PRÉFACE D UN ACTE POUR LA PENSYLVANIE
car de bonnes lois peuvent avoir besoin d'hommes de bien, et être abolies ou tournées par des hommes mauvais, tandis que des hommes de bien n'auront jamais besoin de bonnes lois et n'en subiront pas de mauvaises. Il est vrai que les bonnes lois imposent aux mauvais agents. Gela n'est vrai pourtant que là où les agents n'ont pas le pouvoir de les éluder ni de les abolir, et où le peuple est généralement sage et bon : un peuple licencieux et dépravé (ce qui est l'hypothèse) aime des lois et une administration qui lui ressemblent. Dès lors, ce qui fait une bonne constitution doit la garder, k savoir, des hommes de sagesse et de vertu, qualités qui, ne suivant pas les héritages terrestres, doivent être soigneusement propagées par une éducation vertueuse de la jeunesse, pour laquelle les Ages futurs seront plus redevables au soin et à la sagesse des fondateurs et des magistratures successives , qu ils ne le seront aux ancêtres, pour les patrimoines privés.
IV. Ces considérations sur la puissance du gouvernement, et les opinions délicates et diverses, qui existent en cette matière, m'ont fait redouter de publier le plan et les lois conditionnelles qui suivent; car je prévois tout ensemble les reproches qu'ils encourront d'hommes d'humeurs et d'occupations différentes, et l'occasion qu'ils peuvent donner de discourir au delà de mon dessein. Cependant, après la puissance de la nécessité (laquelle est une solliciteuse qui n'admet pas de refus), une considération m*a déterminé à poursuivre, c'est qu'avec respect envers Dieu et droiture envers les hommes j'ai imaginé et composé , le mieux que j'ai pu faire, pour la grande fin de tout gouvernement, le plan et les lois de celui-ci, à savoir, pour faire respecter le pouvoir par le peuple, et pour garantir le peuple contre l'abus du pouvoir, afin que le peuple soit libre par sa juste obéissance, et les magistrats honorables pour leur juste administration; car liberté sans obéissance est confusion, et obéissance sans liberté est esclavage. Atteindre cet équilibre est, en partie, l'œuvre de la constitution,