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LES PROJETS ANGLAIS D'UNION

de ce genre de gouvernements et la nomination d’un vice-roi ou Lord-Lieutenant, qui, avec un conseil composé de deux membres pour chaque colonie et «analogue aux amphictyons de la Grèce ancienne, veillerait à lunion, à la stabilité, au bien du corps entier »(), — En 1764, un haut fonctionnaire conseillait au cabinet anglais le renversement de tout le système politique des colonies. À l'en croire, le Parlement avait le droit d'établir une forme unique d'administration pour le continent entier: les chartes américaines ne convenaient, en vérité, qu’à des États dans l'enfance et seraient très justement abolies; même les législatures, indépendantes les unes des autres, des diverses colonies, n’existaient que par pure faveur; ** Parlement pouvait encore, à bon droit, et devait lever l'impôt sur les colons, si ceux-ci lui refusaient les subsides nécessaires: 1l fallait tirer d’eux un revenu assuré, suffisant, obtenu, au besoin, sans leur aveu ou contre leur gré; enfin, une noblesse viagère serait utilement érigée entre le peuple et le roi?

Tout commentaire sur le quatrième de ces quatre derniers plans est apparemment superflu. On peut croire que l’abrogation effective des gouvernements de charte, projetée dans le troisième, n’eût pas été, en dépit des souvenirs classiques du personnage qui la conseillait, une opération très aisée (1), Franklin, consulté sur le deuxième, ne dissimulait pas une grande défiance, qu'il n’était sûrement pas seul à sentir, des gouverneurs nommés par le roi et des conseillers proposés par eux au choix de la couronne dans la plupart des colonies ). Le premier plan lui-même ne respec- {ait pas très scrupuleusement les libertés publiques chères aux An-

(0° Bancroft, IV, 370. 6) Le lecteur se rappelle que sept colo- ? Bancroft, V, 200-201. nies sur treize élaient des provinces 6) Comp., ci-dessus, [, 1-192, pas- royales et que dans le Massachnsetts-Bay, sim; Il, 9-21, 265-268, 280-290, colonie de charte pourtant, le roi nom-

346-359; et, ci-après, 391. mait le gouverneur, Comp., ci-dessns, (4) Ci-dessus, [, 1-192, passim, sur- Il, 9-3,73,78-79, 83.

tout 53-94, 103-115, 125-130.

37h DES RAPPORTS DES COLONIES ENTRE ELLES.

glais, pour lesquelles les colons allaient combattre, jusqu’à s’affranchir de tout contrôle de la métropole (D), La vérité est que le cabinet anglais et le Parlement ne donnèrent une grande attention ni aux uns ni aux autres, et n’essayèrent d'en appliquer aucun. À l'heure où elles se produisirent, ces inspirations de ministres, de fonctionnaires, de partisans, plus ardents que judicieux, parurent ou superflues ou trop compliquées, En d’autres temps, sans doute, ni la tentative de jeter sous un gouvernement commun les établissements de la Nouvelle-Angleterre, ni celle d'imposer un chef unique aux forces militaires des colonies, n'avaient eu un plein succès ); mais la métropole se flattait peut-être que les circonslances, comme les temps, étaient changées, et, si elle retint quelque chose des idées de ses conseillers, ce ne fut que la partie subsidiaire ou le moyen suprême du plan de Halifax. Que faire d’un aveu plus ou moins explicite des colonies? Le cabinet et sa majorité dans le Parlement, jugeant les choses de trop loin, mal informés par les agents qui représentaient le roi outre-mer, dédaignant les avis d’une minorité courageuse et mieux instruite, emportés par la passion, peut-être enflés par les succès de leur politique européenne, ne virent bientôt qu'un but à viser, l'asservissement du continent entier aux volontés de la métropole, et qu'un moyen pour l'atteindre, la force qu'ils pensaient avoir sullisante. Le reste, la modération, la conciliation, les compromis pour l'avenir, devaient sembler tout au plus de mise pour le lendemain de la victoire. Ce fut un faux calcul, puisque la force la plus grande se trouva du côté des colons .

