L'AFFECTION DES COLONS POUR LA MÉTROPOLE
roi, la condition qui demeurait, ou qui, aux Jours de la liberté la plus grande, avait été celle des citoyens dans la métropole. En vérité, ils ne rompirent le lien qu'au moment où ils pensèrent avoir à choisir entre l’asservissement et leurs droits les plus sacrés, apportés de la métropole même ®), En se séparant d'elle, ils comballaient réellement pour ses coutumes; ils visaient, encore un
coup, non à abandonner en un instant, mais à conserver plus
À , 4 ’ £ ! | sûrement ce qu'elle leur avait donné ou enseigné
(D) Ci-dessus, 387-399.
@) Ci-dessus, 1-21, passim, 330-300.
(%) Sur les sentiments des colons à l'égard de la métropole et sur les motifs qui déterminèrent les colonies à s’émanciper, voy., notamment, Marshall, 35c- 486, passim; Greene, Historical view 0/ the American Revolution, 5-6: Ramsay, 7-9, et 181-590, passin; Slory, |, 133-190: Kent, [, 206-2103; Bancrolt, INVITE, passim; Wut, Lie of Patrick Henry, 59-220, passim; Irving, Life of Washington, 1, 18-19, 297-418, passin, nolamm. 3203; Mahon, V-VI, passim; Murray, 1, 334-100, passim, notamm.
398-400; Russell, [, 41-100, passim; Prior, Life of Burke, 169-166, 182-190; Roscoe, 992-293. — Voy. surtout, dans Bancroft, loco cit., les débats des Chambres anglaises, et dans Ramsay, loco cit. , les adresses des congrès américains au roi et au peuple de la Grande- Bretagne, — Comp. l'acte de la déclaration d'indépendance, passim; Poore, 1,3-D, — Joignez, ci-après, tome I, la nol'ce sur cet acte,
Eu citant pour la dernière fois, dans le présent livre, quelques-unes de nos autorités, nous n'avons pas sans doute
à nous excuser d’avoir systématiquement
exclu à peu près loule référence aux auteurs français. Ce sera le mérite particulier et voulu de cet ouvrage, s’ilen a quelqu'un, d’avoir été composé lout entier d’asserlions empruntées aux textes ofliciels et aux auteurs anglais où américains les plus sûrs. Toute autre manière de le composer n’en eût fait qu'une copie ou une imitation inutile de dissertations souvent inspirées par une vraie science cl plus d’une fois conduites avec un rare talent. Notre plan n’impliquait ni un oubli ni un dédain, que rien n’eût justifié, d'œuvres considérables dont plusieurs on!
atteint une renommée qui ne pälit point.
Ce n’est même pas déprécier le mérite de nos devanciers dans la carrière, de dire que quelques-uns des plus illustres n’ont pas échappé à de graves erreurs. Le lecteur en trouvera plusieurs signalées, par exemple, avec une vivacité peulétre extrême, dans la très curieuse Histoire du peuple américain de M. Cartier (Paris, Lévy, 1864, » vol. in-8°), et, avec mesure, dans des communications très intéressantes récemment failes à l'Académie des sciences morales et politiques par M. Boutmy (Comptes rendus de l’Académie des sciences morales el politiques, tome CXXIL, septembre 1884,
Le peuple des colonies anglaises d'Amérique, partie jeune encore de l'humanité, vivant sur ce vieux fonds d’usages anglais, que pourtant il modifie avec mesure, est donc, sans doute, ainsi que Pascal le dit de l'humanité entière, comme «un même homme qui subsiste Loujours et qui apprend continuellement (»; mais il est surtout le rejeton, semblable à son aïeule, d’une antique nation, de laquelle il à presque tout appris; il est comme cette nalion elle-même transportée au delà des mers avec ses qualités natives et ses mœurs; c’est elle qui se perpétue et va se survivre à elle-
A Q ERA t 2 ’ même, en lui, sa postérilé, sur une terre nouvelle. Cette idée générale avait été annoncée au début de ce livre ®). Le lecteur a
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vu qu'aucune autre ne caraëtériserait mieux l'esprit de Pancien droit américain. Il verra que nulle ne pouvait mieux préparer à l'intelligence du droit moderne, où le souvenir de lancien va se
retrouver vivace et fécond.
503-398). C'est la mauvaise fortune de presque tous ceux qui touchent les premiers à un sujet, de n'avoir pas à leur disposition les moyens d'investigalion les plus complets. Mais ils rendent encore au monde savant un service sinalé, en appelant la discussion sur des matières peu connues, en provoquant l'apparition de livres nouveaux qui poussent les recherches plus «vant, et parfois , s’il s'agit de problèmes de haute
importance, en déterminant la publica-
tion de documents originaux de la plus rrande valeur. (Comp., ci-dessus, /ntroduction, 1-vi.) Quand ils n'ont pas découvert eux-mêmes, ne contribuent-ils pas ainsi à faire découvrir la vérité entière?
Qui peut jamais, au surplus, se flatter de dire le dernier mot de la science sur quelque sujet juridique ou historique que ce soit?
(0 Fragment d'un traité du vide; Pensées de Pascal; édit, Havet, 518.
? Ci-dessus, /ntroduction, passun.