Brun, V
'*^ Bancroft, III, 19 9-1 62; comp. '•> Hough, I, 471; Bancroft, III,
INTRODUCTION
sipi, depuis le Canada jusqu'à remboucliure^^l En 1689, renouvelant ses efforts et les voyant couronnés de succès, il prétend, au nom de la France, prendre officiellement possession de la région immense qu'il a traversée, et que, pour rendre hommage au roi Louis XIV, il nomme Loui- Htarie^'K En i685, venant de France à la Louisiane par le golfe du Mexique, le même de la Salle, le sieur Cavalier et le sieur Beaujeu ou de Beaujeu, abordent, le 18 février, aux rivages de la baie de Matagorda, dans les limites de l'Etat actuel du Texas W. En 1699, Lemoyne d'Iberville conduit une expédition sur les bords de la baie de Biloxi, non loin du lieu où s'élève de nos jours la ville de la Nouvelle-Orléans W.
Ainsi peu à peu, les Français acquéraient, avec le pays qui forme le Canada et la Nouvelle-Ecosse, la plus grande partie de la région continentale, sur laquelle s'étend, de nos jours, l'autorité du Gouvernement de l'Union américaine ^'•'.
Dans ses explorations du continent de l'Amérique du Nord, la France rencontra souvent les Indiens, contre lesquels, maintes fois, et notamment de i6û5 à 16/19^^), de
1 5 3-1 63; Murray, I, 819; Sparks, \, 965-999; comp. Poore,I,687,ù la noie, et Marshall, 976-977.
^•î Bancroft,III, 169-167.
^'^ Poore, II, 1719, h la note; llough, I, 671; Bancrolt, IH, 167- 168; Malle-Bpun, V, 9o5; comp, Murray, I, 319, et Marshall, 977.
^'^ Bancroft, III, 168-1 74 ;Poore, II, 1719, à la note; Malte-Brun, V, 911; comp. Marshall, 977.
t*ï Bancroa,in, 199-908.
•^^ Les États actuels de la Caroline du Nord, du Connecticut, du Delàware , de la Floride , du Maryland , du Massachusetts , du New-Hampshire , du New-Jersey, du Rhode-lsland , et certaines portions des États de la G^rgie, du Maine, de New-York, de la Pensylvanie et de la Virginie, étaient seuls hors de la région dont les Français se prétendaient maîtres.
(*) Bancroft, Il,/ii7; III, 187.
XTI
INTRODUCTION
1657 à i66o('), de 168/1 à 1688W, eniôgS^^), de 1729 à 1782^^', et en 1787^^^, elle n'hésita pas à guerroyer. Il arriva que ses actes ou ses projets la mirent aux prises, sur le sol même du continent américain, avec des nations européennes, TEspagne en i7i9(^', plus souvent et surtout de 1689 à 1697^^^, de 170a à 1718 (^', de 1 7/1/1 à l'jlxS^'^^ et de 1768 à i'j63^^^\ l'Angleterre. Si parfois d'ailleurs, et spécialement en i65/i^**^, les nations rivales empiétèrent de fait sur quelques-uns des lieux dont elle revendiquait la propriété, cependant, au traité de Bréda, en 1667'*^', ^^'^ ne vit pas ses prétentions réduites; à celui de Ryswick en 1697, elle ne perdit que la moitié orientale de Terre- Neuve ''^' ; à la paix d'Utrecht, en 1 7 1 8, quand la baie d'Hudson, Terre-Neuve tout entière, et la Nouvelle-Ecosse, lui étaient enlevées par une délimitation plus pompeuse que parfaite '^*^ elle n'abandonnait ni le Canada ni la vallée du Mississipi; et, après le second traité d'Aix-la-Chapelle, en 17/18, elle continua de prétendre à gouverner toute la vallée du Mississipi, tout le bassin du Saint-Laurent, celui du
(•î Bancroft, II, 4i8; III, i4/i.
('^ Bancroft, II, /ii8-4a4.
^^^ Bancroft, III, 189-190.
«*> Bancroft, III, 360-363.
^'^ Bancroft, III, 364-368.
*J Bancroft, III, 353.
^'^ Bancroft, III, lyS-iga; Murray, I, 317; Marshall, 189-195.
•^ Bancroft, III, 207-936; Murray, 1,3 17-318; Marshall, 197-si 4.
^•J Bancroft, III, 45o-466; Murray, I, 3i8; Marshall, 961-373.