(M) Comp., ci-dessus, 18-20, 29, 34-37, 65, 346-359.

@) Ci-dessus, 1, 67, 77-81, 87. 100, 110-119, 199-1303 Il, 134-135.

(@) Bancroft, IV-VL'T, passim ; Russell, Ï, 41-100; Prior, Life of Burke, 161- 165, 183-189; Mahon, History of En-

gland, édit, de Leipzig, 1853, V, 81- 9°, 130-190, 945-951, 973-974, 333-3343; VI, 4-1043 Campbell, The Lord Chancellors, NUL, 15-97; Roscoe, Eminent British Lawyers, édit. de Lon-

dres, 1830, 187-199; The Letters of

Junius, édit. de Londres, 1796, 20-22

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Il y eut, en général, plus de modération et de prudence, une connaissance plus sûre du caractère des colons, des ménagements plus grands pour leurs tendances politiques, même un respect suflisant de l'autorité de la métropole, par conséquent une harmonie plus complète entre la fin et les moyens, dans la plupart des plans d'union que formèrent, avant la révolution, les colonies ellesmêmes. Il n'importe pas de rechercher tous ceux que par la presse, périodique vu non, des hommes plus ou moins connus purent proposer, ou qui furent à peine ébauchés dans les débats soit des législatures locales, soit des réunions de représentants de toutes les colonies. Il ne faut indiquer que d’un mot diverses assemblées, tenues surtout à Boston de 1634 à 1638, où, sans succès immédiat d’ailleurs, des personnages qui n’ignoraient pas tous les principes de la science politique et savaient, par exemple, les règles de l’Union hollandaise, agitèrent certains desseins de confédération pour la Nouvelle-Angleterre 0), Il suffira même de faire une simple allusion au désir particulièrement vif qu’entretenait la colonie de New-York, en 1769, de voir un corps de députés du continent entier exercer le pouvoir législatif sur les sujets d'intérêt commun ©), Mais, entre tous, deux plans méritent de fixer Pattention; le premier parce qu'il fut réellement exécuté, et, un demisiècle durant, parut d’une réelle efficacité; le second, parce que, sil ne put être mis en vigueur, il fut du moins longuement discuté, puis solennellement adopté, dans le congrès de 1754, auquel l'avait présenté un personnage qui, pendant les dernières années de la période coloniale, joua un rôle considérable et exerça sur ses concitoyens une puissante influence, Franklin.

Vers 1643, des dangers déjà anciens s’aggravèrent. La France, la Hollande, les tribus hostiles, menaçaient de plus en plus la . | |

(1) Bancroft, 1, 420, — () Bancroft, VI, 316,

sécurité de la Nouvelle-Angleterre. Si le voisinage plus immédiat des établissements hollandais mettait en péril constant le Connecticut surtout, la Nouvelle-Angleterre tout entière tremblait de voir éventuellement compromises son indépendance politique, sa liberté religieuse, telle qu'elle l’entendait, et encore la faculté, à laquelle elle tenait alors du moins, de propager au loin parmi les indigènes ses doctrines et son cultel), Les colonies du Massachusetts-Bay, de New-Plymouth, du Connecticut, de New-Haven, formèrent, après mûr examen, une confédération soumise à des règles précises. Les intérêts généraux des colonies unies étaient confiés aux soins d’un conseil composé de deux représentants de chacune d’elles. Les représentants de chacune devaient professer sa religion d'État ou l’une des religions qu’elle reconnaissait, Le conseil aurait au moins une session par an, qui s’ouvrirait le premier lundi de septembre, et, au besoin, un plus grand nombre. Ses membres éliraient annuellement, le prenant parmi eux, leur président, dont la seule fonction serait, en principe, de présider aux délibérations. Il délibérerait, en vérité, sur tous les sujets qui intéresseraient la con'édération, ou en «paraîtraient une conséquence naturelle ». [l pourrait composer des lois civiles sur les matières d'intérêt commun. Tout particulièrement il aurait la charge des affaires indiennes et réglerait les rapports avec les indigènes. Il'assurerait, danstoute juridiction, justice égale et prompte à tous les confédérés. Il statucrait, avec une autorité souveraine et exclusive, sur la paix et la guerre, aucune des colonies unies ne pouvant, sans l’aveu des autres, hors du cas de nécessité soudaine et absolue, s'engager dans les hostilités. Si l’une d'elles venait à être envahie par l'ennemi, les trois autres, sur un simple avis donné par trois de ses magistrats, fourniraient immédiatement leurs contingents de troupes, fixés d’abord à 100 hommes pour

