‹ Les chartierChapitre 3 sur 23 · T. VIII · texte numérisé non relu

T. VIII

(4) 1" édition en 1781.

(5) Histoire , t. II (1786).

(6} Les siècles littéraires tic la Fraiicc ( 1800-1803 ).

(7) Dictionnaire biogr, et hibliogr, porlali/" ( 1813).

(10) Dictionnaire encyclopédique ( 1841-1845). (H) 1842-1855.

(12) 1" édilion en 1842.

<14) 3 vol. gr. in-8° ( 1857-1861)

RECHERCFIliS SUR GUILLAUMK , AI.MN ET JEAN CHARTIER. 3

On comprend que de telles notions n'offraient , aux yeux de la science, qu'une médiocre autorité. Aussi était-il nécessaire de les passer au crible d'une critique sévère et érudite. C'est ce qu'ont tenté plusieurs écrivains , dont nous devons tout d'abord mentionner et apprécier les recherches.

Au premier rang, figure un honorable magistrat, M. Pezet, fondateur de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres de Bayeux. A l'occasion de la pose d'une inscription dans cette ville, le 30 octobre 1842, en l'honneur d'Alain, Guillaume et Jean Chartier (1), M. Pezet voulut résoudre quelques-uns des problèmes que soulève la biographie des trois frères, et publia , dans le premier volume du recueil de la Société , un mémoire (2) où sont discutés les trois points suivants :

1° Alain Charlier est-il né à Bayeux ?

2° Jean et Guillaume étaient-ils frères d'Alain ?

3° La maison où est placée la pierre commémorative est-elle bien celle où naquirent les trois frères Chartier ?

M. Pezet répond :

1° Alain Chartier était normand : c'est un fait incontestable , attesté par ses contemporains. Il était de plus bayeusain : la découverte de son épitaphe, faite à Avignon, au XVllP siècle, par M. de Saint-Quentin de Remerville, le prouve d'une manière péremptoire ;

2° Jean est signalé comme frère d'Alain par tous les biographes : « Sur ce point , aucuns doutes n'ont été élevés. » Pour Guillaume , « il peut s'en rencontrer quelques-uns » sur le degré de parenté. Mais, en présence de l'affirmation de plusieurs auteurs , entre autres d'Hermant et de Beziers , historiens locaux , et de la certitude où l'on est que Guillaume naquit à Bayeux , il est permis de le regarder comme frère d'Alain ;

(1) C'est sous les auspices de la Société académique de Bayeux qu'une table de marbre noir fut placée sur la maison formant Tangledes rues St-Malo et du Goulet, avec l'inscription suivante : • Ici naquirent, dans le XIV siècle , Alain Chartier , poète , orateur, historien, et ses deux frères, Jean, UisloricgrapUe de Charles VII , Guillaume, évêque de Paris. > Voir le procès-verbal d'inauguration au t. I des Mém. de /a Soc. d'Agr., Se. , Am el lielles-Lctlres de Bayeux, p. 301-30i.

(2) liecherclies liistor-iques sur ta naissattce el la parenté d'Alain, Jean el Guitlaumc Charlier, el sui la maison où ils soui nés , dans les HJém. de lu Soc. d'Agr,, Se, Arts el Beltes-Lcllres de Daijcuv, t. T, p. 2i3-2r,i.

Û LES ClIARTIKB.

3° La maison située à l'angle de la rue du Goulet et de la rue St-André est bien celle où naquirent les trois frères Cliartier.

En dehors des points dont M. Pezet croyait pouvoir donner la solution définitive , et sur lesquels nous aurons à revenir , l'auteur en indiquait quelques autres et souvent d'une manière erronée. Ainsi , il plaçait en 1386 la naissance d'Alain, et lui attribuait une Histoire de Charles VII ; ainsi, il faisait naître Guillaume vers 138/i ou 1385, et nous le montrait, dès 1415, chanoine de Bayeux. Dans cette hypothèse , Guillaume serait mort à 87 ou 88 ans.

Peu d'années après la publication du mémoire de M. Pezet, M. G. Mancel donna à M. L.-H. Baratte, pour ses Normands illustres (1), une notice sur Alain Chartier. Ce travail, dont on avait élagué ici l'appareil d'érudition, fut reproduit , avec de nombreuses citations du poète et des annotations , dans le tome IV des Mémoires de la Société d' Agriculture, Sciences , Arts et Belles-Lettres de Bayeux (2). lien existe aussi un tirage à part, publié à Bayeux en 1849 (3). Dans sa notice, M. Mancel ne s'occupe qu'accessoirement du point de vue biographique , et se borne à résumer brièvement les notions déjà acquises.

Un bibliothécaire de Valenciennes, M. Mangeart, prétendit, en 1853, faire faire à la question un pas décisif. Il publia, dans VÉc/io de la Frontière {h) , un article, reproduit dans son Catalogue des manuscrits de Valenciennes (5) , où il déclare qu'il « croit pouvoir annoncer que les trois Chartier étaient frères. »

M. Mangeart s'appuie sur un manuscrit de 146/i, intitulé : Lettres de Jehan de Lannoy à Legs son fils (6) , qui contient ce qui suit : » J'ay escript icy ensieuvant la coppie d'unes lettres que maistre Alain Caretier a aultrefois escript, touschant Testât de la court, à son frère quy de pre-

(\) L'ouvrage, annoncé sous ce litre dans le l'rospecius, parut en 18i0 sous ce titre: Poites normands. Porlraits gravés d'après tes originaux les plus autlienliques, par M. Cil. Devrils. Notices biographiques, par MAf, Tissot, J. Janin, etc., publiés sous la direction de L.-H. Baratte. Paris, typ. de Lacrampe (s. d.), gr. in-8°.

(2) Élude bibliographique cl lilléraire sur Alain Chartier, p. 161-200. La couverture du volume porte le millésime 1850, mais Tart. est de 18i7 ou 1848.

(3) Etude, etc. Bayeux, Saint-Auge Duvant, 1819, gr. in-8° de 44 pages. [à', N" du 17 mai 1853.

(5) Paris, Tccliener, 1860, gr. in-8°, p. 663.

(6) Bibliothèque de Valenciennes, n° 294, F. 23.

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