DE X
élé trompée» Uâ se sont tus ; à ce siieuce subit après les explosions de leurs abois, ne dirait-on pas le calme après l'émeute» un întenralle de rapo» aotce
les éclats de la tempête ?
Ce fut peodant la durée de cette maaoBum qu'on
vit le cheval d'un homme, dont je ne vous dirai pas le nom, approcher de celui de Sa Majesté, et tous deux» suivis de quelques gentilshommes» se ranger À l'écart en attendant que la chasse continuât.
La présence de cet homme à Fontainebleau n'était pas sans objet politique. Toutes les fois que-l'horison s'obscurcissait , que des nuages et la vague houleuse battaient le trône, il venait se poser comme l'oiseau, des orages sur le mât du vaisseau» à la vue du pilote royal. Que voulait-il?
Le parti royaliste, pur» mécontent des fautes de l'administration de M. de Yillèle qui avaient contribué à augmenter la force du libéralisme en France » ne songeait qu'à profiter du mauvais terrain où les événemens rayaient placée, pour la renrerser du pou-voir et s'y établir à sa place*
Pour compreodre le but de rentretien dont cet homme avait dc^sir, il faut se reporter à Tépoque où celte chasse avait Heu.
Le combat des votes éuit engagé sur tous lespoiol» de la France, et les amis de la royauté, les regards fixés sur ce grand drame électoral, voyaient arriver chaque jour des départeoiens avec une douloureuse inquiétude, les résultats d'une lutte ouverte sous les ' plus tristes auspices,
— Sire, croyes-moi, l'opposition royaliste est devenue la plus précieuse et peut-être ia dernière ressource de la monarchie.
Villèle n'est pas de cette opinion ; son espoir était de vous voir vous allier fraochement à lui. 11 pense qu'une opposition royaliste n a point de sens dans ma monarchie.
— C'est une erreur. Sire, l'opposition royaliste, sorte de sacerdoce, est la gardienne des doctrines de la royauté; elle oflfre par ]k au pouvoir un secours pour s'arrêter quand on l'entraîne , pour se reconnaître quand il s'égare. Il serait étrange qu uue opposition qui tient à la dynastie par une communauté
étroite de principes et de seatimens, £âi la seule jetée hors de cause, (ju ou l'exclût de l'ordre politique au jçiir de DOS prospérités Gomme elle le lût du ' sol de la patrie au jour de nos désastres ; n'est-il p^ plus ralsooiiàble de penser qu^elle a^le doit apparaître» parler et donner conseil. Des avis salutaires ne sau* raient jamais venir que d'une bouche aniie et dévouée. Toute autre opposition brûle et détruit Votre ministre , plein de sécurité pendant quatre ansy s'éveille tout à coup pour jeter un cri d'alarme vers nous et demander secours ; il se voit perdu.
— Il y a tant de choses commencées en France que la retraite du premier ministre offre de trop grandes difficultés, et vous réfléchirez que votre con-
. cours lui est indispensable.
— Oh ! cela est impossible , Sire ; nous sommes ' trop attachés aux véritables intérêts de votre trône
pour prêter notre appui à un homme qui, à tort ou à raison , est frappé d'une immense et unanime impopularité. 11 faut conserver vierge et pure cette force du vrai parti monarchique que le contact mi-i nistériel chérche à neufridiser; il iaut la conserver en son honneur ei indépendance pour résister plus
tard à la puissaoce du libéralisme, car elle seule le pourra un jour.
— LoppositioQ royaliste triomphante mettrait en question tout ce qui a été lait par mon ministère, elle renverserait ce qui a été laborieusement élevé.
— Sire , le parti, royaliste a pu s'opposer à des projets ; mais ces projets, devenus lois, il saura les respecter.
— Ne pensez-vous pas que Yiilèle soit nécessaire à son système de finances?
— Tous les hommes de sens qui ont combattu cette conversion prématurée , ce gigantesque remboursement, savent que ce système financier est admis comme fait accompli.
£t la question d'indemnité?
— Ce n'est pas lui le premier qui en eut la pensée ; un ministère nouveau paierait peut-être cette créance du malheur à moins de irais et avec plus de popularité.
-»*La reiconnaissauce de Saint*]domingae ne veutelle pas que la même main qui noua cette âHaire la ' dénoue aujourd'hui?
lus CttARLKli Z. lilO
Celte trifite aii]aire est maiheureusemeat trop fmie. Une colonie a été cédée , une ndemnité a été promise^ • .
— Et mes relations diplomatiques avec l'Orient ! ^ Jamais un ministre ne fiit une condition indis-
pensalile pour des stipulations secrètes. D'ailleurs la Gazette chtLfjae soir nous dît que depuis Navarin tout est terminé en Orient ^ ainsi tout est ûm ou tout peut se finir sans M. de YiUèle.
li est un principe de gouvernement dont je regrette de ne pouvoir laire l'application : les longs ministères sont seuls puissans pour le bien ; l'histoire montre «jue les grands rois ont usé peu de ministres^ .voyez le Richdieu et le Sullj de mes aïeux*
— Sans doute > Sire ; mais un ministère n est pas une dynastie; ua portefeuille n'a pas privilège d'hérédité; il est pour des hommes dëtat d'impitoyables nécessités qu'il lauL subir. M. de ViUèle lui-mume , avec les intentions les plus pures, ne peut faire désormais <{ue le mal ; l'esprit des électeurs dit assez que c'est contre son administration que la plupart des choix ont été faits.
— iNe voyez- vous pas, Monsieur^, qu'eu refusant