(@) Comp., ci-dessus, 1, Antroduction, xx\-xxxiv, et 53-115, 125-136, 191-193; 11, 228-299, 309-393,

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le Massachusetts-Bay et à 45 pour chacune des trois autres. Au besoin, d'ailleurs, le conseil pouvait mobiliser un nombre de soldats plus considérable, Les dépenses communes devaient être réparties proportionnellement au nombre des habitants, et spécialement celles de la guerre suivant le nombre des habitants mâles entre seize et soixante ans d'âge. Dans la session annuelle, ordinaire, la présence de tous les commissaires paraît avoir été requise pour la validité des délibérations. En principe, et en toute matière, l'assentiment de six était indispensable pour la validité des décisions. Il l'était surtout pour régler le compte des dépenses de guerre et lever les sommes nécessaires au payement. Au moins dans les réunions extraordinaires, en l'absence de quelqu'un ou de plusieurs des commissaires, quatre quelconques des commissaires présents avaient le droit d'appeler aux armes les contingents, de délibérer sur les opérations de la guerre, peut-être de déclarer celle-ci, En principe encore, et sous réserve de l'exception qui vient d'être indiquée, les résolutions qui obtenaient la majorité des suffrages, sans obtenir l’assentiment de six des commissaires, devaient être soumises aux chambres des diverses colonies, et l'approbation de toutes les rendait seule définitives. Si l'une des parties contractantes lésait quelqu'une des autres ou violait quelque clause du contrat, les colonies les plus désintéressées ou les moins directement touchées avaient à examiner et à juger le différend. Aucune ne pouvait se fondre avec une autre sous un gouvernement commun sans laveu de toutes, également requis pour toute admission dans la confédération. Enfin, la gestion des affaires purement locales fut soigneusement réservée aux législatures des diverses colonies l!),

Cette convention, pour la validité de laquelle , trois colonies acceptant d'avance la décision des délégués, le New-Plymouth stipu-

0 Marshall, 119-1153; Story, 1, 67-68; Kent, 1, 209-203; Bancrolt, [, H20-

hoa; Murray, |, 916,

lait la nécessité de la ratification par le peuple, se conclut pendant que des dissensions intestines troublaient la métropole et sans que ses auteurs crussent ulile d’en consulter les pouvoirs publics. Elle dura plus de quarante ans, vue avec faveur par le Protecteur, respectée par les Stuarts. Ce n’est pas évidemment qu'elle ne pût être, au besoin, tournée contre la métropole, ni qu'elle eût en elle-même tous les éléments convenables de durée, Mais. d'une part, de fait, elle était dirigée contre les ennemis communs des colons et de l'Angleterre; de l’autre, elle trouva dans le bon vouloir des parties contractantes elles-mêmes le remède à un défaut capital. Comme un autre pacte, mieux connu, qui sera étudié ailleurs, l'acte de confédération de 1778, elle n'organisait aucun pouvoir exéculif commun qui fût capable de contraindre à l'obéissance une minorité opposante des colonies (1). Le Massachusetts-Bay, par exemple, auquel l'éclatante supériorité du nombre de ses habitants et de l'étendue de ses terres ne donnait aucune prééminence en droit, pouvait, en fait, tenir en échec tout le reste de la confédération par la simple force d'inertie ®. En 1638, dans des discussions préliminaires qui n'aboutirent pas à une entente, le Connecticut, en crainte de l'influence du Massachusetts, voulait que l'opposition d’un seul des alliés annulât les résolutions des autres. Ge fut le Massachusetts-Bay lui-même qui dénonça cette prétention comme incompatible avec tout projet eflicace d'union . Mais il ne tarda pas à changer d'avis. Vers 1054, la Hollande et l'Angleterre guerroyant l’une contre l'autre, les établissements occidentaux, sous les attaques des Hollandais et des indigènes, étaient réduits à une extrême misère et à un danger pressant. Trois des quatre colonies unies résolurent, à Boston , de conquérir la Nouvelle-Amsterdam et de porter jusqu’au

