Life oj Marquette
INTRODUCTION
une autorité réelle, que sur le Mexique ^^l Si, en io65, elle fondait ia colonie de la Floride pour laquelle Philippe II donnait une charte curieuse (^>, en 1686 et 1691 celle du Texas ('^ vers la fin du xvu*^ siècle les établissements de la vieille ou basse Californie'*', et au milieu du siècle suivant, ceux de la haute Californie'^', elle abandonnait bientôt à l'initiative de ses missionnaires, jésuites, dominicains ou franciscains, l'œuvre à peine entreprise de coloniser la Californie, ne parvenait ni à défricher ni à peupler le Texas, et ne pouvait créer tout ensemble que dans la Floride des villes, des comptoirs commerciaux, des missions religieuses, bientôt appelés à une certaine importance. Dans les limites des Etats-Unis actuels, les prétentions rivales de plusieurs nations européennes ne tardent pas d'ailleurs à être en conflit. La Floride, enserrée entre les colonies de la France et de l'Angleterre, ne réussit pas à s'étendre au delà des bornes de l'Etat qui porte aujourd'hui le même nom, et de certaines parties des Etats actuels de l'Alabama, de la Louisiane et du Mississipi '®'. Plus d'une fois, et notamment en 1 565 W, 1686 W, i702(«),i7i9(i^ i739(^^'eti744('2), ou
^*^ Bancroft, loc. ctt,, I, 60.
^'^ Bancroft, foc. cit., I, 66-73; Hough , loc. ctt, ^ I , aoy ; Malte-Brun , loc. cit., V, 171.
^^^ Poore, loc, cil, , II, 1 7 1 »j , à la note.
^'^ Malte-Brun, foc. cit., V, 3o5-3o6.
'^^ Hough , loc. ciV. , 1 , 1 2 9 ; Poore , fof. cit., I, 1 85 à la note.
•^ Bancroft, loc. cit., III, it/i et 4 00; Hough, foc. cit.,1, 207; Marshall , llifflory ofthe american colonies^
édition de 18a ^1, 108; Malle-Brun, foc. cit., I, J71.
'^ Bancroft, I, 67-78; Hough:
H, io3; Murray, I, 78-76; Malle- Brun, 1, 171.
'^^ Bancroft, H, tio' édition, 17/1.
^•^ Bancroft, III, 309-311; Marshall, 307-209.
'^'^î Bancroft, m, 353.
^''^ Bancroft, IH, 437-448.
^*î Bancroft, ni. 4'i4-446; Marshall, 953-360.
INTRODUCTION. xv
ses troupes la quittent pour guerroyer sans profit durable contre les colonies voisines , ou ces dernières font de son propre territoire le théâtre de luttes sanglantes, jusqu'à ce que le traité de Paris, de 1768, arrêtant la lutte, pour un temps, par une délimitation officielle, sinon très précise , des colonies rivales, enlève à l'Espagne les établissements de la Floride dans lesquels le régime espagnol parut bientôt avoir épuisé sa force d'expansion (^'. Vainement l'Espagne reçut de la convention de Fontainebleau, contemporaine des préliminaires du traité de Paris, l'île de la Nouvelle-Orléans, et toute la partie de la vallée du Mississipi qui est située à l'est du fleuve (-^l Vainement elle conserva sans contestation, pendant de longues années, et cette partie de cette riche vallée et la Nouvelle-Orléans et le Mexique ancien tout entier. Vainement même elle recouvrait la Floride, en 1788, par un nouveau traité (^l Si l'on excepte le Mexique, où la puissance espagnole s'exerçait sur une population indigène assez dense, d'une civilisation relativement avancée, la réduction d'une autorité, auparavant presque illimitée, à des limites territoriales plus restreintes, ne fit guère progresser ailleurs, où presque tout était à créer, l'œuvre de la colonisation. Même dans les dernières années de sa domination, des parties du territoire des Etats-Unis contemporains où elle avait de préférence porté ses eflbrts, l'Espagne ne vit aucune lui donner le succès : le Texas demeura un désert, aucun bénéfice ne fut tiré de la vallée du Mi«sissipi, la Californie ne se peuplait point, et la prospérité passagère de la
^'^ Bancroft,IV, i8*ëditiDn,/i5-2; à la note ;Hough, 1,20761/171-/17 2; Slory, I, i5; Malle-Brao, I, 171. Story, I, i5; Malte- Bmn , V, 9o5.
t'^ Poore , 1 , 687, à la note . et 98 1 , ^'^ Hough, K a 07 .