^^•)Bancroft,IV,39-8a,ii3,i83.
206, 233-25o, 250-271, 290-31 3, 3i5-462; Murray, I, 32o-33o; Story, I, i3-i4; Marshall, 274-
(••) Bancroft, I, 445; Marshall,
("î Bancroft, II, ii3-ii4.
^'^^ Bancroft, III, 192; corap. Marshall, 197.
^»*) Bancroft,III, 226-234; Murray, I, 3 18; Story, I, i3; Marshall 275-276.
XXII INTRODUCTION
Penobscol, et les côtes voisines jusqu'au Kennebec, voulant enserrer, entre le Kennebec oulePenobscot et les Alléghanys, l'Angleterre, qui aurait volontiers pris le continent tout entier'^). Mais, au traité de Paris de 1768, tout fut changé; Louis XV était dépouillé des droits qu'il pensait avoir sur le cap Breton, les îles voisines, l'Acadie, h Canada, et hormis l'île de la Nouvelle-Orléans, la partie de la vallée du Mississipi qui est à l'est du fleuve; puis, par la convention de Fontainebleau, contemporaine de ce fatal traité, luimême cédait à l'Espagne, son alliée, pour la dédommager de la perte de la Floride, l'île de la Nouvelle-Orléans, à l'est du Mississipi, et à l'ouest du fleuve, tout ce qu'il avait pu conserver de la Louisiane '^^ : la France n'avait plus un mètre de terre dans les limites actuelles des Etats-Unis. Vainement les traités de San-Ildefonso et de Madrid lui rendirent, en 1 80 1 , la vallée du Mississipi '^' ; par le traité de Paris de i8o3, elle la vendit au Gouvernement fédéral des Etats- Unis, et derechef toute autorité française cessa de s'exercer sur le continent de l'Amérique du Nord^^l'
Aux nombreuses explorations des Français répondirent de grands projets et de nombreux essais de colonisation ; mais, si l'on excepte la Nouvelle-Ecosse et le Canada proprement dit, où ses colonies atteignirent une incontestable prospérité, les revendications de la France et l'étendue de
^*^ BancroftJII, /i66;MuiTay,l, Malte-Brun, V, 76, lai, aoo,
3i 8-3i 9 ; comp. Story, 1 , 9 et 1 3 , et 26 ^1.
Marshall, 273-373, 376 et 379. ^'^ Poore,I,687,àlanote;Hough,
^*^ Poore,I,687,àlanole;Hoiigh, I, ^73; Seaman, 307.
I,/i7i-473;Bancroft,lV, /i53-/i5^; ^'^ Poore,I,687,àlanole;Hough,
Murray, I, 33o; Story, I, t4-i5; I, ^73; comp. Seaman, 307, et
Marshall, 348-349; Seaman, 307 Malte-Brun, V, 76 et 3o5,
IMRODUCTION. xiiii
ses possessions témoignèrent toujours d'une puissance plutôt nominale que réelle.
En i5i8, (le Léry et Saint-Just forment, pour toute l'Amérique du Nord, un plan de colonisation qui demeure sans effet^*^. De i53û à i5/io, les diverses patentes ou commissions royales données à Jacques Cartier et à Roberval , ne font créer aucun établissement durable hors des limites du Canada et de la Nouvelle-Ecosse '^^ En i563, la petite colonie des huguenots français de la Caroline du Sud est abandonnée; celle de la Floride, détruite par les Espagnols en i565, est vainement vengée par quelques mains françaises en iSGy *^). En 1598, un projet d'empire américain est renouvelé, mais le projet -n'a pas d'autre effet que de conduire sur l'île désolée des Sables quelques forçats qui ne tardent pas à la déserter ^*^.
En 1600, plusieurs marchands obtiennent vainement un monopole commercial qu'ils essayent à peine d'exploiter, et divers pouvoirs d'autres sortes qu'ils ne mettent pas en vigueur ^^l Un acte, par lequel Henri IV autorise, en i6o3, le sieur de Monts à coloniser, sous le nom d'icarfte, toute la région qui s'étend entre le ûo'^ et le 46^ degré de latitude Nord, ne produit guère que la fondation du bourg de Port-Royal , bientôt annexé aux possessions de l'Angleterre; puis, l'acte lui-même est révoqué, en 1608, à la requête de quelques marchands français ^'^L Le même Henri IV confirme vainement,
^'^ Bancroft, 1, i5. '^ Bancrod, I, a/i-aô.