(M) Voy., ci-après, tome IT, l'acte de @) Comp. Marshall, 166, à la note; 1778. Comp. Bancroft, [, 429; Mur- et, ci-dessus, [, 53-115.

ray, [, 216, () Bancroft, [, 430,

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Delaware les limites de la Nouvelle-Angleterre. Le Massachusetts-Bay de temporiser, puis de refuser toute coopération, prétextant que la sécurité commune n’exigeait pas une action armée, de laquelle les préceptes de l'Évangile devaient détourner, et que la majorité n'avait pas le droit de le contraindre à une guerre jugée par lui injuste. De là, des discussions très vives, sur les droits réservés des parties contractantes, prélude, vieux de deux cents ans, de la question des droits des États que notre siècle a vu si vivement discutée aux États-Unis. C’en était fait du pacte, si la colonie dissidente n'abandonnait pas sa manière de linterpréter. Elle vint enfin à résipiscence, quand l’occasion d'agir efficacement fut passée (1,

Telle quelle, l'Union se prolongea utilement, surtout occupée des affaires indiennes, redoutée, malgré cette défaillance passagère, des colons de la Nouvelle-Amsterdam et des indigènes, moyen important de défense contre les divers ennemis de l’Angleterre pendant les discordes civiles et les expéditions extérieures, avec lesquelles celle-ci fut aux prises en Europe, de la mort de Charles [°° à l'avènement de Guillaume d'Orange. Pourtant elle n'augmenta pas le nombre de ses membres. Le fleuve du Piscataqua lui servit de limite extrême. Au delà, prévalaient des principes politiques et religieux que les confédérés n’aimaient point. Même le Rhode-Island, qui aurait voulu pénétrer dans l'alliance, ne put jamais s’y faire admettre, faute de consentir à obéir au gouvernement du New-Plymouth. Ainsi volontairement restreinte dans son étendue, la confédération ne comprenait guère moins de 52,000 sujels vers 1675, ni moins de 64,000 environ vers 1688, Quand elle tomba, apparemment sans secousse et sans

() Marshall, 194-197; Bancroft, I, h45; Il, 88-89, 92-93, 97-109, 1192- UUELLER 113. Comp. Marshall, 113, 115; Story,

@) Sur la durée et la puissance de la 1, 67-68; Kent, [, 203-204; Hough, 1, ligue, voy. Bancroft, I, 420-425, 444- 2; Murray, [, 216-217.

bruit, à la fin du xvn' siècle, les diverses colonies anglaises du continent américain avaient grandi et atteint une prospérité presque inattendue, les établissements hollandais étaient conquis, la métropole pacifiée ne consacrait pas encore son temps et ses forces à des vexations insupportables. Elle semble avoir disparu, parce qu’elle ne paraissait plus aussi immédiatement nécessaire. Mais dans ce peuple tout fait des traditions et des précédents favorables aux libertés publiques, peut-être plus tard, en d’autres circonstances, le souvenir du pacte de 1643 donna-t-il à quelques esprits l'espoir, et fut-il le germe d’une union différente et plus complète 1,

