de tous ses membres, soit des représentants de ses
(') Comparez ci-dessus, dans les pages (^^ La charte de 1663 dans Poore, 1, 1/4-15, 19-93, a6-a8, 99-33, 35-38, a55.
/io-49, 48-53, 56-57, 6i-63, 66- W L'acte, dans Poore, I, 957.
67, 70-73, 75-78, 81-89, 86, io3- t») Chalraers cité par Story, 1,57.