‹ Les chasses de François Ier racontéesChapitre 33 sur 52 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

La vénerie supprimée après la mort de François II . — Ce qu'elle coûtait. — Difficile position à l'étranger de nos ambassadeurs. — Observations et demandes de Petremol. — Bran tome attribue la mort de Charles IX à l'exercice trop violent de la chasse. — Cavalli, l'ambassadeur vénitien, partage cette opinion. — Lettre de Catherine de Médicis où elle fait allusion aux fréquentes chasses de son fils. — Recommandations que Sorbin fait à Charles IX, de la part de la reine-mère. — Charles IX, auteur du Traité de la chasse du ceif. — Dédicace de ce livre à Mesnil, lieutenant de la vénerie. — Charles IX blessé dans une chasse au sanglier. — Lettre de Catherine de Médicis à ce sujet. — Traités sur la chasse imprimés durant le règne de Charles IX.

u lendemain de la mort de François II, le trésor était vide et la France si épuisée qu'il fallut bien de force renoncer à des dépenses jugées inutiles. — La vénerie fut donc supprimée, ainsi qu'une partie de la fauconnerie. « Il y avoit, nous le savons par Chantonnay, quatre compagnies, tant d'hommes que de chiens, revenant

8o LA CHASSE

à plus de cent mille escus par an, et semble chose incroyable, mais il en estoit ainsy ^ » Cette extrême pénurie d'argent rendait difficile à l'étranger la position de nos ambassadeurs. Pétremol écrivait à Catherine de Médicis que le grand seigneur se plaignait de n'avoir pas reçu un seul présent depuis l'avènement de Charles IX, et il priait la reine de faire choix d'un ambassadeur, car il n'était que simple résident, et d'envoyer par ce nouvel agent au grand seigneur quelque buffet d'argenterie, quelque bel horloge et «surtout quelques-uns de ces bons chiens dont on avoit tant à la cour 2. »

Nous avons vu que Chantonnay, dans toutes ses dépêches, attribuait aux fatigues de la chasse la mort prématurée du débile François II. Brantôme pense qu'il en fut de même pour Charles IX : « Il y étoit si violemment adonné, fust à courir et à picquer après le cerf, fust à le détourner avecques le limier ; et y estoit si affectionné qu'il en perdoit le dormir, estant à cheval avant jour pour y aller ; et se peinoit aussy fort à appeler les chiens, fust de la voix, fust de la trompe ^. »

L'ambassadeur vénitien Cavalli, partage la même

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