En 1754, dans l'assemblée des délégués des colonies situées au nord du Potomac, une commission est nommée pour élaborer le projet d’une union permanente qui ne soit pas à la merci de chaque partie contractante ®. Depuis longtemps, Franklin, lun des délégués, la croit nécessaire, et il en a apporté un plan presque achevé, auquel la commission, qui le comple parmi ses membres, le charge de donner une forme définitive, Il met donc la dernière main à la rédaction, et, le 10 juillet, soumet son œuvre, devenue celle de la commission, à l'assemblée qui ladopte, après lavoir discutée tout un jour, paragraphe par paragraphe. C’est un compromis entre le roi et les colons. Peut-être la part de l'autorité de la couronne y apparaît-elle plus grande, celle de l'autorité du peuple plus mince que Fauteur ne Peût souhaité;

() Ci-dessus, Introduction, et 1, 1- Pensylvanie, a du Maryland. La Virginie

a, passim. Comp., ci-dessus, 300-370 ; 199 ( | 360-370 ; el, ci-après, 380-387. Voy. aussi Bancroft, 1, 4a1,

7 Le congrès se composait de 25 dépulés, 4 du New-Hampshire, 5 du Massachuselts, 3 « Connecticut, + du

husetts, 3 du Connecticut |

Phode-Island, 5 de New-York, 4 de la

et le New-Jerses, formellement invités, ne se firent pas représenter. Les quatre autres colonies paraissent n'avoir reçu aucune convocation, La commission fut formée d'un des députés de chaque colonie représentée, soit de sepl commissaires,

Hough, 1, 1. Comp., ci-dessus, 369.

mais, sembl Ph gens ( attein ment génér à l'ex gran a le d en vi mises forme recuci les fa la dé roi sc sident confé sell, « civiles autre:

ranc Uituti gran où d conse cune électi 3 dé] rylan

L con- mais, eu égard aux circonstances, rien qui fût plus à son gré ne esque semblait possible 1), | mé Philadelphie, presque le centre de la confédération, que les | | forces gens du New-Hampshire et même de la Caroline du Sud peuvent il parce atteindre en quinze ou vingt jours, devient le siège du gouverne- {. { Mais ment fédéral. — Les pouvoirs se partagent entre le roi, un président | | ables général, chef, sous le roi, du pouvoir exécutif, associé d’ailleurs |. | rcon- à l'exercice du pouvoir législatif, et une assemblée législative ou ji 2 eS- grand conseil. — Le roi nomme et paye le président général, et il (s com- a le droit absolu de désapprouver les lois. Celles-ci, provisoirement L'

en vigueur, si elles ont été légalement adoptées, lui sont trans- ll

mises sans relard; elles demeurent exécutoires, s’il ne les a pas | es au formellement annulées dans le délai de trois ans après les avoir | 1h er le reçues @), Le président général, dont la principale fonction est de :{ ci de les faire exécuter, peut, de son côté, les frapper de veto, avant 1 l'un la décision royale. En cas de mort et jusqu'à ce que le plaisir du | | plan roi soit connu, la charge de ce haut fonctionnaire passe au pré- Li. 1 ses sident du grand conseil. — Toutes les fonctions militaires de la | | done confédération, sur terre et sur mer, sont données par le grand con- | l son seil, sur la proposition du président général; toutes les fonctions l opte, civiles par le président général, sur celle du grand conseil; en il iphe. autres termes, suivant les fonctions, le président général ou le | part grand conseil fait ou ratifie les choix. En cas de mort ou de des- Lil le de litution, et jusqu’à ce que la volonté du président général et du ! ll. aité; grand conseil puisse être connue, le gouverneur de la province | l

où des vacances se produisent pourvoit à celles-ci. — Le grand | | or conseil se compose de représentants des colonies, choisis dans cha- É Le eune par la chambre des représentants du peuple, À la première 1 eu au- élection, le Massachusetts-Bay et la Virginie doivent élire chacun hi op : députés; la Pensylvanie 6; le Connecticut 5; New-York, le Ma- | il se ryland. la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, chacun 4 ; le 365. 0 Bancroft, IV, 125. — % Comp., ci-dessus, 22-36, Il