^*^ Bancroft, I, 19-9 4. ^'^ Bancroft, I, 96.
<'» Bancroft, I, 69-78; Murray, ^'^ Bancroft,!, 98;Poore,I, 778,
I, 70-78; Hoogh, II. io3; Malte- à la noie; Slory, 1,9; Marshall, 5 0. Brun, V, 167.
ixiv INTRODUCTION.
en 1 607, au profit de Poutrincourt, le droit de posséder une vaste étendue de terres où les Français n'établissent aucune colonie importante ^^). En 1 6 1 5, des marchands de Saint-Malo , de Rouen et de la Rochelle, obtiennent une patente royale, sous l'empire de laquelle, hors de la Nouvelle-France, aucun établissement français n'est créé^^'. En 1627, Louis XIII donne à des personnages importants, parmi lesquels figurent Richelieu et Ghamplain, le droit et le soin de coloniser, sous le nom de Nouvelle-France, tout le bassin du Saint-Laurent, et ceux des fleuves voisins qui se jettent directement dans la mer, et, sous le nom de Floride ^ toute la région continentale située au-dessous de la Virginie; mais, aussi inefficace que de nombreuses patentes plus anciennes, la charte donnée par Louis XIII demeure sans effet hors des limites primitives delà Nouvelle-France*^^. Si, de 161 3 à 1678, les missions des jésuites sont étendues, avec hardiesse, au cœur des tribus indiennes, qui habitent diverses parties des régions septentrionales du continent américain au midi du Canada, les missionnaires et quelques trappeurs sont presque les seuls habitants européens de ces régions jusqu'au jour où l'Angleterre y étend sa domination W. La colonie fondée par la Salle et de Beaujeu , en 1 685 , sur les rivages du Texas, est elle-même promptement détruite par des Indiens *^^.
L'établissement que des mains françaises fondent à Détroit, dans les limites de l'Etat actuel du Michigan , en 1 702 , passe sous la domination anglaise, aux termes du traité de Paris de 17685 avant d'avoir acquis une population considé-
^'^ Bancrofl, L 97. ^*^ Poore, I, 778, à la nolt*.
-^ Bancrofl, I, 08. '^ Poorc, II, 171*j, « la noie;
'^ BanCiol'l , III , 1 1 g* Mai*shall , -^77 ; Malle-Brun , V, »j 1 1 *
INTRODUCTION. xxv
rable; et si, un siècle plus lard, la ville de Détroit compte de nombreux rejetons des premiers colons, à peine ces gens de souche française parviennent-ils à former le vingtième de la population totale de l'Etat W. Au commencement du xvui^ siècle , la France n'a encore , dans la partie supérieure de la vallée du Mississipi, que des stations de missionnaires et quelques petites agglomérations de colons, dont les principales sont à Gallipolis dans les limites actuelles de l'Ohio, à Vincennes dans rindiana, à Kaskaskia etCohokia dans TlUinois, et en divers lieux du Wisconsin'^l Vers le centre de la vallée, à l'endroit où s'élève de nos jours la ville de Natchez, elle n'a guère qu'un fort en 1716 ^^K Dans la partie méridionale , vers la mer, loin d'atterrir aux bords fertiles du Mississipi , les Français sont souvent conduits par une véritable fatalité aux rivages désolés des baies de Biloxi et de Mobile W. Vainement d'ailleurs , le lû septembre 1712, Louis XIV donne au sieur Crozat une charte pour la colonisation de la Louisiane tout entière : demeurée stérile, elle est rendue au roi en 1717 ^^'. Dans la même année 1 7 1 7, le 6 septembre , par une charte plus connue, Louis XV cède la Louisiane à la fameuse Compagnie des Indes (^l L'année suivante, commence à s'élever, sous le nom de Nouvelle-'OrléaiiSy à l'em-
'^' Poore, I, 981 , à la note; Sea- man, 006-207; Malte-Brun, V, 190-
man, 306; Malte-Brun, V, 181. En 199.
1 85 1, Détroit a 91,087 habitante, ^^^ Seaman, 307; Bancroft, Kl,
presque tous d'origine française, 3/19*
mais la population de TEtat s'élève a ^^^ Marshall, 377-378.