XVI INTRODUCTION
Floride fut promptement éclipsée par la puissance toujours croissante des colonies d'une autre nation européenne. Soit que la métropole espagnole ne sût porter à l'émigration ses propres enfants, soit quelle neût pas Tart d'attirer les étrangers vers ses établissements coloniaux, soit que tout ensemble, suivant la remarque d'un diplomate qui représentait la France à la cour de Londres en 1 769, elle eût trop peu d'habitants pour fournir un nombre suffisant d'émigrants, et qu'elle usât de principes de gouvernement propres à écarter de ses colonies , loin de les y attirer, les citoyens des autres nations (^), elle ne parvint à dominer en fait, dans les limites des Etats-Unis contemporains, ni sur des établissements très prospères ni sur une population considérable. A la fin du wni*" siècle, et au commencement du siècle présent, le temps vint où non seulement elle renonça à développer ses colonies continentales de l'Amérique du Nord, mais elle les perdit toutes : ce qu'elle avait de la vallée du Mississipi lui fut enlevé par le traité de San-Ildefonso du 1** octobre 1800, que ratifia le traité de Madrid du 2 1 mars 1801 (^'; le 22 février 1819, elle abandonnait, par le traité de Washington W, la Floride que lui avait rendue le traité de Paris du 20 janvier 1788'*'; et, en 1820, une insurrection lui arrachait le Mexique ^^'.
^'^ Du Châtelet à Choiseul (17 ^'^ Poore,I,3o8àlanote;Hoiigh,
mars 1769) : Idée sur V opposition I, 209; Malte-Bnin, V, 171-1 79. trouvée par ks Espagnols h la Loui- '*^ Hough, I, «107; Malte-Bnin,
«10^4*^ correspondance citëe dans Ban- V, 171. croft, VI, i3' édition, a6/i-a65. '^ Poore, I, i85, à la note, IK
^*^ Poore, I, 687, à la note; 171 a, à la note, et à la page 1727,
Hough, I, ^73; Malte- Brun, V, voy. la fin de la constitution mexicaine
ao5. de i8a'i; Malte-Brun, V, 374-975.
INTRODUCTION. ivn
Aura-t-on peine à concevoir qu'après avoir vainement tenté d'égaler ses explorations par ses essais de colonisation, l'Espagne réussit moins encore à exercer une influence notable sur la formation du droit public ou constitutionnel des Etat-Unis? D'où lui aurait pu venir cette influence, sinon du développement de ses propres colonies, et du nombre toujours croissant de ses propres colons? Mais on a vu que ni ses colonies ne se développaient, ni le nombre de ses colons ne croissait. D'ailleurs, tandis que les Mexicains ne se souciaient pas d'étendre sur le reste du continent la domination qu'eux-mêmes supportaient parfois avec impatience, les colonies d'une autre nation européenne acquéraient, hors du Mexique où la puissance de TEspagne fut longtemps considérable, une importance aisément prépondérante. Ainsi tout naturellement la loi espagnole ne devait laisser aucun vestige dans les principales institutions des Etats-Unis contemporains. Toute la suite du présent ouvrage montrera que ce fut une autre nation qui peupla les Etats-Unis, leur donna la prospérité, et fonda leur droit public ou constitutionnel. Il n'y a donc pas à rechercher, pour les exposer ici, tous les principes du régime que l'Espagne appliquait à ses colonies de l'Amérique du Nord.
La France ne le céda à l'Espagne ni par le nombre et l'étendue des voyages ni par les essais de colonisation.