New-Jersey 3 ; le New-Hampshire et le Rhode-Island, chacun »: en tout 48. Aux élections subséquentes, chaque colonie aura un nombre de députés variant de 2 à 7, proportionnel aux sommes qu’elle verse au trésor général de la confédération. La durée du mandat est de trois ans. Quand une vacance survient par mort ou démission, avant qu'il soit expiré, la colonie, dans la députation de laquelle elle se produit, y pourvoit à la session suivante de sa chambre des représentants. Une indemnité ou rémunération de 10 schellings sterling par jour est allouée à chaque conseiller pendant les sessions et le voyage pour y aller et en revenir, la durée du trajet se calculant à raison de 20 milles par journée. — Le grand conseil doit tenir au moins une session par an; au besoin, il en peut tenir plusieurs. Dans le plus bref délai après sa nomination , le président général convoque la première de toutes. Philadelphie est le lieu de celle-ci. Avec lassentiment préalable et écrit de 7 députés, il convoque également les sessions extraordinaires, dont il fixe le temps et le lieu, obligé d’avertir tous les députés, sans exception, dans un délai qui leur permette de se rendre utilement à la convocation. A chaque session annuelle ordinaire, le grand conseil lui-même détermine le temps et le lieu de la suivante, La durée d'aucune session ne peut être prolongée au delà de six semaines continues, ni aucune dissolution ou prorogation s’accomplir, contre le gré du conseil, à moins que ce ne soit en vertu d’un ordre spécial de la couronne. Le conseil ét son président. L’assentiment de 25 conseillers, parmi lesquels doivent se trouver un ou plusieurs représentants de la majorité des colonies, est nécessaire pour la validité de toute décision ‘?. — La guerre contre les Indiens, la conclusion de la paix, en général tous les traités dans l'intérêt commun des colonies, et les re-

lations commerciales avec eux; l'achat, au nom de la couronne,

@) C’est du moins l'interprétation qui semble la plus sûre du $ 41 comparé aux

autres clauses de l'acte,

étab nièr cond ne $ de fQ navir sur l caler gran comr

d’imi impô mani farde parto tionn accor trésor partie des t:

qu'un déter ment donn d'aill encor mette

un 2: des terres possédées par eux, hors des limites régulières des cora un lonies dument établies ; la création, sur ces terres, d'établissements | mmes nouveaux par des cessions également faites au nom de la cou- L ée du ronne, sous la réserve d’une redevance pécuniaire ou rente payable | ji rt où au trésor général de la confédération; le gouvernement de ces {. ion de établissements nouveaux, jusqu’à ce que le roi ait réglé la ma- {ll de sa nière de les administrer; la levée et l'entretien de troupes, à la | on de condition de ne faire, dans aucune colonie, des enrôlements qui L ® pen- ne soient pas autorisés par la législature locale; la construction durée de forts pour la défense commune; l’armement et l’entretien de il — Le navires pour la garde des côtes et la protection du commerce L esoin sur l'Océan, les lacs ou les grands cours d’eau; tels sont très spé- | 1 1omI- cialement les objets de la compétence du président général et du il | .Phi- grand conseil. Pour ces objets ils délibèrent; ils statuent, d’un [ ble et commun accord; ils font des lois, à charge de ne pas violer, même ! traor- d’imiter, autant que possible, celles de la métropole; ils lèvent les ll us les impôts, taxes, contributions, ayant soin d'établir ces derniers de | | de se manière à «décourager le luxe, plutôt qu'à charger l’industrie de | le or- fardeaux non nécessaires», et se préoccupant de choisir, eu égard li » lieu partout aux ressources locales, les plus justes, les mieux propor- | ngée tionnés, les plus faciles à supporter. — Egalement d’un commun l pro- accord, le président général et le grand conseil nomment un ji ‘e ne trésorier général, et, au besoin, dans chaque colonie, un trésorier 1 L'élit particulier. A leur gré, il font verser au trésor général les deniers | quels des trésors locaux, ou tirent des mandats sur ceux-ci. À moins | | orité qu'un acte du grand conseil n’en ait d'avance ordonné un emploi il on déterminé, et autorisé le président général à en prescrire le pav*- ill 1 gé- ment, aucune somme ne peut être payée, si ce n’est sur l’ordre, \ s r'e- donné d'accord, par le président général et le grand conseil. Si, nne, d’ailleurs, quelque colonie, sous l'action d’une nécessité pressante , Li: ie encourt des dépenses pour sa propre défense, et qu’elle en sou- | mette l’état au président général et au grand conseil, ils ont le |

