‹ Les chartes coloniales et les constitutions des Etats-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 221 sur 225 · LES INSTITUTIONS NOUVELLES · texte numérisé non relu

LES INSTITUTIONS NOUVELLES

priété, dont les compagnies avides désiraient plus que les colons la durée, ce rêve ancien et comme perpétuel, dont les recherches les plus récentes circonscrivent chaque jour davantage les rares applications tentées avec un succès passager, ne lient pas longtemps contre les leçons de l'expérience"), Quand il importait que tous prissent leur part égale des peines communes, et travaillassent de toutes leurs forces à la prospérité générale, en s'appliquant surtout à l’agriculture, au commerce, à l'industrie, les principales sources de la fortune dans un pays immense, de grandes richesses naturelles, ouvert depuis si peu aux explorations et aux entreprises des nations civilisées, qu'eût-il servi aux colons d’octroyer ou de reconnaitre des privilèges à une noblesse venue toute faite d'Europe ou qu’eux-mêmes auraient créée de toutes pièces ? Comment une tenure féodale, inséparable de charges diverses, au- ‘ait-elle facilité l'exploitation du sol et eût-elle été maintenue sans peine, où l'abondance des terres en friche dépasscit de beaucoup le nombre des pionniers disposés à les défricher()? D’autre part, les premiers immigrants ou les compagnies ne purent-ils pas tout naturellement se préoccuper de défendre contre des immigrations nouvelles le sol qu’ils avaient occupé, de maintenir leur autorité sur les auxiliaires dont ils avaient payé le transport et loué la peine, de protéger la secte qu'ils étaient venus établir loin de la persécution européenne? Telles furent peut-être les principales causes de ces contrats si rigoureux de louage de services que la métropole n'employait pas, de cette faculté, à laquelle les premiers colons prétendaient, de conférer ou de refuser, à leur gré, les droits de

143, 197-198, 1793 Il, 78-80, 273- Coulanges, Glasson, Ravaisson el Aucoc, 379. Voy. aussi l'acte de déclaration d’in- dans les séances de novembre et dédépendance, $ 12, dans Poore, I, 4. cembre 1884 et janvier 1885.

(1) Noy., ci-dessus, [, 17-18, 27, 65. @) Ci-dessus, L, 1-190, passim; IT, Comp. les très intéressantes communi- 265-268, cations faites à l'Académie des sciences (9) Ci-dessus, 1, 1-190, passim; Il,

morales et politiques par MM. Fustel de 280-280.

cité, et de cette connexité souvent étroite qui lait la capacité politique à la profession d’une religion d'État 0), On sait encore pour quels motifs utilitaires, abstraction faite de la volonté des Chambres anglaises ou de la couronne, l'esclavage fut longtemps maintenu 0), Les substitutions exagérées, la concentration de la fortune immobilière dans un nombre de mains relativement petit, la subordination quelquefois stricte des droits politiques les plus importants à la possession de la fortune, ne sont-ce pas surtout des moyens de conserver la prééminence aux plus vieilles familles, de n’associer au gouvernement que ceux qui paraissent avoir le plus grand intérêt à la paix publique, d’écarter, au moins pour un temps. des offices de l'État. jusqu'à ce qu'une richesse relative leur soit venue peu à peu, les gens arrivés de la veille, la plupart sans ressources, tous dépourvus de la connaissance nécessaire des mœurs et des préoccupations locales, les esclaves enfin ou les serviteurs affranchis, hier encore dans une dépendance étroite ©), C’est ainsi que même des règles communes en quelque mesure à la métropole et aux colonies purent avoir, dans ces dernières, des causes toutes spéciales et locales. C’est également ainsi qu’une constitution donnée n’étendait qu'à la longue toute la capacité politique à de très nombreux citoyens. Certaines libertés, plus grandes, à tout prendre, en Amérique, surtout dans les colonies de charte, qu’elles ne l'étaient, à la même époque, en Angleterre, inoffensives dans de petites agglomérations, dangereuses peut-être si elles eussent été brusquement cédées sans préparation à une nation entière, ne devenaient qu'avec le temps, par un accroissement progressif et lent du nombre et des droits de ceux qui l'invoquaient, la loi pratiquée sans trouble ni péril, sur des espaces immenses, par une population considérable (#), La foule, toujours croissante, des colons, ne

(0 Ci-dessus, [, 1-190, passim; Il, 6) Note 3, p.388, el note 1, ci-dessus. 238-9/a, 263-265, 309-333. (M) Ci-dessus, 1-919, passin, 200-

@ Ci-dessus, 232-238, a7isell, 1-199, passim.

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