De i5o4 à i5o6, les marins bretons et normands vont déjà aux pêcheries de Terre-Neuve, reconnaissent l'île du cap Breton, et explorent le golfe du Saint-Laurent (*'. En iB^S
t'î Bancroft, I.i5.
ivm INTRODUCTION.
et i52/i, le Florentin Verazzani, au service de François I", suit les côtes de l'océan Atlantique, depuis les limites actuelles de la Caroline du Nord jusqu'à la Nouvelle-Ecosse ^^^. En 1627, dans le seul port de Saint-Jean-de-Terre-Neuve, on trouve à la fois onze navires de pêche normands et un breton l^l Au nom de François I*, en 1 534 et 1 535 , Jacques Cartier prend possession de toute la région qu'arrose le Saint-Laurent, bientôt connue sous le nom de Nouvelle- France^^K Cartier et Robèrval paraissent avoir étendu, entre i54o et i5Û2, les limites de la Nouvelle-France jusqu'au lieu où s'élève de nos jours la ville de Boston'*). En i562, des huguenots français vont s'établir dans la Caroline du Sud, et, en i564, dans la Floride (^). Vers 1578, les pêcheurs français affluent aux pêcheries de Terre-Neuve et sur les côtes voisines'^'.
En i6o3 et 160/i, Champlain fait ses premières explorations dans le Canada*^'. De 160/i à 1606, de Monts et Poutrincourt visitent la baie de Passamaquody , explorent les côtes du Maine, entrent dans les fleuves Penobscot, Kennebec et Saco, créent dans les limites présentes de la Nouvelle-Ecosse, Port-Royal, qui devint plus tard Annapolis, et étendent leurs explorations jusqu'au cap Cod^. En 1608, Champlain fonde Québec*^'. En 1 6 1 1 et 1 6 1 2 , les mission-
^'^ Bancroft,!, lô-iy; Murray, I, HoughJI, io4; Malte-Brun, ¥,167. 66-68 ; Malte-Brun , V, 76. (•> Bancroft, 1 , 2 /i ; Marshall, 5o ;
^'^ Bancroft, I, 18-19. comp. Malte-Brun, V, 84.
^^^ Bancroft, I, 19-ai; comp. ^'^ Bancroft,!, aS; Marshall, 5 0.
Malte-Brun, V, 76. ^*^ Poore, 1, 778 , à la note; Ban-
^*^ Bancroft, I, aa-a/i; comp. croft, I, a5-a7; Maràhall, 5o. Malle-Brun, V, 76. ^'^ Bancroft, I, a8; Marshall, 5o;
^*^ Bancroft,!, a4; Murray, 1,70; Malte-Brun, V, 76.
INTRODUCTION. xix
naires jésuites visitent le littoral depuis Port-Royal jusqu'au fleuve Kennebec, et remontent le cours de celui-ci '*l On les trouve, en 161 3 et 161 5, dans les limites actuelles du Maine * et, vers 1 62 5 , sur divers points des bords du Saint- Ijaurent*^^. En 161 5, Champlain retourne au Canada, et, entre i6i5 et 1627, il y établit définitivement l'autorité française W. Entre i63q et 1668, les jésuites français étendent leurs missions sur les rives du lac des Illinois, aujourd'hui le lac Michigan, du lac des Hurons, de nos jours encore le lac Huron, et particulièrement sur la rive méridionale du lac Supérieur jusqu'à l'extrémité occidentale de celui-ci'^). En 1669, la ville de Montréal est fondée'®'. En 1670, les Français visitent les premiers, dans les limites de l'Etat actuel du Michigan, le lieu où s'éleva plus tard la ville de Détroit (^l De 1671 à 1675, quelques trappeurs et des jésuites, partis du Canada, explorent la région qui forme aujourd'hui les Etats du Michigan , du Wisconsin, de l'Illinois et de l'Iowa, découvrent le cours supérieur du Mississipi, passent sur les eaux de ce fleuve, auprès des rivières Missouri , Illinois, Wabash plus tard l'Ohio , et atteignent le confluent du Mississipi et de l'Arkansas, sans cesse aux prises avec mille difficultés et mille dangers, au milieu desquels ils déploient une hardiesse constante W. En 1678 et 1679, de la Salle essaye vainement de suivre le cours du Missis-
^'^ Baocroft, I, 97. Seaman, Commentaries on the eon-
^*^ Bancroft, I, 37-28; comp. stitutions and lawsofthe United States,
Poore, I, 773, à la note. édition de i863, 306.
^'^ Bancroft, I, 29. ^•^ Seaman, 206.
«*J Bancroft,!, 28-29, et III, 118- ^'^ Poore, 1,981, à la note; Malte-