395,703 âmes. Malte-Brun, locciL, ^*' Poore,I,687,àlanote;Hough,
comp. Milcheirs World, ëdit. de I, /i7i; Bancroft, III, 3/17-3/19.
i84o, 33/i. '*^ Poore, I, 687, à la note;
'^ Hongh, I, 379, à la note; Sea-* Uough, I, A71 ; Bancroft, III, 35 1.
xxvi INTRODUCTION.
bouchure du Mississipi, le premier établissement important que la France possède hors du Canada (^*. Mais tant s'en faut que le succès réponde encore aux espérances des Français. Si la charte de 1717 survit aux projets de Law, elle ne procure vraiment à la colonie ni une grande prospérité ni une extension considérable, et, vers 1782, elle est rendue au roi , sous le gouvernement direct duquel la Louisiane passe derechef (2^ De 1781 ài763, quelques établissements nouveaux sont fondés sur divers points de la vallée ^^' : on trouve des colons français dans l'Arkansas^, et un plus grand nombre dans le Missouri, faisant le commerce avec les Indiens, au lieu où s'élève de nos jours la ville de Saint-Louis ^^-, à la Nouvelle-Madrid, au cap Girardeau, à Sainte-Geneviève^^'. Qu'est pourtant encore, dans la Louisiane, l'œuvre de la colonisation? Çà et là les explorateurs ont passé, mais, en vérité, ils n'ont presque rien créé. On n'y voit guère qu'un petit nombre de lieux fortifiés, tous, ou peu s'en faut, occupés par leurs seules garnisons; quelques rares villages ont surgi, qui, privés de secours et exposés à mille dangers, ne se développent point; la Nouvelle-Orléans elle-même languit longtemps dans une condition voisine de la pauvreté.
Vers 1702, la Louisiane compte à peine trente familles françaises (''. Elle n'en compte pas davantage, lorsque Crozat y vient vers 171 4, et, lorsqu'il la quitte, au cours de l'année 1717, elle n'est habitée que par 700 Français de
'^ Seaman, 907; Bancroft, IH, *^ Malte-Brun, V, 196; comp.
35 1-359. Hough, I, 79.
«'^ Poore, 1, 687, à la note; Hough, ^'^ Bancroft, V, 1 9/1-1 96.
I, /iyi; Bancroft, III, 3/ir)-36^j; ("> Hough, I, 775.
Malte-Brun, V, 9o5. ' Bancroft, IH, 3 '18.
■■'' Marshall, r278.
INTRODUCTION. xxtii
tous âges, de tout sexe, et de toutes professions^'^. Quelques années plus tard, vers 1760, on y rencontre à peu près 5,000 blancs et 2,000 ou 3, 000 noirs ^*^l Vers lyûjj, tandis que les documents officiels du Gouvernement angliii» évaluent à i ,0 5 1 ,000 le nombre des habitants blancs de Si? r colonies de l'Amérique septentrionale, ils estiment à 7,000 celui des habitants blancs de la Louisiane (^^ : celle-ci est donc encore un désert. Au moment même où se signent le traité de Paris et la convention de Fontainebleau, à peine 1 1 o familles françaises habitent les bords du Wabash, l'Ohio de nos jours, presque toutes établies au bourg de Vincennes, dans l'Etat actuel de l'Indiana; dans toute la vallée de rillinois, on ne trouve que 700 hommes adultes, 5oo femmes, 800 ou 900 enfants de race blanche, et 900 noirs des deux sexes (^^; et la population blanche de la Louisiane entière ne dépasse pas 10,000 âmes^^^. Après quelques années, en 1790, les habitants d'origine française, qui vivent dans les limites des États-Unis actuels, au nord-ouest de la rivière Ohio, ne dépassent pas le nombre de 6,000, et, sur toute la surface des Etats-Unis, ils sont à peine 60,000, tandis que les Hollandais y sont 1 26,000 , les Allemands, 2oo,ooo,et les Anglais et Irlandais, 2,800,000^*^'. Dans les quarante premières années qui suivent le traité de Paris, sans doute la population s'accroît; les colons français font souche; si quelques Espagnols vivent auprès d'eux, la Louisiane, au moment où elle passe sous la domination amé-
'^ Bancroft, III, 3^8. Hough, lome I, page 379, à la
^*^ Bancroft, III, 369. note.
^^^ MarsbalK 979. ^*^ Scamati, Î207.
^*^ Bancroft, V, page 338;comp. ''^ Seaman. joô.