‹ Les chartes coloniales et les constitutions des États-Unis de l'Amérique du NordChapitre 36 sur 50 · PATENTES DE LA SALLE · texte numérisé non relu

PATENTES DE LA SALLE

LETTRES PATENTES OOTROVéES AU SIEUR DE LA SALLE PAR LE ROI LOUIS XIV DE FRANCE, LE 1 9 MAI 1678 ^^K

Sommaire. — I. Formule initiale. — IL Motifs de Tacte. — 111. De la mission qui était confiée à la Salle. — II L De Tassistance qui était l'equise de divers fonctionnaires. — IV. Date et signatures.

L Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à noire cher et bien aimé Robert Cavelier, sieur de la Salle, Salut.

II. Nous avons reçu agréablement la très humble supplication, qui nous a esté faite en vostre nom, de vous permettre de travailler à découvrir la partie occidentale de notre pais delà Nouvelle-France, et nous avons d'autant plus volontiers donné les mains à cette proposition, qu'il n'y a rien que nous ayons plus à cœur que la découverte de ce païs, dans laquelle il y a apparence qu'on pourra trouver un chemin pour pénétrer jusqu'au Mexique; à quoy l'application que vous avez donnée à faire défricher les terres que nous vous avons accordées par i'Arrest de nostre Conseil du i3 may 1 6^5 et Lellres Patentes dudit jour^'-^^ à former des habitations sur lesdites terres, et à mettre en bon état de déffense le Fort Frontenac dont

<" Ces lettres, simplement transcrites ici, se trouvent dans un ouvrage du P, riireslion Le Clerq, intitulé : Premier fitnhlùgejnent de la Fotf dam la Nouvelle- France, Paris, 1691, II, i()3-i66.

W L'arrêt du conseil du i3 mai 1675 concédait à la Salle le fort Frontenac et lui donnait des lettres de noblesse. Voy, Bibliographie de la Nouvelle-France, Paris. i87<i, in3,393, 3:io.

nous vous avons pareillement accordé la Seigneurie et le Gouvernement, nous donne tout lieu d'espérer que vous réussirez à notre satisfaction et l'avantage de nos sujets dudit païs.

III. A ces causes et autres à ce nous mouvans, nous vous avons permis et permettons, par ces présentes signées de noslre main, de travailler à la découverte de la partie occidentale de nostre païs de la Nouvelle-France, et pour l'exécution de cette entreprise, de construire des Forts aux lieux où vous estimerez nécessaire, desquels nous voulons que vous jouissiez aux mesmes clauses et conditions que du Fort Frontenac, suivant et conformément à nosdites Ijettres Patentes du t3 may 1678, que nous avons, en tant que besoin, confirmé et confirmons par ces présentes. Voulons qu*elles soient exécutées selon leur forme et teneur. De ce faire et de tout ce que dessus vous donnons pouvoir, à condition néanmoins que vous achèverez cette entreprise en cinq années, à faute de quoy, les présentes seront nulles et de nul effet, que vous ne ferez aucun commerce avec les Sauvages appelez Outaouacs, et autres, qui apportent leurs castors et autres pelleteries à Montréal, et que vous ferez le tout, à vos dépens et à ceux de vostre Compagnie, à laquelle nous avons accordé, par Privilège, le commerce des peaux de Cibola. Mandons au sieur de Frontenac, gouverneur et nostre Lieutenant Général, et au sieur du Cbesneau, Intendant de Justice, Police et Finances, et aux Officiers tenant le Conseil Souverain audit païs, de tenir la main è l'exécution des présentes. Car tel est nostre plaisir.

IV. Donné, à Saint-Germain en Laye, le douzième jour de may 1678, et de nostre règne le trente-cinquième. Signé Loois, et plus bas, par le Roy, Colbert. Et scellé du grand sceau de cire jaune.

L'attacbe de Monsieur le Gouverneur, sur les présentes, est du 5 novembre 1678.

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