‹ Les chartes coloniales et les constitutions des États-Unis de l'Amérique du NordChapitre 41 sur 50 · PRÉFACE DU PLAN DE GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU PLAN DE GOUVERNEMENT

TLB PLAN DU GOUVERNEMENT DE LA PROVINCE DE PEN8TLVANIB, EN AMERIQUE, ET CERTAINES LOIS FAITES D'ACCORD, EN ANGLETERRE, PAR LE GOUVERNEUR ET DIVERSES PERSONNES LIBRES DE LADITE PROVINCE, LESQUELS SERONT PLUS TARD EXPLIQUAS ET CONPIRM^S, lI-BAS, PAR LE PREMIER CONSEIL PROVINCIAL , QUI T SERA R^UNI, SI CELUI-CI JUGE CONVENABLE DE LES EXPLIQUER ET CONFIRMER, n ACTE DU 3 AVRIL*

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SoMiiAiRB. — I. Origine de la loi écrite. — II, IV. Origine, nature et fins du gouvernement. — III. Des diverses formes de gouvernement. Des motifs qui inspirèrent à Penn son plan de gouvernement.

Lorsque Dieu » grand et sage, eut créé le monde » il voulut faire de rhomme son représentant pour le gouverner; et, afin de rendre rhomme propre à une charge si grande et à un pareil mandat, il lui donna non seulement l'habileté et la puissance, mais l'honnêteté qui les emploie justement. Cette bonté native de Thomme fut également son honneur et son bonheur. Tant qu'il la conserva, tout alla bien; les moyens coercitifs ou compulsifs ne furent pas nécessaires; le précepte de l'amour et de la vérit*'^ divine, vivant dans son cœur, était le guide et le gardien de son innocence. Mais la passion, venant à prévaloir contre le devoir, porta à cette innocence une atleinte lamentable. Dès lors la loi, qui n'avait auparavant aucun empire sur l'homme, tint sous son action et

t^J Lo texte, on hingae anglaise, de la pK'faco qui est traduite ci-après» se trouve dans Poore, t. I, i5i8-i5âo.

298 PKNN, 1682.

rhomme el la postérité désobéissante de Thomme, de telle sorte que ceux qui ne voulaient pas se conformer, dans le for intérieur, à la loi divine, dussent tomber, par jugement, sous la réprobation et les peines de la juste loi, dans le for extérieur.

IL L'apôtre enseigne ceci, dans plusieurs de ses épîtres : ^La loi, dit-il, est ajoutée à raison de la transgression??, et ailleurs : «Sachant que la loi fut faite, non pour Thomme juste, mais pour rhomme désobéissant el impie, pour les pécheurs, pour les méchants et les profanes, pour les meurtriers, pour les gens licencieux, pour ceux qui se corrompent avec les hommes, pour les voleurs d'hommes, pour les menteurs, pour les parjures.» Ceci d'ailleurs n'est pas tout. L'apôtre entre un peu plus avant dans la matière du Gouvernement; «Que toute âme, dit-il, soit soumise aux pouvoirs supérieurs; car il n'y a pas de pouvoir qui ne vienne de Dieu. Les pouvoirs qui existent sont établis par Dieu. En conséquence, quiconque résiste au pouvoir, résiste à l'ordre de Dieu. Les gouvernants eux-mêmes sont objet de terreur, non pour les bonnes œuvres, mais pour le mal. Ainsi, voulez-vous ne pas craindre le pouvoir? Faites ce qui est bien, et vous recevrez ses louanges. Le pouvoir est pour vous le représentant de Dieu , en vue du bien. Donc vous devez nécessairement être soumis, non seulement par crainte de courroux, mais encore par obligation de conscience, n Ceci établit le droit divin de gouvernement au delà de toute réfutation, et pour deux fins : premièrement, pour terrifier ceux qui font le mal; deuxièmement, pour protéger et chérir ceux qui font le bien; ce qui donne au gouvernement une existence incorruptible, et le rend aussi durable, dans le monde, que devraient l'être les hommes de bien. Ainsi, le gouvernement me paraît être une partie de la religion elle-même, une chose sacrée dans son institution et dans sa fin. S'il n'écarte pas directement la cause, il écrase les effets du mal, et, comme tel, s'il est une puissance inférieure, il est du moins une émanation de la

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