Jroit d'en permettre le remboursement dans la mesure qui leur parait convenable. Les comptes de la confédération sont réglés chaque année et transmis à toutes les législatures. — Enfin, dans aucune colonie, la constitution générale ne porte atteinte aux institutions civiles et militaires, à la constitution locale (),

La discussion, dans laquelle Franklin parait avoir déployé une hubileté consommée, fut ardente. La plupart des délégués de la Nouvelle-Angleterre donnèrent au projet l'appui le plus ferme. Pour ne signaler que quelques divergences parmi celles qui s’élevèrent à peu près sur tous les articles, les députés du Connecticut redoutaient le veto du président général; d'autre part, en sens inverse, au moins l’un des représentants de la province de New-York, lieutenant gouverneur, il est vrai, de celle-ci, aurait voulu que dans chaque colonie le choix des députés fût soumis à l'approbation du gouverneur; d’où l’objection, immédiatement faite et jugée décisive, que toutes seraient virtuellement imposées par un congrès des gouverneurs. L'assemblée pourtant erut l'application probable, Jusqu'à s'occuper des sources de revenu, au nombre desquelles furent indiqués, dans les débats, un impôt sur les liqueurs et un droit général de timbre. Finalement, les députés du Connecticut

persistant peut-être seuls à le rejeter, l'unanimité se fit presque

complète pour l'adoption du projet. Chaque membre dut emporter moi un exemplaire à Pusage de ses constituants, tandis qu'une copie çale élait envoyée au gouverneur de chacune des six colonies non lin représentées, la Caroline du Sud et la Caroline du Nord, le Dela- ( ware, la Géorgie, le New-Jersey, la Virginie. laiss

Les colonies elles-mêmes ou leurs législatures se montrèrent d'un moins conciliantes que leurs députés à assemblée commune de il 6 179 4. En particulier, le Connecticut signifia une opposition absolue; :

4) Bancroft ne donne qu'une analyse est dans Marshall, 464468. Comp. 2) de cel acte important, IV, 133-1943 et Hough, 1, 1-2; Kent, 1, 204-°05; sur | History of the Constitution, 1, 8. Le texte Curtis, L, 8-93 Murray, [, 322-399. le coi

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New-York resta froid; le Massachusetts-Bay ne dissimula pas sa défaveur, qu’il enjoignit même à son agent de manifester en Europe. Deus toutes semble avoir prévalu la crainte que les libertés locales ne fussent compromises par une influence dominante du pouvoir central, et principalement par l'attribution du droit de lever l'impôt à un corps sur lequel le peuple n'avait qu'un faible contrôle.

