‹ Les chasses de François Ier racontéesChapitre 22 sur 52 · I. Bibliothèque impériale, ancien fonds français, n · texte numérisé non relu

I. Bibliothèque impériale, ancien fonds français, n

« (daims) et que je sçay que es environs de Péronne « y en a ordinairement grande quantité, à ceste « cause je me suis advisé de vous escripre ceste « lettre pour vous prier de regarder à m'en trouver « jusques à une vingtaine dont il y en ayt douze « grants, lesquelz vous me ferez bien fort grant « plaisir de les envoier incontinent en ce lieu de 'ji Fontainebleau où je me délibère les mettre et y x en tenir ung bon nombre ^ »

Notons, en passant, qu'à cette époque la chasse aux daims était beaucoup plus goûtée en Angleterre qu'en France, et disons quelques mots des veneurs anglais si nombreux au xvi^ siècle. Il faut citer tout particulièrement l'ambassadeur Trockmorton, celui qui prit une si funeste part à nos troubles civils. Le duc de Guise, lorsqu'il le présenta à François II, eut soin de rappeler que c'était un chasseur émérite, et dans les premiers mois du règne de Charles IX, nous voyons le connétable de Montmorency lui donner une permission de chasse dans le bois de Vincennes -. Le comte

i. Biblioth. impériale, ancien fonds français, n° 8687, fo 68 ro;

2. The Constable sent him a warant to iiunt at his pleasure in the bois de Vincennes where he is a captain. Kalendar of State papers . Elisabeth, i56i-i562, p. 2o4.

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d'Egmont, chargé par Charles-Quint de demander la main de Marie Tudor pour Philippe, son fils, fui invité à chasser à Hampton Court avec toute sa suite.

« Ils y coururent le daim, nous dit un ancien « chroniqueur, à la destruction duquel ils se mon- « trèrent si ardents qu'ils ne lui donnèrent pas « beau jeu à défendre sa vie, car ilz frappoient à « tort et travers tant de la main que de l'épée K »

Puisque nous avons été amené à parler des chasses d'Angleterre, il ne sera peut-être pas hors de propos de citer une lettre de Castelnau à Henri III, qui nous fournit quelques détails sur la reine Elisabeth et sur ses chasses^.

« Sire, il y a quelques jours que monseigneur le a conte de Leicester m'escrivit une lettre, par la-

1. Chronicles, Londres, 1808, vol. IV, p. 10, 34, 4i. V. Prescott, règne de Philippe II, traduction française, t, I*»", p. io3. Nous lisons aussi dans Prescott: « Le marquis de Las Navas, envoyé par Philippe pour porter un magnifique joyau à sa royale fiancée, Marie Tudor, tout le temps de la route de Plymout à Wilton se livra au plaisir de la chasse. Il y eut des chasses de lièvre, nous dit Edmond Dailley qui était de l'escorte, qui plurent infiniment au marquis charmé de faire la route dans des conditions aussi agréables. »

Londres. State papers. Lettre d'Edmond Dailley aux membres du conseil. Prescott, t. I^', p. 116,

2. Lettre du 11 septembre i584. ChéruQÏ, Marie Stuart et Catherine de Médicis, p. 3-27.

5 b LA CHASSE

a quelle il mandoit que la Royne, sa maistresse, « m'envoioit ung grand cerf qu'elle avoit tiré de sa « main, et que, sy je la voullois aller trouver es « forestz de Windesor, où elle avoit grand plaisir à « la chasse, j'en aurois ma part, qu'il seroict mon « hoste et me bailleroict la moictié de son logis. « Au mesme temps, il m'envoia ung gentilhomme « pour me faire compagnie dès le jour mesme, où « je fus fort bien receu de la dicte Royne, logé et « traicté du dict sieur conte de Leicester avec « grande courtoizie et bonne chère, me faisant faire « compagnie par son neveu de Sidenay, et plu- « sieurs autres ses parents et amis ; et pour le plai- (X sir de la dicte chasse, il ne seroit possible de tf l'avoir plus grand. Car, après avoir veu soixante a à quatre-vingts grandz cerfs dedans les thoilles, « passant et repassant incessamment devant ung pe- « tit eschauffaut, où estoict la dicte Royne, où, après « en avoir veu tirer plusieurs avec l'arbalestre. ceulx M qui n'estoient que blessez furent prins avec les « chiens de sang , les autres furent laschez par inter-. « valles dedans une plaine de six ou sept milles, au « milieu de la dicte forest, où il y avoit sus une « petite montagne qui regarde de tous les endroictz « de la plaine, et au sortir des thoilles, une feuil- « lade bien faicte, où alla la dicte Royne : et, au

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« mesme temps, et tout le reste du jour jusques « au soir, sortirent des thoilles, ung, deux, trois, « et à diverses fois, plusieurs grandz cerfs passant « par la dicte feuillade, entreprenant deux et trois « milles de course avec les lévriers les meilleurs de « ce roiaulme, desquelz quelquefois ung, deux et a trois portoient un grand cerf par terre; quelque- M fois aussy tel entreprenoit deux et trois milles de « la plaine, et à la fin retournant sur ses pas, pour « regagner le bois, estoit reprins par la dicte feuil- « lade; et, comme il y avoit de bons cerfs, aussy y « avoit-il de bons lévriers, et en grand nombre, « de sorte que ceste chasse, selon la nature du lieu tf et du bon ordre, qui y avoit esté mis par le dict « sieur conte de Leicester, donna beaucoup de « plaisir à sa maîtresse et à la compagnye*. »

I . Chéruel, Marie Stuart et Catherine de Médicis, Appendice, p. 227.

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