Dans la métropole, aux autorités de laquelle l'assemblée avait elle-même ordonné de soumettre le projet, l'opposition fut naturellement d'une autre sorte. Détail remarquable, le préambule demandait, sous forme d'humble prière, sans doute pour calmer toute défiance, que la confédération fût établie par acte des Chambres anglaises. Mais le cabinet anglais et le bureau des commissaires du commerce et des plantations virent au delà des intentions présentes des colonies. «Ce plan, complet en lui-même, » les étonna et les effraya. D’Amérique, des amis zélés de la couronne écrivaient qu'en fait il annihilerait lautorité royale, «trop peu défendue par le droit de nommer le président général et celui d'annuler les lois fédérales ». Qu’on le compare à la théorie toute contemporaine que formula Halifax, on reconnaîtra à quel point il devait être inacceptable en Angleterre). Peut-être, c’est du moins une conjecture de Bancroft, les esprits réfléchis y commençaieni-ils à discerner dans l'union américaine la elef de voûte de l'indépendance ©.

Bien plus encore que le pacte de 1643, celui de 1754 dut laisser une trace profonde et des souvenirs féconds dans la mémoire d'un grand nombre de patriotes américains. De vlus d’un siècle, il était plus voisin des évènements où la confédération définitive

0) Comp., ci-dessus, 37%. Bancrolt, IV, 106-1263; Marshall, +85; 2 Bancroft, IV, 126. Voy., d’ailleurs, Slorv, 1, 1293 Kent, 1, 05; Elliot, sur l'accueil fait à l'acte de 1754, dans V, 1103 Curtis, !, S-63 Hough, EL, 1-9; le congrès, les colonies et la métropole, Murray, 1, 323. il, >!)

se fonda. Les hommes qui créèrent celle-ci Le connaissaient tous: plusieurs Pavaient sans doute discuté ou entendu débattre, soit dans l'assemblée même de 1754, soit dans les diverses législatures, soit dans les réunions du peuple. S'il pouvait compromettre les libertés locales, il les compromettrait moins que la désunion qui venait à les menacer d’une ruine presque infaillible, Les représentants de presque toutes les colonies dans le congrès ne lui avaient-ils pas donné leur assentiment? N’était-ce pas l'œuvre d’un des politiques les plus éminents de l’époque, d’un des citoyens les plus estimés de l'Amérique, d’un des défenseurs les plus dévoués de la cause des colonies? L'autorité de Franklin ne cessait de grandir ©. Elle lui faisait confier les missions diplomatiques les plus imporlantes ), Elle allait lui ouvrir bientôt un facile accès aux derniers congrès des colonies encore dépendantes et aux premiers des États- Unis émancipés (®, Elle devait lui assurer un rôle important dans l'élaboration soit de la déclaration d'indépendance, soit de Pacte de confédération de 1778 et de la constitution fédérale ® qu offrent. on le verra, plus d’une analogie avec le pacte de 175. Si enfin la métropole avait aperçu dans celui-ci, ne fallait-il pas v chercher un instrument redoutable de défense contre elle? Ce pacte. en définitive, paraît avoir été un précédent d’une portée considérable, vers lequel les hommes qui dirigeaient les destinées de

l'Amérique anglaise tournèrent sans doute plus d’une fois leur

( Ci-dessus, 306-370.

©) Bancroft, IV, 1993 Gurüis, F, 10 11: 11, 498.

G) Curtis, 1, 287, 434; Mahon, V, 88-99,142-143, 337-3403 VI, 94-43, 117, 199, 1D8, 9183 VII, 204-008, Comp. Elliot, V, 6, 16, 26, 65-68, 53-70, 84.

(G) Poore, 1, 3, 6, 90: Curtis, 1, k33-4130.

&) Poore, F, 33 Curtis, !, 50, 433- 4393 I, 4983 Bancroft, History of the Constitution, 11, 11-12, 38-59, +00, 239-9403 Elliot, V, 110-111, 199- 194, 130, 1/0, 144-145, 151-109, 154, 156, 179,185, 946, 253-251, h, 282, 9284,330,340, 341,

309, 387, 9906, 399-400, fo5, 599,

D39, 943, 594, 557, 569; Mahon, VI,

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